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Nymphetamine [Mereath]

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Nymphetamine
Heathcliff A. Lovecraft & Mérope V. Greengrass

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  

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S'éveillé entre ses bras était le présent le plus beau qu'il soit. La plus délicieuse des tortures aussi lorsqu'il se contentait d'un baiser chaste pour la tirer du sommeil. Depuis la première nuit qu'ils ont partagés, Heathcliff n'a pourtant pas cherché à ce que cela se reproduise trop fréquemment. Non pas qu'il ne chérisse pas les moments qu'il passe avec Valentine comme les plus intenses et profonds de son existence amère, mais parce que les nouvelles restrictions disciplinaires à Poudlard se faisaient de plus en plus pesantes. Les élèves étaient l'objet d'une surveillance sans répit et chaque instant suspendu à déjouer les rondes des Aurors ou des autres professeurs pour qu'elle rejoigne ses appartements, était autant de risques pris à ce que leur situation soit révélée. Ils n'avaient donc succomber à l'appel de l'autre qu'une fois depuis lors, et en s'éveillant ce matin là avec sa poupée de porcelaine entre les bras, il se plut pendant de longues minutes à ne pas la réveiller. Il l'observait dormir avec un sourire serein, son visage lisse de tout artifice alors qu'il contemplait le repli de soie sous sa poitrine qui se soulevait en rythme avec un souffle apaisé par le sommeil. Ses cheveux moirés formaient une couronne d'or autour d'un visage d'ange qu'il n'osait toucher que du bout des lèvres pour y butiner quelques baisers aériens.

Il s'habituait beaucoup trop à cette tendre sensation torve dans son ventre et à ce bonheur envoûtant lorsqu'il était auprès d'elle. Beaucoup trop pour leur propre sécurité à tous les deux. Car si les escapades nocturnes dans le château pour se retrouver prenait le risque de dévoiler leur relation interdite, il persistait une autre forme de danger bien plus préoccupante aux yeux du professeur. Les manifestations de la magie détraquée se faisaient de plus en plus nombreuses et il était de plus en plus difficile d'en dissimuler toute l'étendue aux élèves. Malgré les ordres clairs de la hiérarchie. Merlin merci, leurs retrouvailles ne mentionnait jamais ce genre de choses, car Heathcliff n'aurait pu mentir à Valentine si elle lui avait demandé la vérité au sujet des disparitions et de tout le reste. Mais tel des adolescents inconscients qui brûlent leur passion par les deux bouts, ils savouraient les instants ensemble comme d'incommensurables parcelles de miel douceâtre et sucré à savourer du bout de la langue. Il y avait une naïveté touchante dans les gestes qu'il avait pour elle, à la fois protecteur et possessif, amoureux et amant, malgré toute la discrétion qu'il s'imposait.

Ils parlaient souvent de l'éventualité où ils seraient découverts, des conséquences qu'ils devraient assumer. Parce qu'après leur première nuit ensemble, Heathcliff avait subitement réalisé ce que Valentine avait bravé pour le rejoindre dans la salle de bain des professeurs et ce qu'il aurait pu se produire s'ils avaient été interrompus. Les mesures drastiques depuis la Marche Blanche étaient arrivés à leurs oreilles par voix détournées puisqu'ils étaient tout deux dans la forêt interdite, perdus dans la mélancolie insouciante de la clairière aux papillons mangeurs de chair, lorsque le Directeur en fit mention. Mais il n'en restait pas moins qu'il tenait du miracle que la blonde n'ait croisé personne jusqu'à lui. C'est pour cela qu'ils avaient longuement parlé de ce qu'ils feraient si cela devait se savoir. Heathcliff serait renvoyé sans aucun doute, et ce serait insoutenable pour lui d'abandonner sa précieuse aimée à ce château sans protection. Sa décision avait été prise quant à cette hypothèse, bien qu'il n'en ait pas encore parler avec sa douce élève. Non, tout simplement parce qu'il se doutait qu'elle ne voudrait pas entendre parler de ce qu'il avait prévu, qu'elle s'y opposerait farouchement et qu'il n'aurait pas la force de s'entêter contre elle. Même si c'était ce qu'il fallait. Heathcliff s'était donc promis que si jamais leur relation éclatait au grand jour, il jetterait à Valentine un sortilège d'amnésie, lui faisant tout oublier depuis la soirée du Serment Inviolable.

En songeant à cette éventualité, alors qu'il était encore plongé dans la contemplation muette de sa belle endormie, il sentit son ventre se tordre d'une douleur insupportable. L'idée d'être lui-même la cause de l'annihilation de son plus grand bonheur était difficile à admettre. C'est pour cela qu'il allait profiter de la journée qui commençait dans une lueur timide du printemps, pour mettre à bien un sombre mais nécessaire dessein. Il voulait conserver dans une Pensine tous les souvenirs qu'il partageait avec Valentine. Tous les moments à ces côtés depuis ce soir de la Saint Valentin où elle était venue lui demander son aide, la Marche Blanche où elle avait appelée sa présence et où leurs paumes s'étaient jointes pour la première fois, la Clairière aux Papillons devenu le berceau de leurs amours naissantes, la baignoire de marbre de la Salle de Bain des Professeurs ayant connue leurs plus amères confessions et leurs premiers émois de désir. Et puis son appartement devenu le havre où brûle leur passion, jour et nuit. Tous ces moments qu'il n'oublierait jamais mais qui peut être manquerait un jour à la mémoire de son élève, si la situation l'imposait. C'est avec cette augure bien funeste qui bridait son sourire qu'il fit ses baisers plus intrusifs, plus fiévreux aussi, et qu'il laissa son immense corps blanc se presser contre elle pour un réveil des plus langoureux.

***

La journée avait passé avec une lenteur morne jusqu'au soir où Heathcliff devait retrouver Valentine pour commencer à travailler sur le sortilège d'Amnésie Partielle. Leur idylle ne faisait pas oublier au professeur son engagement vis à vis d'elle qu'il désirait honorer. Ils se quittèrent le matin avec l'idée de se retrouver à la Salle sur Demande. Plutôt à ce qui restait d'elle depuis la Bataille Finale de l'année précédente. L'alchimiste se prêtait à croire qu'elle gardait une partie de sa magie intacte, au moins celle qui les protégeraient de ceux qui désireraient les trouver. Il se rendit donc au septième étage après avoir raccompagné les Serpentard à leur dortoir comme lui incombait à présent sa fonction de Directeur avec les nouvelles mesures du couvre-feu. En remontant dans ses appartements, il avait pensivement fixé la Pensine qu'il dissimulait dans le placard verrouillé de sa chambre, voyant nager au milieu de Daire jeune avec ses mains jointes sur son ventre et de Gowan adulte sonnant à la porte de son Manoir d'Inverness, les différents souvenirs de Valentine qu'il y avait ajouté plus tôt dans la journée. Une mélancolie corrosive s'empara de lui avant qu'il ne se change pour une tenue plus confortable que celle qu'il arborait pour les cours de la journée, un simple kilt écossais avec un débardeur noir assorti à une paire de rangers noires en cuir.

Il ne lui faut pas longtemps pour gravir les étages jusqu'au septième où il retrouve sans mal les repères pour faire apparaître la Salle sur Demande. Il repasse devant la tapisserie en se focalisant sur l'idée d'une pièce confortable où s'exercer au sortilège dans la plus grande confidentialité. Mais à chaque fois qu'il voit la porte se former et qu'il l'ouvre, il n'y a qu'une pièce immense, dans l'obscurité totale, avec un lit gigantesque en son milieu. Le professeur affligé par la propre focalisation de son esprit sur un désir plus trivial que celui d'honorer son Serment, il reproduit la manœuvre plusieurs fois avant d'abandonner. Il se décide à attendre Valentine qui parviendrait sans doute à un résultat plus satisfaisant. Quelques minutes plus tard, sa silhouette apparaît à ses côtés, sous un quelconque maléfice qui lui permet de se faufiler incognito depuis la Tour des Serdaigles. Il a un sourire amusé, se souvenant qu'elle lui avait dit vouloir devenir Auror. Elle en avait manifestement toutes les capacités car lui-même ne l'aurait pas vu arriver s'il ne l'attendait pas aussi impatiemment. Il reste à une distance respectable d'elle, se mord l'intérieur de la joue avec férocité pour se retenir de simplement l'étreindre et l'embrasser à lui en donner le vertige. Il hoche simplement la tête et partage un regard complice avec les prunelles banquises qu'il n'a quitté que depuis le matin même.

"Miss Greengrass, je vous en pris. Il me semble que vous savez comment procéder. Hâtez-vous ! Les rondes vont bientôt commencer."
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Mérope V. Greengrass
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Élève de Serdaigle
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Nymphetamine
Mérope V. Greengrass & Heathcliff A. Lovecraft

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  


« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »



Une lueur printanière aussi rassurante qu’une caresse, aussi douce que l’espoir se fraye un chemin à travers l’interstice des deux épais rideaux tirés sur les vitres de la pièce. Elle glisse avec douceur sur les draps foncé et les traverse. Lentement elle poursuit son chemin jusqu’à entamer une étreinte innocente entre les boucles dorées d’une jeune femme endormie dont les yeux à la teinte opaline ne se sont pas encore ouverts sur le monde.

Elle ressemble à une princesse, allongée sur le flanc gauche. Ses traits lisses, de longs cils noirs et ses deux pétales d’un rose nacré. Sa peau neigeuse que l’étoffe foncée recouvre et enroule à la manière d’un linceul contre sa poitrine et le long de son ventre, qu’elle coince inconsciemment entre ses cuisses laissant ressortir en dehors de la couche une de ses jambes fuselées. Ses boucles blondes, baignée dans un halo de lumières, tombent de chaque côté de son visage angélique et ondulent sur ses épaules et dans son dos. Son souffle est serein, presque inaudible. L’instant est pur, baigné de louanges d’un bonheur simple aux saveurs sucrées.

La caresse doucereuse du professeur effleure ses pétales rosés. Il se fait d’une tendresse exquise et lui dessine un sourire ensommeillé au coin des lèvres. Sa prise aérienne se dépose au creux de sa hanche nue et la ramène un peu plus contre son corps enveloppé sous les draps. Sa large paume épouse les courbes de la Serdaigle avec délice tandis qu’en écartant une de ses mèches dorées de son visage il retourne chercher ses lèvres. De caresses en baisers il se fait plus fiévreux contre elle, elle s’éveille doucement sous la force d’une chaleur qui envahi son bas ventre alors que qu’elle le sent se redresser au-dessus de son corps. Il se penche et elle sent son torse froid se planquer contre sa poitrine. Elle frissonne contre ses lèvres qui l’assènent de baisers brûlants. Un instant il s’arrête, elle ouvre les yeux et leur regard se croisent. Un sourire malicieux fend son visage alors que subitement il rabat le drap au-dessus d’eux.

***

« Au XVII eme siècle, les persécutions infligées aux sorciers atteignent leur sommet. Les gouvernements du Monde Magique se rencontrent pour trouver des solutions à la crise et conçoivent le Code international du secret magique en 1692. Cela ne fait pas que séparer à jamais les deux cultures mais cela donne aussi à tous les gouvernements magiques la responsabilité de maintenir leur communauté dans le secret, ainsi que des choses très visibles comme le jeu du Quidditch ou encore les dragons. Au cours des années suivantes, la magie devient pour les Moldus ce qu’on peut trouver dans les contes de fées et les légendes.. »

Les deux heures de cours d’Histoire de la Magie étaient les dernières de la journée pour les Sécurité Magique et elles résonnaient encore dans la tête de la Serdaigle avec fracas. Habituellement elle aimait les cours mais cette fois-ci elle était affreusement distraite, impatiente même. Elle s’était surprise plusieurs fois à gesticuler sur sa chaise et à scruter l’horloge presque toutes les minutes et ce depuis le matin. Tant et si bien que Dimka lui en avait fait la remarque, la forçant à réfréner son agitation si elle ne voulait pas qu’il pose d’autres questions. Elle s’était alors contenté de prendre frénétiquement en notes ce que disait l’enseignant, tant et si bien que lorsque l’heure avait enfin sonné la fin du cours elle avait complété deux parchemins entiers sous le regard encore plus effaré de son binôme. « Comme ça, nous n’aurons pas trop à chercher à la bibliothèque. » Avait-elle prétexté rapidement tout en rassemblant ses affaires en sachant très bien qu’ils allaient sortir de là avec un devoir à faire.

Il était déjà tard. Les rondes des Aurors n’allaient pas tarder à démarrer dans les couloirs du château. Tous les élèves avaient été sagement raccompagnés à leurs salles communes respectives par leur directeur comme le stipulaient les nouvelles mesures mises en place par le directeur. Les élèves avaient vu diminuer de plus de moitié leur quartier libre hors des cours et étaient en permanence sous la surveillance d’un professeur ou d’un agent du ministère. Ces nouvelles réformes rendaient les perspectives de rencontre de plus en plus difficiles entre les deux amants et les forçaient à redoubler d’ingéniosité pour pouvoir passer un peu de temps ensemble, prenant à chaque fois plus le risque d’être découverts. Avant la veille ou ils avaient enfin pu se retrouver aux creux des draps satinés, les circonstances ne leur avait permis que de brèves rencontres, ponctuées par de brûlants baisers volés dans l’ombre d’un couloir ou de regards discrètement complices à l’heure de se retrouver dans la Grande Salle. Par miracle cette fois la conjoncture des évènements leur permettait de se voir deux soirs de suite bien qu’encore une fois cela nécessite que l’élève enfreigne le règlement.

Elle s’était enfermé dans le dortoir des filles alors que ses camarades de chambre peuplaient encore la salle commune, prétextant un mal de tête. Elles n’allaient pas tarder à monter, il était largement l’heure de se hâter si elle ne voulait pas être en retard et se faire prendre dans sa fuite. Avant de partir elle prit soin de simuler sa présence en empilant une couche convaincante d’oreillers sous sa couette et de fermer légèrement les rideaux autour de son lit. Technique moyenâgeuse mais qui avait fait ses preuves jusque-là.

Avant d’enfiler sa cape, la Serdaigle s’arrête un instant devant le grand miroir qui trône contre le plus grand mur de la pièce. Pour une fois elle ne porte pas sa tenue réglementaire, l’ayant troqué pour une petite robe noire, simple, cintrée à la taille et tombant juste au-dessus des genoux. Une paire de collants à fine résille et des bottines à lacets termine la tenue. Ses boucles dorées tombent habituellement autour de ses épaules tandis que ses deux banquises arborent un décliné charbonneux sur les paupières, accentuant l’intensité de leur éclat cristallin.

Plutôt satisfaite, elle rabat le capuchon sur son visage avant de se diriger vers la porte du dortoir qu’elle déverrouille en silence. Sa main dans sa poche serre nerveusement sa baguette entre ses doigts. Doucement elle l’extirpe du tissu. Elle doit lancer le sort avant de sortir, personne ne doit la voir sortir de la salle commune. Elle inspire et se remémore les conseils qu’Aldous lui a donné pour réaliser ce sortilège d’invisibilité. « T’as pas beaucoup d’temps gamine alors concentre toi si tu veux pas qu’ça foire. T’inspire un grand coup et t’imagine que t’es invisible. Qu’t’es comme l’air. Insaisissable. T’as pigé ? » Ce sort lui donnait du fil à retordre, elle le savait. Elle n’avait jamais réussi du premier coup ce qui avait eu le don d’agacer son « professeur occasionnel ». Elle ferme les yeux et lève sa baguette au-dessus de sa tête, décrivant un tourbillon autour d’elle. La tension est à son comble, elle entrouvre un de ses yeux et baisse la tête sur son propre corps : visiblement ça n’a pas fonctionné. Elle soupire en grimaçant. Si Aldous était là, il serait une nouvelle fois en train de l’affubler de tous les noms d’oiseaux qu’il pouvait connaître et en général ce n’était pas beau à voir. Seconde tentative. Elle réitère le geste, prenant plus son temps pour se concentrer et faire le vide dans sa tête. Miraculeusement et à son plus grand soulagement la magie opère mais pour un temps seulement alors elle s’engouffre dans les marches qui l’amènent à la Salle Commune pleine. Avec agilité elle slalome entre les élèves qui circulent un peu partout et glisse dans le sas qui lui permet de sortir de la pièce.

L’extérieur semble calme. Les rondes n’ont pas encore commencé. Fort heureusement elle n’a qu’un étage à monter pour atteindre le lieu de rendez-vous qu’ils se sont fixés le matin même. Elle longe prudemment les couloirs puis les escaliers déserts avant d’atteindre enfin le septième étage. Il y fait affreusement froid, comme d’habitude. Au détour d’un dernier couloir elle arrive dans son dos. Il se tient droit devant la tapisserie qui renferme l’entrée de la salle sur demande. Un instant elle se demande pourquoi il n’a pas lui-même fait apparaître la porte, peut-être a t-il préféré l’attendre. Sa couverture magique prend fin et elle apparaît à côté de lui. Elle ignore s’il l’a entendu arriver tant il ne semble pas surpris ou juste très impatient. Elle lui adresse un sourire rayonnant, ses yeux brillants de malice « Moi aussi je suis ravie de vous voir, Professeur Lovecraft » Dit-elle d’une voix douce avant de se planter devant la toile et de se concentrer.

La porte sort du mur et se forme progressivement contre la pierre froide. Elle est très haute comme si elle avait même pensé aux mensurations du professeur. En silence elle presse la poignée de la porte en l’ouvre, espérant que la salle capricieuse ne lui a pas joué de mauvais tour. Doucement elle s’enfonce dans l’encadrement de la porte et fait quelques pas dans un couloir sombre, une légère odeur d’encens lui montant aux narines. Au bout du couloir une immense pièce se profile et alors que la Serdaigle pose le pied sur le parquet au sol elle est éblouie par la somptuosité du lieu.

Le sol de bois est recouvert d’immenses tapis luxueux aux imprimés colorés. Partout à travers la pièce sont disposés des coussins de différentes tailles en formes. Le plafond très haut au-dessus de leur tête se divise en arches magnifiquement sculptées de diverses créatures chimériques qui semblent les regarder. Les murs de pierre sombres sont recouverts de tableaux ovales et carrés impeccablement accrochés tandis que d’autres murs arborent diverses tentures aux allures royales. Au centre de la pièce, plusieurs immenses canapés de cuir bordeaux recouverts de coussins aux teintes sombres sont disposés autour d’une petite table de bois vernis sur laquelle sont disposés deux verres de cristal noir ainsi que la bouteille assortie contenant un liquide transparent qu’elle n’identifie pas encore.  De part et d’autre de la pièce des bougies flottent de façon aérienne et silencieuse autour d'eux.

Mérope avance doucement dans la pièce ne sachant plus où regarder tant le spectacle semble irréel. Elle s’avance jusqu’au salon, précédée du professeur. Elle se tourne vers lui, rayonnante « Quelque fois je m’impressionne ! » s’exclame t-elle en riant.  N’ayant pas encore remarqué un peu plus loin dans la pièce la pensive qui trônant dans son écrin vernis et qui n’attendait plus qu’eux. Son impatience d’être près de lui avait presque fait oublié à la blonde le pourquoi ils devaient se rencontrer ce soir, pourtant cette nuit c’était sûr, tous les masques allaient tomber.
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J’ai appris que l’amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit. Que de grand amis peuvent devenir de parfait inconnus, et qu’au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie. Que le « jamais plus » n’arrive jamais et que « pour toujours » a une fin. ▬ Et surtout qu’avoir mal est inévitable, mais que souffrir est en option.
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Elle était là. C'était un soulagement et un vif élan du coeur qu'il avait attendu depuis le matin alors que dans la moiteur désormais familière de leurs draps, ils s'étaient dit "au revoir" pour les quelques heures de séparation avant leurs retrouvailles. S'il était venu détendu, dans une tenue informelle et débraillée, il n'en était rien pour Valentine qui arborait une aguichante robe noir qui dépassait de sa cape, agrémentée de résilles et d'une paire de bottes à lacet qui n'étaient pas sans rappeler à Heathcliff ses propres cuissardes. Alors qu'elle le salue avec le respect du à un professeur, en tout innocence, il lui lance un sourire lubrique et profite qu'elle se retourne pour imaginer ce qui se dissimule sous le tissu moiré qui recouvre encore son dos. Il garde ses bras obstinément croisés sur son ventre, marchant en arc de cercle pendant que son élève passe plusieurs fois devant la tapisserie. Finalement, une porte immense dans laquelle il pourra passer sans se baisser -quel soulagement !- se dessine sur les vieilles pierres. L'alchimiste qui tient encore sa baguette discrètement, regarde attentivement autour d'eux alors que Valentine s'introduit dans la Salle sur Demande, attendant quelques instants pour bien s'assurer que personne n'avait pu les surprendre, prêt à jeter un sortilège d'amnésie à quiconque bougerait ne serait-ce qu'une oreille.

Le professeur hoche doucement la tête et entre enfin à la suite de son élève alors que la porte disparaît quand le couloir sombre les engloutit tous les deux. Il n'y a que quelques pas à faire pour arriver dans une pièce aux dimensions gargantuesques, une immense voûte de pierres adamantines taillées en gargouilles veillant sur les deux âmes interdites qui s'avancent à pas de velours sur le parquet massif. Le bois ne crisse pas sous leur pas, seules les flammes des bougies flottant dans les airs vacillent alors que leurs deux corps brassent l'air autour d'eux en entrant. Valentine contemple la pièce et Heathcliff la contemple elle, davantage hypnotisé par le désir d'arracher le capuchon masquant ses boucles flavescentes et de capturer enfin ses lèvres nacrées, que par les ornements du lieu. Il se tient derrière elle, la laissant détailler les sofas de brocard pourpre, les coussins moelleux et les tapis de soie avec ses banquises qu'il imagine étinceler au creux de la magnificence de l'endroit. Mais c'est encore elle qui est la plus belle, et le professeur se plaque finalement dans son dos, l'enlaçant par les hanches en glissant possessivement ses bras autour de sa taille. Il l'enserre avec la poigne du serpent qui dépasse paresseusement de son débardeur, à la naissance de sa nuque où les mèches corbeaux caressent ses premières vertèbres.

De ses dents, il attrape le tissu qui couvre ses cheveux et tire dessus en ployant son corps gigantesque pour trouver avec satisfaction le velouté de la chair de sa gorge. Il dévore du regard avec satisfaction la marque brune de ses crocs qu'elle arbore toujours, bien qu'elle commence lentement à cicatriser. Sa voix est presque inquiétante, son expression carnassière lorsqu'il se perd dans un murmure rauque.

"Je n'aime pas qu'il disparaisse ainsi. Comme si tu risquais de m'oublier si cela arrivait. Je vais devoir m'assurer que cela ne se produise jamais."

Finalement, il ne fait qu'effleurer la chair de ses dents, la respirer de son souffle brûlant. Puis il fait doucement tourner son élève entre ses mains, comme l'habile constructeur d'une boite à musique qui en orienterait la danseuse en ivoire. L'éclat de leurs amours nivéales éclot finalement dans la nitescence délicieuse de la pièce, au goût des chimères déliquescentes qu'il déguste sur sa langue en lui volant un baiser. La séparation de leurs deux corps n'avait que trop duré pour le professeur qui laissait son appétit incommensurable se perdre dans la bouche de son aimée, ravissant son parfum suave et léger qui lui était tendrement familier. Point de vertige ni de danse céleste qui les poussent à plus profonde concupiscence. Point d'étreinte plus ferme ni d'attouchement plus sensuel qui les détournent de leur but ce soir. Heathcliff fait seulement glisser la cape sur les épaules osseuses de sa belle pour dévoiler la robe magnifique qu'il avait aperçu au dehors. Avec un regard ostensiblement lubrique, il la contemple un moment, la faisant doucement tourner du plat de sa paume, comme la valse macabre de leurs amours maudites.

"Tu m'as manqué ..."

Il joint leur doigt comme on tisse une étoffe précieuse, entrelaçant leurs paumes avec l'évidence naïve de deux coeurs battant à l'unisson. Il l'entraîne jusqu'au canapé le plus large, à la hauteur surprenante qui s'adapte parfaitement à ses jambes incommensurables lorsqu'il s'y assoit. Il voudrait l'étreindre à nouveau, laisser sa croupe glisser sur ses genoux pour la tenir au creux de lui, mais là encore, ce n'est que l'égarement de son désir, concurrençant la raison de leur présence en ces lieux. En face d'eux, sur une petite table, une bouteille de gin trône fièrement, tentatrice sculpture adamantine et son nectar d'ivresse qui le nargue auprès de deux verres à pied en cristal fumé. Alors qu'elle prend place à côté de lui, ses prunelles banquises fixées avec appréhension sur la Pensine qui les surveille du coin de son écrin brillant, il se penche et débouche fermement la bouteille qui cède dans un crissement familier. Effectivement, Valentine avait de quoi être fière de la pièce que son esprit avait façonné. La perfection de ce fantasme flattait terriblement le professeur se rappelant de ses propres pathétiques tentatives ne débouchant que sur une antre de débauche de moins en moins remaniée à chaque essai. Il verse l'alcool translucide presque religieusement avant d'attrape de ses larges paumes les verres semblant minuscules dans sa poigne. Il en tend un à Valentine, garde l'autre et en respire un moment le parfum.

"A nous."

Il fait tinter le cristal avec légèreté en choquant son verre avec celui de son élève avant d'en boire une gorgée, résistant à l'envie de terminer la rasade en une seule fois. Il agite ensuite sa baguette, déposant le verre sur le guéridon, pour attirer à eux la Pensine. De la poche de son kilt, il extirpe finalement deux fioles qu'il pose précautionneusement à côté du gin, étincelant d'un même liquide transparent et dont les propriétés ne sont pas si éloignées l'un de l'autre. Une étiquette parfaitement calligraphiée qu'il tourne vers Valentine dévoile la composition des fioles de veritaserum. Machinalement, la paume libre d'Heathcliff passe dans ses cheveux avec nervosité tandis que l'autre raffermit sa prise sur les doigts de sa belle avant de délier leur étreinte. La soirée promettait de durée et le travail qui les attendait était long et laborieux. Avec tout l'amour qu'il avait pour elle, il pose ses pupilles asymétriques sur ses lèvres encore rougies de leur baiser, et soupire profondément. Il garde sa baguette fermement en main.

"Dès que tu te sentiras prête, mon Ange ..."
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Mérope V. Greengrass
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ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  


« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »


Elle ressemble à une enfant. Une enfant émerveillée aux pieds d’un immense sapin flamboyant de lumières venant de sa magnificence embrasé son cœur innocent. Chaque fois que ses deux prunelles émerveillées se déposent sur un détail de la pièce elle n’est que plus renversée par la majesté du lieu. Les arches aux décors splendides trônent au-dessus de leur tête telle les portes d’un paradis qui n’appartient qu’à eux tandis que les larges colonnes qui les soutiennent fièrement lui donnent une sensation grisante d’immensité.

Elle se déplace avec légèreté à travers la pièce, le tissu de sa cape frôlant à peine le sol de bois massif. Elle rabat sa capuche sur ses frêles épaules, secouant légèrement la tête pour libérer ses longues boucles dont les reflets flavescents resplendissent à la lumière des bougies qui flottent autour d’eux et descendent en cascade dans son dos.

La pièce résonne d’un silence quasi religieux, tant et si bien qu’elle a un instant l’impression de marcher sur la nerf d’une cathédrale baignée dans l’éclat d’un feu sacré qui brûle et l’entraine dans sa combustion à rêver d’une ultime façon de se lier à lui. Sa sombre stature s’insinue dans son dos telle une ombre vaporeuse dont la prise possessive entoure ses hanches de jeune promise à l’aube de ses vœux d’appartenance éternelle. La froideur de son torse de marbre épouse dans une sensation désormais familière l’épiderme brûlant du dos nu de la Serdaigle et lui arrache un délicieux frisson. Elle dépose avec légèreté l’une de ses minuscules paumes sur le dos de sa main tandis que l’autre glisse avec douceur dans la nuque du professeur lorsqu’il retourne à la rencontre des premiers stigmates de sa possessivité, solidement ancrés dans la peau de sa belle. Il capture entre ses canines la marque brune et la taquine doucement alors que le brasier en son ventre renait lentement de ses centres en veille. Elle agrippe légèrement ses mèches corbeaux entre ses doigts tandis qu’il incline avec soumission la tête sous ses mordillements.

Il parle et d’un instant à l’autre elle s’attend à sentir ses crocs se planter au creux de sa gorge, les yeux clos telle la proie vaincue sous sa lame du chasseur. Pourtant il n’en est rien et la tendresse de ses mots lui transpercent le cœur d’exquises louanges. Son visage de poupée se fend d’un sourire pudique alors que malgré elle ses pommettes se teintent. Leurs doigts se lient et gracieusement il l’a fait tourner sur elle-même à la manière d’une ballerine. Elle lève légèrement la tête pour venir se plonger dans l’asymétrie de ses prunelles. « Penses-tu vraiment que j’ai besoin d’une quelconque marque pour ne pas t’oublier, mon Amour ? » Elle garde presque fermement ses doigts enlacés dans les sien lorsque leurs lèvres se rencontrent pour la première fois depuis des heures, heures qui lui ont semblé une éternité de patience. Doucement et contre ses lèvres elle sourit, il est enfin là et c’est tout ce qui importe. Elle oublie les heures passées à attendre et l’impatience presque douloureuse qui alourdi son cœur en hibernation lorsqu’il s’éloigne.  

Elle frissonne sous la douceur de ce baiser qui emballe son myocarde dont les furieux battements amoureux emplissent son corps d’allégresse. Du bout de ses doigts il fait glisser la cape de la Serdaigle sur ses épaules. La ballerine tourne une nouvelle fois sur la pointe des pieds et avec la légèreté d’une hirondelle entre les doigts de son aimé, lui offrant tout le loisir de l’admirer dans la tenue qu’elle a choisi dans l’espoir inavoué de lui plaire. Ses épaules sont nues tandis que sa robe cintrée sur ses fines hanches suggère ses formes sans les dessiner complètement, laissant pourtant la liberté d’apercevoir la cambrure de ses reins, la longitude de sa colonne et le creux de ses omoplates entre les deux pans de tissus noir qui se rejoignent à la nuque.

Elle sent son regard brûlant embrasé chacune de ses courbes lorsqu’elle tourne pourtant il reste sage. Doucement et sans le lâcher du regard elle ramène leurs mains liées à hauteur de ses lèvres et dépose un doux baiser sur le bout de ses doigts. « Tu m’as manqué, toi aussi.. » Elle marque un silence pour l’observer un instant avant d’ajouter « Bien plus que tu le l’imagines » Elle change auprès de lui et chaque moment passé en sa compagnie le lui fait remarquer. Pas et pas et sous ses regards encourageants, pleins de douceurs et de bienveillance elle réapprend la doucereuse sensation d’être aimé et d’accepter d’aimer en retour, aimer toujours plus fort, jusqu’à l’impossible.

Ils s’installent côté à côté, à la fois à distance raisonnable l’un de l’autre dans l’un des canapés pourpres. Ils sont immenses et hauts, à tel point qu’elle se contente de rester sur le bord pour pouvoir poser le pied au sol et ainsi croiser ses cuisses fuselés l’une sur l’autre. Elle dépose les deux mains enlacées à hauteur de son genou tandis que son pied surélevé par sa position glisse sous le mollet nu du professeur. Ses yeux remontent le long de sa jambe et frôlent de tissu épais de son kilt, à peine surprise par l’extravagance habituelle du professeur. Un instant son esprit divague et dans un sourire en coin elle se perd à se demander si la légende que porte le vêtement est vraie.

Elle détourne le regard mi agacée mi amusé par ses propres divagations. Sans vraiment le vouloir ses yeux de posent sur la pensine qui trône sur son piédestal près d’eux et semble l’observer d’un air narquois. Elle l’a fixe nerveusement pendant un moment avant de revenir à son ange déchu qui lui tend un des verres rempli d’un liquide translucide qui dégage une odeur amère qui la fait intérieurement grimacer. Doucement elle lève son verre pour l’entrechoquer contre celui d’Armand « A nous. » Répète telle sans lâcher le pensine du coin de l’œil, inquiète. Au fond d’elle ses entrailles se tordaient de la peur qu’en découvrant la vérité, ce « nous » qu’ils célébraient main dans la main ne se brise en milliers d’éclats de verre sous ses pieds.

Pendant qu’il ingurgite une première gorgée entre ses lèvres carmines la Serdaigle porte avec hésitation le verre à ses propres lèvres et penche le verre. Le liquide lui brûle la gorge aussi fort que le gout est infecte. Elle écarquille les yeux avant de poser poliment le verre sur la table en espérant qu’elle n’ait rien remarqué. D’un léger mouvement de baguette il attire la pensine à eux et Mérope déglutit silencieusement non sans remarquer les deux fioles de veritaserum qu’il dispose sur la table. Il avait tout prévu. Avec certitude et quel qu’en soit le moyen employé elle allait devoir lui livrer ses plus profonds secrets et déverser aux yeux de son aimé la noirceur de ses exactions. Elle déglutit une nouvelle fois venant à nouveau chercher sa paume entre ses deux mains tremblantes. « Armand, avant de commencer, il faut que je te dise quelque chose. » Elle s’arrête un instant et décroche ses yeux des siens pour venir les poser sur la pensine qui la menace dans son coin. « Il se peut qu’après avoir vu, tu ne me vois plus jamais de la même façon.. » Elle inspire avant de lever ses yeux remplis de détresse vers lui. « Mais saches que malgré tout, ça ne change en rien ce que je ressens pour toi. »


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under the skin
J’ai appris que l’amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit. Que de grand amis peuvent devenir de parfait inconnus, et qu’au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie. Que le « jamais plus » n’arrive jamais et que « pour toujours » a une fin. ▬ Et surtout qu’avoir mal est inévitable, mais que souffrir est en option.
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Nymphetamine
Heathcliff A. Lovecraft & Mérope V. Greengrass

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  

Prosthetic Synthesis with Butterfly
Sealed Up with Virgin Stitch
If it Hurts, Baby, Please Tell Me
Preserve the Innocence
I Never Wanted it to End Like This

Il la regarde. La chaleur dans ses entrailles n'ait pas du qu'à la gorgée de gin qu'il a avalé avec délice, sublimant encore le goût de ses lèvres sur le plat de sa langue. Leurs cuisses se touchent, son petit pied sans pantoufle de verre se glissant sous le relief de son mollet comme pour s'y blottir. Simple contact pourtant tellement nécessaire. Il voit dans ses banquises flamboyantes le relent de la peur qui grandit à chaque seconde, augmentant alors que la Pensine s'approche d'elle. La terreur s'empare de son coeur qu'Heathcliff sent battre plus fort comme si son myocarde était lié au sien. Il penche doucement la tête, pantin articulé inquiétant voulant charmée la poupée de porcelaine sur la même étagère du marchand de jouet, et lui offre un sourire sincère. Sa lèvre tremble, ses pétales nacrées se courbant d'une moue inquiète qui noue la gorge du professeur qui peine à déglutir. L'appel du gin sur la table pour se donner du courage est fort et tentateur, mais il y résiste. Qui sait ce qu'il verrait plus tard ? La bouteille adamantine prendrait sans doute les allures d'une douce rédemption empoisonnée pour lui faire oublier la torve réalité. Il se perd à la regarder, attendant un signe, un mot, un geste pour que tout commence. Amoureux dantesque perdus sur le chemin du premier cercle, ils plongent ensemble à la découverte de limbes plus profondes et plus sombres que jamais.

Sa voix cristalline s'élève dans le silence religieux de la cathédral mortifère à l'architecture gothique et aux ornements victoriens qui plaisent tant à l'alchimiste. Elle a perdu de son chantonnement joyeux, de sa candide innocence enjouée. Comme Alice courant après le lapin blanc, elle réalise qu'elle s'enfonce peu à peu dans les méandres d'un pays qui n'a rien de merveilleux. Il est son guide, il veut lui ouvrir la voie, bien que l'inconnu cerne leur épopée de mystère. Chaque pas est une découverte nouvelle, une immersion fatale et sans retour dans les pensées les plus inavouables que toute son âme veut faire disparaître. Le sortilège est à ce point cruel qu'il oblige à tout revoir en détail avant de pouvoir oublier, à tout décortiqué habilement avant de laisser croître le néant. Cerbère aux trois têtes alanguis de l'amour qu'il lui porte, Heathcliff tantôt ronronne tantôt grogne, cherchant à ouvrir la voie à sa protégée à la douceur d'opale, à la fragilité d'albâtre, à la beauté nitescence. Comme le joyau dans son écrin de velours, il ne peut pourtant refermer sur elle le couvercle de verre d'un cercueil au linceul de soie. Il ne peut la préserver d'un monde de tourments venus de son propre esprit. Il peut seulement la libérer, comme sa promesse, son Serment, l'y engage, devant ainsi l'entraîner dans la plus sordide souffrance, traverser la fange et la tourbe avant de la laisser éclore et fleurir à nouveau.

Sa paume tremble dans la sienne qu'elle cherche presque frénétiquement. Un repère où s'accrocher, un socle où la ballerine pourra tourner à en perdre la tête sans jamais tomber. Il est le rempart à sa terreur, capturant ses mains brûlantes au creux de ses larges paumes froides. Le feu et la glace. La chorégraphie complexe et présomptueuse des opposés s'attirant sans cesse dans une danse charnelle auto-destructrice. Ses mots sont plus timides et faiblards que jamais, plus doux et tranchant à la fois quand ils dévoilent une vérité bien sombre. Elle a peur, une terreur rampant dans ses entrailles, une angoisse latente qui s'enroule autour de son corps pour l'enserrer avec hargne, loin de la douce étreinte du serpent aimant. Il veut la sauver, rose fleurissant au creux des ronces, au risque de se frotter aux myriades d'épines acérées à s'en lacérer les bras. Et peu importe le prix. La détresse qui la submerge, la panique qui fait vaciller ses prunelles banquises où se reflètent son tourment et la flamme orangée des bougies qui les cernent de leurs lueurs tamisées, Heathcliff l'absorbe avec ce même sourire qu'il veut rassurant. Il hoche doucement la tête, sans la perde du regard, lui prouvant que jamais ses sentiments ne pourraient changer. Il l'aimait, avec sa noirceur charbonneuse qui macule sa peau lunaire, avec chaque trace de son passé qui la souille et la ronge. Il l'aimait parfaite ou brisée, il l'aimait belle ou affreuse, il l'aimait ange de douceur bienveillante ou succube pétrie de vice.

Lentement, il s'approche d'elle, cueille une caresse vaporeuse sur sa joue rosie. La pulpe de ses doigts glacés effleurant la pommette saillante jusqu'à laisser son pouce se perdre sur sa bouche, sa paume glisser dans sa nuque pour se noyer dans la soie d'or liquide qui orne son visage d'une auréole onirique. Maintenant ainsi son élève, Heathcliff dépose délicatement sur sa tempe, la pointe de sa baguette. La magie frémit, le fluide du géant grisant la chair de son aimée alors qu'une ébauche de filament d'argent apparaît à son extrémité. Ce n'est pas douloureux, ni désagréable. Il suffit de se concentrer sur un souvenir, un songe, une pensée. La magie captait chaque ébauche et la formait, constituant de la matière d'un rien, formant du néant une onde vaporeuse et brillante que l'alchimiste pourrait extirper de son esprit.

"Pense à moi. Pense aussi fort que tu peux au moment le plus beau, le plus intense que nous ayons vécu ensemble ..."

Il presse sur sa joue mais pas sur sa tempe, qu'elle sente sa caresse plutôt que la pointe de sa baguette dont la magie s'affole. La concentration s'empare d'elle, elle ferme les yeux. Il la laisse se glisser dans son souvenir, s'imaginer un sourire aux lèvres ce qu'il lui a enjoint. Progressivement, il tire sur sa baguette, l'ébauche de pensée s'extirpant petit à petit de l'esprit de Valentine. Finalement lorsqu'elle entrouvre les paupières, le filament argenté termine sa route sinueuse depuis ses neurones et Heathcliff la dépose religieusement au fond de la Pense. Puis il pose ses lèvres amoureusement sur les siennes, capturant sa bouche avec fièvre en pensant lui même à leur plus bel instant. Sa langue s'emballe, son coeur aussi, alors qu'il fouille davantage encore ce baiser brûlant, la pointe de sa baguette sur sa propre tempe. Alors qu'à bout de souffle, ils se séparent enfin, alanguis de la passion qui les étreint toujours aussi fort, le professeur ajoute sa pensée à celle de son élève dans le bac.

Lentement, presque comme deux ombres s'apprivoisent puis s'épousent, les pensées s'approchent avant de fusionner. Depuis le sofa, les amants aux paumes à nouveau jointes, voient se superposer leurs deux souvenirs. Les mêmes images, le même instant, vu par les yeux de la belle et ceux de la bête. Deux faces d'une même pièce qui brillent du même éclat. Deux façons de découvrir, spectateurs, ce moment unique où leurs destins se sont liés sans l'approbation de leurs volontés. Deux sons d'une même cloque qui retentit avec fracas pour célébrer leurs noces funèbres. Deux battements d'un même coeur qui frémit à l'unisson de leurs âmes se trouvant.

"Tu vois ? Nous ressentons la même chose. Notre amour nous lie quoi qu'il se passera ce soir, quoi que tu me montres, quoi que nous découvrions. N'aies crainte, je ne t'abandonnerais pas. Je te l'ai promis. Jamais."

Dans un mouvement souple du poignet, Heathcliff fait finalement disparaître leurs deux pensées superposées pour vider la Pensine et la pousse doucement vers Valentine. Le bac de pierre n'attend qu'elle y dépose ses sombres souvenirs, ses tourments inavouables, tout ce dont elle serait bientôt délivrées.

"N'oublie pas d'être le plus précise possible. Plus les images seront fidèles à la réalité, mieux je pourrais les trouver en fouillant dans ton esprit par la suite et plus vite tu en seras débarrassée pour toujours ..."
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Mérope V. Greengrass
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Mérope V. Greengrass & Heathcliff A. Lovecraft

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  


« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »


Elle a peur. Elle se sent perdue et cette sensation l’effraie encore plus. L’espace d’un instant elle a l’impression que la cathédrale s’écoule, elle n’est plus qu’amas d’immondices et de débris autour d’elle, à l’image d’eux même lorsqu’il aura tout découvert.

Tout est noir, tout est froid. Elle ne sent plus la chaleur des bougies venir caresser la peau de son visage qui a perdu toute couleur de vivant mais au contraire un violent courant d’air qui s’infiltre en elle, traverses sa peau, transperce ses muscles et lui glace les os. Translucide, sa peau ne luit plus que de l’aspect blafard du macabre. Ses prunelles claires ont perdu leur lumière et semblent doucement s’assombrir, se ternir comme si son énergie vitale la quittait un peu plus de minutes en minutes telle la rose qui se fane inexorablement sous les rafales hivernales.

Sans vraiment s’en apercevoir elle n’a pas encore quitté des yeux l’étendue aquatique qui ondule paisiblement dans la Pensine. Sous ses crépitements innocents elle y voit le mal absolu, les abysses démoniaques des mers déchaînées qui engloutissent tout sur leur passage. Elle se penche imperceptiblement pour tenter d’apercevoir le fond de récipient, en vain. On ne peut apercevoir le fond de l’enfer avant d’y plonger pour de bon, les deux pieds devant. Elle a du mal à respirer, l’air n’entre presque plus dans ses poumons et l’oblige à haleter en silence. Elle a l’impression de se débattre et de se noyer, elle étouffe et ses maigres efforts pour remonter à la surface l’épuisent. Elle est prête cesser de se battre, à abandonner et se laisser sombrer, doucement, silencieusement.

Mais il est là. Encore et toujours il est là et il lui tend la main pour la tirer hors de l’eau, pour la ramener à la surface. Il est son sauveur, il est la lumière dans l’ombre, la chaleur dans l’hiver qui l’habite. Sous ses airs de bourreau il est le vaillant Prince qui rompt son mauvais sort, il est l’Archange qui l’enveloppe de ses ailes divines et la lave de sa malédiction.
Elle serre sa main, elle l’a serre comme pour se raccrocher à la dernière chose qui l’empêche de se laisser engloutir. Elle craint plus que tout qu’il ne l’a lâche et sa petite main tremblante s’agrippe désespérément à la paume du professeur qui se rapproche d’avantage de son corps frêle comme pour palier à ses angoisses. Ses prunelles bicolores sont remplies de bienveillance mêlée à cette doucereuse tendresse qui habituellement la transporte. Elle aimerait qu’il la prenne entre ses bras immenses et la serre si fort contre lui que leurs âmes finiraient par fusionner. Il se libère de sa prise pour venir caresser du bout des doigts son visage éteint. Ses yeux se ferment un instant pour savourer la douceur du moment et capter la moindre lueur de courage qu’il pourrait lui prodiguer. Sa douceur la réchauffe, unique lueur d’espoir dans les ténèbres de ses doutes qui l’encerclent et la lacèrent à la manière d’un Kraken aux tentacules possessives.

Elle ouvre précautionneusement les yeux et chercher les siens tandis qu’il lui pose la pointe de sa baguette sur la tempe, elle ne réagit même pas et le laisse faire, aussi malléable qu’un pantin sous impérium. Il pourrait tenter de la tuer qu’elle ne se défendrait pas plus tant elle se sent abattue d’avance par le désastre qui l’attend à l’orée de ce qu’il découvrira au fond de la Pensine. Elle inspire et fermant les yeux une nouvelle fois, elle se plie à l’exercice. Prenant soin de faire autant que possible le vide sans son esprit tourmenté elle remonte le fil de sa mémoire. Leurs souvenirs lui reviennent en tête et la bercent doucement. Chacun des moments passés en sa présence étaient aussi précieux et chers à ses yeux qu’un trésor qu’on garde jalousement à l’abri des regards envieux. Son esprit vagabonde entres les épisodes de leur histoire, sautant des regards langoureux en cours d’Alchimie ou serment inviolable, de leurs premières étreintes clandestines à l’ombre de la clairière aux papillons à leur torrides retrouvailles au creux de ses draps sombres. Elle hésite un instant tant chaque souvenir avait pour elle sa résonnance particulière. Pense au moment le plus intense que nous ayons vécu ensemble. Alors qu’elle sent la magie de professeur agir sur elle sa mémoire s’arrête.

Elle les voit. Les larmes de l’alchimiste couler de ses prunelles bicolores et venir à la rencontre de celles de la Serdaigle, frêle poupée désarticulée et inerte entre ses bras de géant. Elle se souvient comme si elle le revivait et ses mains tremblent. Ses insoutenables aveux, son corps tremblant, sa colère teintée de la peur au ventre de le voir s’éloigner et disparaitre de sa vie pour enlacer cette famille qu’il avait mis tant d’années à retrouver. Il tremble et ses larmes coulent le long de ses joues marbreuses. Il l’a couvre de baisers et la supplie de lui revenir. Il l’a serre. Il l’a serre si fort qu’il pourrait la briser. Les paroles du professeur résonnent alors dans son esprit et la renversent une nouvelle fois, comme la première fois qu’elles les avaient entendues, semi consciente entre ses bras. « Valentine je t’aime » « je ne veux plus être un monstre ... Je veux ... Je veux juste pouvoir t'aimer. Chaque jour, chaque nuit, à chaque seconde que le temps m'offrira près de toi. »  « Car je t'appartiens, Valentine, je t'appartiens tout entier..». Elle ouvre subitement les yeux, son cœur bat à tout rompre dans sa poitrine alors qu’il l’observe toujours amoureusement tout en déposant du bout de sa baguette le filet argenté qui épouse avec légèreté la surface bleutée de la Pensine.

Il s’approche et l’embrasse de cette fièvre qui a le don de les consumer tout entiers et les emporter toujours plus loin. Elle s’accroche à ce baiser comme à sa propre vie, presque brutalement. Elle soupire d’aise contre ses lèvres qu’elle capture avec avidité entre ses dents, venant rapidement chercher sa langue de bout de la sienne et ainsi toujours approfondir ce baiser salvateur, dernière bouffée d’oxygène avant l’asphyxie. Une de ses mains se pose sur la joue du professeur tandis qu’elle se penche davantage sur lui pour ne pas rompre le baiser, son corps frissonne et ils finissent par se séparer à bout de souffle et redoutant que la fougue de ce baiser ne les perde dans d’autres projets que ceux déjà prévus.

Alors qu’elle halète doucement, les deux prunelles banquise de la Serdaigle suivent le filet argenté qu’il a lui-même extirpé de tréfond de sa mémoire et qui vient recouvrir et entrelacer le sien. Une certaine fascination s’empare d’elle lorsqu’elle observe, silencieuse, les deux substances mémorielles s’épouser et s’enlacer telle les maillons d’une chaine qu’on aurait séparés et qui malgré l’absence prolongé de son alter ego, le reconnait et avec une évidence affligeante en reforme l’unité parfaite.

Cette réalité qui lui saute aux yeux, la force de l’amour qui les tient liés l’enchante autant qu’elle la bouleverse tant elle mesure l’impensable issue de cette vérité qu’il allait bientôt connaitre. Ce soir elle allait ouvrir la boite de pandore et y déverser le fléau qui allait se répandre comme la gangrène, s’immiscer à la racine de leur amour et le pourrir pour une nouvelle fois lui couter tout ce qu’elle avait de plus cher.

Il serre sa main dans la sienne et lui jure que quoi qu’il découvre ce soir il ne l’abandonnera pas, qu’il le lui a promis. Elle baisse les yeux. Tout ça n’est qu’une tromperie qui s’est retourné contre son instigatrice.

Ça ne devait pas se passer ainsi, elle ne devait pas l’aimer, juste l’utiliser. Elle l’avait charmé, elle l’avait séduit, elle l’avait mis à ses pieds pour parvenir à ses fins. Elle avait besoin d’un sorcier assez puissant pour assurer la réussite de ses sombres projets tout en choisissant une cible qui se laisserait séduire par ses beaux yeux, son sourire et ses manières insolentes. Elle devait se servir de lui et oublier ce qui les liait une fois délestée de ce poids sur ses épaules et ce quoi qu’il lui en couterait. Avec hésitation elle pose les yeux sur leurs mains liées. A jouer avec le feu elle s’y était brûlé les ailes. Alors qu’elle avait fait l’aveugle il avait été clairvoyant. Alors qu’elle avait l’âme fermée il lui avait ouvert le cœur. Elle avait désiré l’enchaîner et c’est elle qui se retrouvait à présent captive. Derrière les barreaux d’une prison dorée dont elle aurait tout fait pour ne plus jamais sortir. Condamnée à perpétuité à l’aimer de toute son âme.

Il termine de la conseiller et bien qu’elle l’écoute attentivement elle reste silencieuse. Ses iris bleutées fixées sur sa paume dans la sienne. De son autre main elle agrippe sa propre baguette restée posée à côté d’elle et se lève, ne lâchant à regret la main de son aimé qu’a la dernière minute.  

Elle prend un moment pour observer la Pensine, passer le bout de ses doigts sur le rebord rugueux et froid du bassin. Un instant elle a l’impression d’être sur le banc des accusés prête à passer aux aveux d’un crime trop difficile à porter et dans la peur au ventre de l’énoncé de sa sentence.  Ses entrailles se tordent et sa gorge se noue lorsqu’elle lève les yeux au ciel en déglutissant les larmes qui lui montent aux yeux. Lentement elle lève sa baguette à hauteur de sa tempe et ferme les yeux. « Pardonne moi.. » Souffle t-elle avant d’inspirer pour faire le vide dans sa tête et se replonger à corps perdu dans les méandres d’un passé qu’elle avait refouler au plus profond d’elle-même.

***

Manoir des Greengrass, Liverpool – 1992

Ses longues boucles blondes ondulent dans son dos chaque fois qu’elle bouge. Ses petits doigts glissent agilement sur les touches noires et blanches de l’immense instrument orné de dorures. Ses petites chaussures vernis touchent à peine les pédales au sol. Ses traits sont droits, ses deux prunelles concentrées sur la mélodie qu’elle interprète avec rigueur et conviction. Elle ressemble à un ange dans sa robe de satin clair avec le nœud assorti qui encercle ses cheveux longs jusqu’à la taille. Elle est seule et semble imperturbable.

Un grincement de porte l’interrompt et elle cesse de jouer, agacée. La porte s’entrouvre et apparait dans la pièce la silhouette gracile de Mrs Greengrass. Elle porte sur son visage cette éternelle sévérité mélangée à une pointe de douceur lorsqu’elle aperçoit sa fille unique, diamant parfait de sa création. « Mérope ? Tu as de la visite. » La petite fille fronce les sourcils, peu habituée à recevoir qui que ce soit dans son palais doré. Elle fixe une silhouette qui semble se cacher derrière celle de sa mère, elle ne la distingue presque pas avant que celle-ci ne se décale et fasse signe à l’inconnue de s’avancer, entourant ses épaules entre ses mains. « Je te présente ta cousine, Alcyone. Ses parents ont décidé de nous rendre visite pour quelques jours. »

Elle était belle. Ses cheveux bruns et raides, ses immenses pupilles bleutés. Son air insolant sur ses traits enfantins. Elle est plus grande que Mérope, plus élancée aussi bien qu’elles aient le même âge à quelques moins près. Mrs Greegnrass quitte la pièce et laisse les deux petites filles. Elle se déplace avec la légèreté d’une plume dans la pièce et lui sourit tout en s’asseyant auprès d’elle devant le piano. « Je t’ai entendue jouer dans le couloir.. Tu es douée » Lui avait-elle lancé timidement. La jeune Mérope lui avait rendue son sourire teinté d’une touche de timidité. « Tu veux que je te montre ? » Un sourire illumine le visage de la belle brune et alors que Mérope lui prend les mains et les déposes sur les touches du piano. « Voila, dès que tu entends cette mélodie » elle joue rapidement un petit air enjoué « C’est à toi, essayes dont » La brune s’exécute, maladroitement mais avec application. « C’est bien, allons-y » avait rajouté la blonde, un sourire ravi aux lèvres. Elle qui n’avait jamais eu de vraie amie, portait en cette nouvelle rencontre tous ses espoirs de voir ses longues heures de solitudes enfin derrière elle.



Manoir des Greengrass, Liverpool – 1996

Des larmes coulent le long de son visage poupon. Elle grelotte au fond de son lit froid. Ses beaux yeux noyés par le chagrin sont rougis de fatigue d’avoir trop pleuré. Elle peine à rester silencieuse quand son cœur se déchire et l’a fait souffrir. Lentement elle étouffe ses sanglots dans son oreiller déjà humide de larmes et s’enfonce un peu plus dans son lit. Derrière elle, elle sent la couette se soulever et un corps se poser tout contre son dos. Un parfum familier lui vient aux narines, un parfum puissant à la fois floral et épicé qui la berce doucement. D’un main elle décale une de ses mèches blondes pour venir déposer sa tête contre son épaule. Mérope sanglote, venant attraper une de ses mains et la passer autour de sa propre taille, la serrant entre ses doigts. « Ne pleure pas ma puce, s’il te plait.. » avait murmuré la brune à son oreille en la serrant un peu plus fort. « Je suis là.. » Elle prend une grande inspiration, passant sa main sur ses yeux humides avant de se tourner pour capter le regard de sa meilleure amie. « Toujours ? » Lui répond t-elle simplement, esquissant un très léger sourire malgré les larmes. « Toujours. »

Ecole de Sorcellerie Poudlard – 1997

Son regard a changé. Ils brillent d’une flamme qui la dévore et l’enivrent chaque fois qu’elle la regarde. Ses regards sont langoureux et humides, ses gestes calculés. Elle est tellement belle. Sa longue crinière brune qui flotte dans son dos, ses courbes qu’elle imagine parfaites. Un instant le regard de la blonde glisse sur ses seins qui se dessinent sous sa chemise blanche. Elle en perçoit subtilement le bout à travers le tissus clair et un frisson lui tord le ventre. Elle se mord l’intérieur de la joue pour réfréner un second frisson lorsque ses yeux remontent le long de ses jambes à la lisière entre ses cuisses et sa jupe. Elle est la vipère aux yeux ensorcelants, elle est la rose aux épines empoisonnées qui viennent piquer à vif le cœur endoloris de la blonde. Elle est la Vélane qui lui mord le ventre et lui arrache les entrailles de désir.

Elles se toisent. La tension est palpable, il règne une écrasante chaleur dans la pièce. Elles sont seules.. Ce serait le moment idéal.. La Serdaigle se mord la lèvre. Elle ondule et ses hanches la fond saliver. Ses manières exquises la tuent de l’intérieur et lui fond ravaler toute forme de rationalité. Elle s’approche et la surplombe légèrement, ses prunelles incendiaires dans les siennes. Elle émane une assurance qui la laisse pantoise. Elle n’aurait qu’un mot à lui dire, un seul pour tout faire basculer. Mais ce serait trop facile alors elle lui tourne autour comme un lion autour d’une gazelle à se demander par quel morceau il va commencer à la dévorer. Sa démarche et féline, son parfum épicé embaume les lieus. D’une minute à l’autre la Serdaigle sent que son cœur va s’arrêter, elle finira par la tuer. Elle se plaque dans son dos et enlace fermement ses hanches, venant effleurer sa gorge de ses lèvres pulpeuses. « Alors Mérope.. Qu’est-ce que tu attends ? Je m’impatiente.. » Lui avait-elle soufflé à l’oreille avant de revenir face à elle, un sourire presque cruel aux lèvres. « N’était-ce pas ce que tu voulais.. ? »

Elle n’en peut plus, elle voit rouge. Tout va très vite et elle l’a plaque presque violemment au mur derrière elle. Ses mains serrent fermement ses poignets au-dessus de sa tête tandis qu’elle vient fiévreusement l’embrasser. Ce baiser l’électrise et à bout de souffle elle se réfugie au creux de sa gorge. Elle respire longuement son parfum comme une drogue, s’en imprègne. Elle mord sa gorge et l’embrasse tout en descendant ses doigts le long de ses bras tendus, sur ses épaules, sur ses seins lorsqu’elle déboutonne son chemiser à hauteur de son soutien-gorge. Ses lèvres se déposent sur la naissance de sa poitrine et la couvrent de baiser enflammés. Ses mains tremblantes descendent sur son corps de déesse et l’une d’elle agrippe sa cuisse et la remonte contre sa hanche. Un instant elle s’arrête et revient poser son front contre le sien, elle plante ses prunelles dans les siennes alors que ses doigts glissent entre ses cuisses et lentement caresse la surface de son sous vêtement, arrachant à la brune quelques gémissements sourds. Prise de frénésie Mérope revient l’embrasser avec fougue avant de glisser à genoux devant elle. Yeux dans les yeux elle soulève sa cuisse et la dépose contre son épaule tandis qu’elle remonte par de fiévreux baiser vers sa féminité.

Tout va très vite. Ses émotions s’embrouillent lorsque la brune agrippe doucement ses boucles entre ses doigts lorsqu’elle se glisse entre ses cuisses. Qu’elle l’assène, qu’elle se fait fougueuse contre elle. Elle l’a possède enfin avec tout son corps, avec tout son cœur et de toute son âme.

Ecole de Sorcellerie Poudlard – 1997

« Je suis navrée d’en arriver là mais ne me laisses pas le choix. Tu épouseras Yassen Yordanov même si je dois t’y trainer de force est-ce que c’est bien clair ?. » Sa voix est aussi froide que celle que sa mère lorsqu’elle l’imite. « C’est ce qu’elle m’a dit. »  Elle lui prend alors les mains. « Qu’est-ce qu’on va faire Alcyone ? Je.. » Elle sent un malaise chez la brune. Son regard et fuyant, éteint. Elle gigotte un peu, comme si elle cherche à se libérer de sa prise sans vraiment oser être aussi radicale. Elle déglutit. « Tu sais.. c’est peut être ainsi que ça doit se passer. Pour toute les deux. » Elle ne la regarde toujours pas malgré les tentatives de la blonde pour capter ses prunelles fugitives. « Qu.. Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » Son ton a changé, sa voix tremble légèrement et se brise au fond de sa gorge tandis qu’elle serre encore un peu plus ses doigts entre les siens. Elle ne dit plus rien mais pour la première fois ses yeux se plongent dans ceux de la Serdaigle et elle n’y voit que du vide.  Le néant. Et elle comprend. « Alcyone. Tu m’aimes n’est-ce pas ? Dis moi que tu m’aimes. Dis le moi. J’en ai besoin. » Mais le silence se fait. Pesant et assassin. Prenant une grande inspiration la brune se dégage de sa prise et se recule en évitant son regard. Les larmes lui montent aux yeux alors que cœur s’arrête et s’assombri. Lentement elle sent son âme se fissurer et son corps se disloquer. Le sol devient mouvant sous ses pieds et tend à l’ensevelir tout entière. La Serpentard recule de quelques pas et s’éloigne d’elle, son regard semble presque effrayé par ce qu’elle voyait. « Mérope.. Nous deux enfin.. Tu sais bien.. Ce n’était pas sérieux, je veux dire. » « Pas sérieux ? » l’interrompt t-elle, ses pupilles sont tellement dilatés qu’on ne parvient presque plus à apercevoir la couleur de ses iris. « Tout ça n’était qu’un jeu pour toi ? Putain, je t’aime. Je t’aime depuis toujours. Je.. Ne me laisses pas » Elle sanglote à chaudes larmes, son ton est suppliant, abattu. « Pitié » Finit-elle par lâcher à voix basse et à bout d’arguments avant que la brune ne se dérobe sans rien dire et s’enfui alors dans la nuit. La laissant là, en pâture au néant et le cœur à jamais vidé.

***

Mérope ouvre les yeux. Son corps tremble si fort qu’elle a l’impression qu’elle va tomber d’un instant à l’autre. Elle vacille légèrement sur ses jambes avant de se redresser. D’un geste lent elle dépose le filament argenté au creux de la pensine et le regarde se fondre dans le liquide magique. Ses yeux ont tellement pleuré que son maquillage coule en larmes noires sur ses joues blanches. Elle ressemble à un chien battu et apeuré. Fébrile elle se recule de la pensine sans oser regarder Armand ni venir s’asseoir près de lui. Secrètement, elle redoutait le moment où ils ne deviendraient une nouvelle fois plus que des étrangers.







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J’ai appris que l’amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit. Que de grand amis peuvent devenir de parfait inconnus, et qu’au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie. Que le « jamais plus » n’arrive jamais et que « pour toujours » a une fin. ▬ Et surtout qu’avoir mal est inévitable, mais que souffrir est en option.
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Prosthetic Synthesis with Butterfly
Sealed Up with Virgin Stitch
If it Hurts, Baby, Please Tell Me
Preserve the Innocence
I Never Wanted it to End Like This

Des secondes qui s'égrainent comme des heures, le battement de ses longs cils noirs qui cajolent ses pupilles banquises semblant durer plusieurs siècle alors qu'il la sent se décomposer à ses côtés. La peur lancinante, oppressante et insidieuse qui gronde dans ses entrailles, Heathcliff l'entend presque ronronner comme un félin tapi dans les méandres de son passé rugissant. Elle s'agrippe à lui, de ses doigts fins de porcelaine, à la poigne d'acier. Il y a une force dans cette étreinte, un besoin de se raccrocher toute entière à ce seul contact qui les relie l'un à l'autre. Il fouille ses prunelles, trouvant la même angoisse sourde qui dansaient dans les siennes le jour où il lui avait tout avoué. Pour Daire. Pour Gowan. Pour ce qui faisait de lui un monstre terrible, indigne d'être aimé. Valentine lui renvoyait son reflet à cet instant, trouvant dans son visage torturée la même terreur à l'idée d'avouer ce qui se cachait de plus sombre en elle. La tendresse et la clarté opalescente de ses iris s'assombrit, perdant l'innocence et la candeur pour un charbon adamantin, presque vil. Elle change, poupée d'ivoire dans son écrin de velours, se mue en une poupée de cire figée, glaciale et morne, prisonnière d'un cachot glacé qui lui transperce les os. Elle tremble, de tout son corps, de toute sa raison qui vacille. Et il la regarde, impuissant, conscient d'être la cause de tout son tourment.

Le baiser d'une fièvre toxique, qui les fait tout deux succomber à leur propre angoisse torve, le souvenir qu'il partage, deux âmes brisées qui se réparent dans l'étreinte qu'ils s'offrent à perdre haleine. Les filaments d'argent dansent en s'unissant comme leurs langues avides se retrouvent, comme les bras immenses du professeur enveloppent le torse frêle de son élève et la presse contre son coeur. C'est elle qui prend finalement son enveloppe, la mine grave, le coeur meurtri d'une inéluctable catastrophe à laquelle elle ne croit pas pouvoir échapper. Heathcliff la regarde. Elle se lève mollement, sa baguette enfermée dans son poing aux jointures blanches. Elle lâche finalement sa paume avec la langueur du coeur qui refuse et de la raison qui impose. Elle contourne la Pensine et plonge son regard assombri aux lueurs abyssales sur le fond du bac de pierre. Une énième prière à l'ange du destin qui enlaçait le dôme de leur cathédral des aveux rédempteur de ses ailes duveteuse. Un dernier pardon que le professeur se savait imploré par la voix tremblante et subitement plus grave de son élève. Ses doigts s'agrippent au rebord de la Pensine alors que sa baguette trouve sa tempe, se posant sur le même creux palpitant qu'Heathcliff avait trouvé auparavant.

Après de longues minutes durant lesquelles il ne la lâche pas des yeux alors qu'elle a les paupières obstinément closes et qu'elle déverse plusieurs filaments argentés dans le bac, Heathcliff finit par se lever à son tour. Prenant soin d'attraper doucement Valentine par les hanches, il glisse un baiser contre sa carotide et respire un moment son parfum envoûtant. Son corps entier est secoué de sanglots et de tremblements irrépressibles. Son visage angélique est noyé sous les coulées anthracites qui dégoulinent de ses yeux de biche au regard perdu dans la souffrance et la peur. Alors qu'elle s'éloigne toujours davantage de la Pensine, comme pour mettre le plus de distance possible entre elle et le bac contenant ses pires souvenirs, Valentine plonge dans l'étreinte de marbre du géant dans son dos. Ses bras s'enroulent autour de son ventre, possessifs, pour la soutenir dans son pas vacillant, pour l'accompagner dans cette épreuve terrible, pour lui montrer qu'il ne l'abandonne pas. Lentement, il ploie le genou, glisse son avant-bras derrière ses genoux, son autre paume dans le haut de son dos, et la soulève délicatement. Précieuse poupée brisée qu'il ramenait à l'atelier où son amour réparerait les morceaux éparpillés de son âme, il la porte contre son torse large et la dépose, allongée, sur le sofa. Il invoque l'un des coussins moelleux pour le caler derrière sa nuque et trempe ses propres lèvres dans le gin avant de lui arracher un baiser au goût de l'amère rédemption de l'alcool de baies de genévrier.

Finalement, alors qu'il s'assure d'un énième regard pétri d'inquiétude, que Valentine est sauve, il se sépare de sa souffrance aliénante, de son abjecte culpabilité qui la ronge. Car il est temps qu'il se plonge dans la Pense. Qu'il découvre les souvenirs qui ont à ce point ébranlé sa douce aimée. Qu'il arpente chaque traumatisme qu'elle souhaite éradiquer de sa mémoire pour l'en délivrer au plus vite. Lentement, il contourne à son tour le bac de pierre et laisse ses immenses doigts arachnéens effleurer les mêmes rugosités que son élève. Reproduisant ses gestes comme pour mieux la comprendre, il s'approche enfin du rebord et avec un dernier regard peiné à Valentine, il se penche, se penche, se penche encore. Et tombe dans le néant.

***

Manoir des Greengrass, Liverpool – 1992

Elle était là. Comme un ange dans son cocon de plume. Ses boucles dorées ondulant dans son dos, un nœud de velours dans ses cheveux alors que ses petits paumes d'enfants se perdaient avec virtuose sur le clavier d'un vieux piano à queue baroque contre lequel il vient s'appuyé pour la regarder jouer. Elle était si petite, son corps naïf de la moindre forme, ses jambes courtes atteignant à peine les pédales de ses souliers vernis. Sa robe de satin bleu pâle tombait autour d'elle avec la grâce inhérente à son rang d'héritière aristocratique. Elle avait le maintien impeccable de ceux qui ont été souvent réprimandé pour se tenir droit, la tête haute et le menton en avant. Son air concentré, un bout de langue rose à peine glissé entre deux lèvres alors qu'elle suit la partition des yeux, lui rappelle la Valentine qu'il connait, celle assise au premier rang en cours qui s'applique sur ses réalisations pratiques avec rigueur et espièglerie mêlée. Il a un sourire tendre, se plaisant à imaginer une petite fille ainsi vêtue, avec la peau encore plus pâle, et les yeux vairons, qui se tiendrait moins droite, porterait une robe de velours noir et  une ceinture en cuir, et foncerait dans ses bras après un morceau de Wagner parfaitement exécuté, ses petites joues rosies par le plaisir et la fierté.

La mélancolie torve qui s'empare de lui est bien vite rattrapée par le grincement de la porte du souvenir qui s'ouvre sur la matriarche Greengrass. Une femme stricte, faisant largement son âge par ses traits crispés et la sévérité de son expression malgré une grande élégance et une grande beauté. Elle s'adresse à sa fille d'une voix mielleuse sans se formaliser du froncement de sourcils de l'enfant qui interrompt sa mélodie. Elle a une bouille intriguée, avec ses joues arrondies par l'enfance et elle cherche à capter la silhouette qui se dissimule derrière sa mère. Une cousine en visite. Heathcliff déglutit en contournant le piano, quittant la contemplation de sa douce Valentine et ses rêves de paternité irréels pour s'approcher davantage de la porte. Alcyone. Il hausse un sourcil. Lorsque la petite entre enfant, il reconnait ses grands yeux bleus, sa stature mince et fine, sa peau pâle et ses longs cheveux noirs. L'expression de son visage aussi. Il la reconnait parce qu'il s'agit de l'une de ses élèves à Serpentard. Alcyone Shafiq. Il est le témoin mutique de leur rencontre, deux enfants qui s'apprivoisent alors que la blonde au coeur d'or propose à la brune de s'asseoir à ses côtés au piano et de lui apprendre à jouer. Lentement, la scène se brouille, sa vue se voile et la scène autour de lui se met à trembler.

Manoir des Greengrass, Liverpool – 1996

Une chambre. Une chambre semblable à celles de tous les manoirs britanniques. Immense, haute de plafond, avec des boiseries travaillées, des tentures de brocard, de vieilles tapisseries ouvragées avec grand soin, des tapis persans, le luxe et le faste d'une aristocratique sorcière toute entière dévouée aux traditions. Des tableaux figuratifs au mur, et pourtant une ambiance plutôt chaleureuse. Il fait plusieurs pas dans la pièce, s'approchant d'un lit à baldaquin aux rideaux de velours bleuté. Sous les couvertures moelleuses et les draps de coton égyptien, une masse chaude sanglotait dans un silence seulement interrompus par ses reniflements. Heathcliff arrive à pas lents sans faire le moindre bruit, même s'il aurait pu, comme pour respecter la tristesse du souvenir. Les boucles flavescentes enfouies dans un oreiller en plume d'oie ne dévoilent que subrepticement le visage rougi baigné de larmes d'une Valentine adolescente. Ses banquises étincellent de la douceur lancinante qui poigne son coeur amoché et il n'a qu'une envie, se glisser dans son dos, l'entourer de son bras immense et la laisser se blottir contre son torse. Elle a déjà l'air d'une petite femme, avec une ébauche de poitrine, un bassin élargi et un corps qui change. Mais comme il songe à tout cela, Heathcliff n'entend pas la porte s'ouvrir et une silhouette familière pénétrer dans la pièce.

C'est elle, Alcyone. Elle qui se glisse là où il se tenait, prêt à venir l'enlacer. Elle qui s'allonge sous les couvertures et se plaque contre la blonde échevelée. Elle qui l'enlace dans ses bras et plonge son visage dans sa nuque. Elle qui décale amoureusement ses mèches blondes pour lui murmurer des promesses d'éternité. Un malaise immense s'empare d'Heathcliff lorsqu'il commence à comprendre. Il s'éloigne du lit en reculant de plusieurs pas, son corps immense se mettant à trembler à mesure qu'il contemplait impuissant le soulagement de la jeune Valentine, et le réconfort que lui apportait l'étreinte de sa cousine brune. Il voyait sur son visage ce même sourire d'abandon, cette même confiance. Ce même amour que lorsque qu'elle le regardait lui. Il ferme brusquement les paupières alors que déjà, la chambre se tord et se déforme pour laisser place à un nouveau souvenir.

Ecole de Sorcellerie Poudlard – 1997

Heathcliff sent ses pieds toucher à nouveau terre. Sa tête tourne et dans son ventre commence à croître une angoisse lascive, de celle qu'il ressent quand tout va subitement devenir chaotique. Il est à Poudlard, devant une salle de classe du cinquième étage. Une salle de classe qu'il connait très bien puisqu'il s'agit de la sienne. Avant qu'il ne soit décidé d'enseigner l'alchimie à l'école, elle était inutilisée. Quand il était élève lui-même, il s'agissait d'une pièce désaffectée dans laquelle les couples venaient souvent pour s'isoler un peu. Il prend une grande inspiration en ouvrant la porte, là encore en toute discrétion bien que cela soit parfaitement inutile. Il reconnait Valentine. Elle ressemble vraiment à la Valentine qu'il connait, un peu plus jeune, un peu moins formée mais beaucoup plus ... aventureuse ? Il y avait une timidité dans son regard actuel qu'elle n'avait pas dans ce souvenir. Une réserve qui disparaissait complètement dans ce qu'il voyait au profit d'une désinhibition qui lui était étrangère. Le sentiment désagréable dans ses entrailles ne fait que grandir. Il s'approche encore, ne voyant que Valentine alors qu'elle n'est manifestement pas seule. Il capte son regard. Ce regard qui lui rappelait le sien dans un miroir. Ce regard plein de lubricité et de vice. Ce regard de désir fou qui ne demandait qu'à être satisfait. Ce regard dévorant quand il détaille la chair blanche et plantureuse qu'il voudrait posséder.

Lentement, il se retourne pour contempler le corps élancé et svelte d'une brune au charme bien plus affirmé que la blonde encore enfantine. Elle a davantage l'air d'une femme. Alcyone Shafiq. Valentine pose sur elle ses banquises obscurcies d'un désir qu'il ne lui a jamais vu. Même dans la moiteur de leurs draps de soie, même dans l'intimité de leurs caresses. Non, il ne lui a jamais vu cet éclat presque salace, ce besoin avide et violent quand elle pose ses prunelles sur les seins de sa cousine, sur ses cuisses que sa jupe d'uniforme dévoile trop. Un vertige s'empare d'Heathcliff car il ne peut se résoudre à bouger, comme emmuré vivant devant la scène. Il fait face à la Valentine carnassière à l'appétit sexuel palpable, au désir qui marque chaque trait de son visage qui a perdu sa candeur. Il ne veut pas se retourner, il ne veut pas voir ce qu'elle voit. Il reste là, impuissant spectateur de la passion vibrante qui prend possession de celle qu'il aimait, la faisant succomber à une tentation à laquelle elle s'absout sans la moindre crainte. Elle reste immobile aussi, succombant davantage chaque minute à la danse lascive de sa cousine qui tourne autour d'elle jusqu'à se plaquer dans son dos pour lui susurrer à l'oreille des paroles aguichantes qu'Heathcliff aurait préféré ne pas entendre. N’était-ce pas ce que tu voulais.. ?.

Murmure lubrique qui veut dire beaucoup plus pour le professeur qui découvre avec effroi l'instant où Valentine vrille devant ses yeux. Les banquises charbonneuses se meurent dans un sourire torve alors qu'une brutalité qu'il ne lui connait pas s'empare de son corps. Il y a la violence d'un désir trop longtemps retenu, d'une frustration accumulée qui se décharge d'un coup. Elle emprisonne le corps de sa brune contre le pan du mur où se trouve à présent son armoire personnelle avec son propre nécessaire d'alchimiste et ses plus précieux grimoires. Le même grimoire par lequel tout avait commencé et à cause duquel il se retrouvait là, à contempler la furie dévastatrice avec laquelle sa précieuse poupée de porcelaine se jetait sur sa cousine pour lui dévorer la bouche en grognant. Ses propres souvenirs lui viennent comme des flashs. La Valentine adolescente se plaque de tout son corps sur sa proie, capturant ses poignets au dessus de sa tête alors que dans l'esprit du professeur, Heathcliff se revoit surplombant de toute sa stature la blonde nue contre le matelas de son lit, lui maintenant les bras de sa poigne ferme et dominatrice. La Valentine adolescente abandonne les lèvres meurtries de sa cousine pour mordre furieusement sa gorge, Heathcliff revoit leurs corps fiévreusement enlacés dans la baignoire de marbre, le corps de son élève enroulé autour du sien alors que ses crocs venaient torturés la chair pâle de sa nuque. Alcyone arbore une marque pourpre possessive, du même côté que celle que Valentine possède encore aujourd'hui.

La nausée commence à s'emparer de son corps, ses jambes immenses flageolent alors qu'il se sent devenir fébrile. Il veut fermer les yeux, ne pas voir la suite, mais il le doit. Il lui en a fait la promesse. "Quoique tu me montres, quoique nous découvrions. N'aies crainte, je ne t'abandonnerais pas. Je te l'ai promis. Jamais". Ses paroles rassurantes l’écœurent presque quand il les entend revenir dans son crâne comme une litanie mortifère jouée au piano. Alors il se re-concentre sur la scène, oubliant l'angoisse fourbe et la sensation décuplée de minutes en minutes d'avoir été berné, de n'avoir été qu'un pion sur un échiquier dont elle est la reine. La Valentine adolescente, prise de frénésie laisse sa bouche glisser partout sur le corps de sa cousine, agrippant finalement une cuisse fuselée avec ses ongles pour la remonter contre elle. Heathcliff voit la première fois qu'il l'a enlacé ainsi, son corps nu sur lequel elle n'osait poser le regard, son uniforme qui les séparaient encore, sa peau mouillée quand il avait glissé ses paumes sous ses cuisses pour la prendre contre lui. La douleur dans son ventre devient lancinante, dévorante. Insupportable. Il commence à se sentir partir, se focaliser sur la scène devant ses yeux est proprement insoutenable. Il voit la Valentine adolescente glisser ses mains entre les cuisses de sa cousine, il entend les gémissements faussement pudiques de la brune. Il n'y a pas de peur dans ses gestes, pas d'appréhension. Comme si elle savait parfaitement ce qu'elle faisait et dans quel but.

Il déglutit, ses bras marqués de stries rouges à mesure qu'il gratte furieusement la chair tatouée, comme pour faire disparaître le sentiment d'être sale, d'être souillé au creux de ses veines. La Valentine adolescente pose son front contre sa cousine, joue de son regard fauve en glissant lentement à genoux devant. Ses jambes s'entrouvrent, ses cuisses s'offrent à un désir coupable et incestueux qui renverse Heathcliff de l'intérieur. Comme ce soir là, dans son lit, comme ce soir là où il avait voulu l'aimer mais qu'elle n'avait pas pu. Comme ce soir là où il pensait lui offrir sa première caresse. Sa première extase. Tout semble à présent faux, vide, creux et sans âme, sans substance, sans rien. Le néant dans le coeur du professeur fait écho aux gémissements fiévreux d'Alcyone qui presse Valentine à se perdre en elle encore et encore. Avec avidité, Valentine, sa petite poupée de porcelaine, si belle et si pure, son ange de douceur si chaste et si douce, glisse avidement sa langue au plus profond des entrailles de son propre sang pour lui arracher un orgasme puissant.

Ecole de Sorcellerie Poudlard – 1997

Il n'a pas senti le sol trembler sous ses pas et la scène mourir sous ses yeux. Il est trop anéanti, trop plongé dans l'amer tristesse qui l'assaille comme une déferlante acide et corrosive, pour réaliser qu'un nouveau souvenir se formait. Il reconnait le parc du château, un arbre au bord du lac. Et les deux silhouettes presque familière de celle qu'il aimait tant, devenue une étrangère dans ses prunelles asymétriques et vides. Il s'approche pour comprendre les bribes d'une conversation dont il n'a même pas envie de connaître la teneur. Ce qu'il entend lui assène le coup de grâce. Yassen Yordanov. Sa Valentine ne lui a pas caché être fiancée, dès leur première conversation profonde dans la forêt interdite, mais elle n'avait nullement mentionné le nom de son promis. Yassen Yordanov. Le couperet de la guillotine tombe net et tranche dans le vide le reste d'espoir qui existait dans le coeur du professeur. Un garçon jeune, beau, rebelle, couvert de tatouage, un monstre auto-destructeur à la sombre réputation. Tout ce qu'il avait été à son âge. Tout ce qu'il n'était plus en ayant vieilli. Il déglutit une salive de feu, la boule nouant sa gorge menaçant de l'asphyxier. Le reste n'est qu'un marasme sans queue ni tête qu'Heathcliff suit à peine, comme si tout était devenu brusquement terriblement lointain et irréel. Alcyone qui se dérobait à l'étreinte des paumes de Valentine, prétextant que ce mariage était logique, qu'il devait se produire et mettre fin à elles.

Un ange passe dans le regard de la blonde mais Heathcliff ne ressent plus le besoin de s'approcher d'elle pour la consoler. Non. Il la regarde presque froidement, de loin, quand elle comprend comme il le devine en même temps qu'elle, que sa cousine cherche simplement à rompre. Les mots d'Alcyone sont tranchants, sans bavure et la coupure est nette dans le coeur de Valentine. "Mérope.. Nous deux enfin.. Tu sais bien.. Ce n’était pas sérieux, je veux dire." Le mal est fait, la vérité éclate comme la brune qui s'échappe de la prise de la blonde qu'il sent se fissurer. L'expression de son visage foudroyé par le chagrin redevient tristement familière à Heathcliff qui sent son amour se tordre dans son ventre et son myocarde s'emballer. Il ressent sa détresse, il perçoit toute sa souffrance. Elle est brisée. Son sourire fond sur son visage, ses banquises se vident de leur éclat. Le professeur retrouve dans l'expression qu'elle adopte à cet instant, la femme qu'il aimait, la femme qui avait fait chaviré son coeur, la femme qu'il voulait faire sienne, qu'il voulait protéger contre vents et marées. Pour la première fois depuis qu'il avait basculé dans l'Enfer de la Pensine, il la reconnaissait.

"Tout ça n’était qu’un jeu pour toi ? Putain, je t’aime. Je t’aime depuis toujours. Je.. Ne me laisses pas ... Pitié." Les larmes coulent sur son visage, torture pour l'âme du professeur qui cède cette fois à l'impulsion stupide qui ne sert à rien mais qui pourtant s'impose en lui comme une évidence. Alors que la brune s'éloigne sans le moindre remord, Heathcliff s'approche. Il rejoint sa poupée de porcelaine, sa frêle petite hirondelle. Il s'assoit à ses côtés. Et enlace son corps frêle et brisé, et pose son front contre le sien baigné de larmes. Même si elle n'est qu'un souvenir. Même si elle est immatérielle. "Moi je t'aime, Valentine. Et moi je ne te laisserais jamais."

***

Il se sent happé par l'abdomen, extorqué de force du dernier souvenir où il abandonne la Valentine anéantie à son amère souffrance. Il reparaît à nouveau dans la cathédral de leurs tourments. Son pas vacille un instant alors qu'il reprend l'équilibre. Il se sent brisé lui aussi, que chaque parcelle de son âme se fissurant quand les souvenirs qu'il vient de voir lui revienne en mémoire avec violence. Mais il le cache. Il le cache parce que son amour est plus fort que sa déception. Il le dissimule au fond de lui car la femme qu'il voit sur le sofa, pétrie de sa honte et de sa culpabilité, n'a plus rien de la furie lubrique qu'il a méprisé quelques minutes. Et parce qu'il lui a promis. Il lui a promis qu'il ne l'abandonnerait pas. Lentement, son pas souple le porte jusqu'au canapé. Il soulève précautionneusement les chevilles de sa belle et s'assoit en laissant ses jambes recouvrir ses genoux. Dans un silence lourd qu'il ne se sent pas de briser pour le moment, il caresse d'un geste doux et délicat les mollets blanc recouvert de résille. Puis adroitement sans cesser son câlin, il délasse les chaussures montantes, parvient à desserrer le cuir saillant les chevilles et à les faire glisser le long de ses petits pieds égyptiens. Il laisse les chaussures choir par terre et entreprend de masser profondément la plante de ses pieds. Ses pouces remontent le long de la courbe de sa voûte plantaire, plusieurs fois, de plus en plus fort.

Sa respiration se cale finalement sur celle de Valentine qu'il espère s'apaiser un peu. Sa voix vibre d'une émotion qu'il ne cherche pas à dissimuler quand il finit par interrompre cet instant suspendu. Pourtant il n'arrête pas le jeu de ses mains contre ses pieds. Son timbre se brise néanmoins, légèrement, imperceptiblement. Parce que même s'il ne veut pas le montrer, il se sent incomparablement blessé au creux de lui.

"Je comprends. Je ne sais pas quoi te dire d'autre. Mais je comprends pourquoi tu veux oublier tout cela."
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Mérope V. Greengrass
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« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »

Son corps ne lui appartient plus. Il n’est plus qu’une coquille creuse, un calice renversé et donc le liquide coule à la manière du sang de ses plaies béantes et se déverse sur le sol froid. Elle agonise doucement dans le silence sépulcral de la nef tantôt berceau de leurs vœux d’éternité, tantôt mausolée de ses noces funèbres. Elle a l’impression que son cœur a cessé de battre, que cette épreuve de plus a eu raison de la dernière étincelle qui la maintenait en vie. Elle ne ressent rien. Ni peur, ni douleur, ni tristesse. Elle est vide. Elle respire à peine, comme si mêmes ses fonctions vitales s’éteignaient elle aussi. Telle la bougie, privée d’oxygène elle vacille, son intensité faiblissant à chaque expiration fatiguée et inexorablement, se meurt, engloutie par le néant.

Elle ferme les yeux comme pour s’épargner le spectacle de sa propre agonie, comme lorsqu’on se cache les yeux pour ne pas affronter la réalité de Juliette, fendant sa chair opaline d’un poignard enfoncé au creux de son cœur brisé. Elle est lâche, elle fuit. Maintenant qu’elle n’a plus aucune barricade ou s’accrocher, qu’elles sont toutes définitivement tombée dans cette ultime bataille, que lui reste t-il à présent ?  Alors elle ploie, les genoux à terre et les deux prunelles translucides levées vers le ciel, prête pour la première fois à épouser en silence la sentence qu’on voudra bien lui conférer.

Elle n’arrive même plus à pleurer tant ses larmes sont fatiguées, usées d’avoir trop coulé pour noyer un chagrin insubmersible. Ses membres se fond lourds, si lourds qu’elle le parvient plus à les soulever de sa frêle stature dont les forces ont fui. Elle avance péniblement, le pas trainant dans un tunnel sombre ou se profile à l’horizon une lumière qui l’attend et qui l’appelle. Elle porte l’immaculée de la perfection innocente pourtant, dans sa perversion cachée elle recule d’un pas chaque fois que la Serdaigle tend la main pour l’atteindre, à l’image de sa propre vie.

Il était la lumière. Une énième tentative de pardon pour absoudre ses erreurs passées. Il était son pardon, sa rédemption, sa chance d’accepter cette dernière main tendue par le destin, la saisir et enfin se relever après tant d’années passés à genoux, âme solitaire errante dans le couloir de la mort et cherchant désespérément sa libération. Une fois encore elle a l’impression d’avoir craché sur cette ultime main tendue, craché à la face de ses propres espoirs, brisé ses maigres chances d’être un jour guérie du mal qui la ronge et la détruit chaque jour un peu plus.

Ses perceptions sont prises dans le néant. Elle n’entend plus, voit à peine à travers un philtre flouté par ces larmes brulantes qui stagnent au bord de ses pupilles creuses. Elle ne perçoit plus ce qui se passe autour d’elle, hébété elle regarde sans voir, elle pense sans comprendre. Elle se referme tel et étau aux bords acérés et se blesse dans ses propres tentatives de repli. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle est là, pantin mal articulé à qui on a coupé les dernières ficelles. Soudain elle a l’impression que ses pieds s’élèvent du sol comme par une force divine et douceâtre qui l’entoure à la manière d’un linceul. Elle décolle du sol à la manière d’une plume et se laisse emporter, laissant ses membres pendre mollement en dehors du linceul.

Un instant c’est le noir complet. Puis la seconde d’après son point de vu a changé. Comme si elle voyait la scène du dessus, son âme désincarnée ayant quitté l’amas de chair meurtrie qui constitue son cadavre. Il l’a dépose avec légèreté, le visage pétri d’inquiétude au creux du canapé ou son corps sans maintien s’enfonce entre les coussins moelleux. Il ressemble à l’Ange de la Mort, prenant soin une dernière fois de ce corps qu’il a jadis tant aimé et dont les restes inanimés lui rappellent à quel point ils auraient pu être heureux ensemble. Si elle n'avait pas tout sali.  

Elle jette à instant un regard à ce qui reste d’elle. Son corps ainsi étendu, ses boucles blondes encadrant son visage pâle dont les yeux clos aux nuées charbonneuses ont coulés le long de ses joues, ses deux mains sagement posées sur son abdomen à la respiration éteinte. Elle semble presque paisible malgré ses allures d’ingénue dont la vie à peine commencée, termine fauchée par un destin trop sévère pour son cœur amputé. Elle reste un moment à regarder la scène, à l’observer lui, son immense stature décomposée par le désarroi et l’inquiétude de la voir ainsi dépérir.  Ses deux prunelles bicolores débordent de la tendresse qu’il a encore pour elle a l’aube de découvrir ce qu’il y a encore quelques instants elle était prête à tout pour oublier. Il se penche sur elle doucement et dépose un dernier baiser sur ses pétales froids dont le nacre à dégorgé puis s’éloigne en direction de la coupe infernale. A l’instant ou leurs lèvres se frôlent un courant d’air traverse la pièce, venant ébranler la danse des flammes flottant religieusement autour d’eux, en éteignant plusieurs sur son passage.

L’obscurité gagné légèrement la pièce, il lui tourne le dos alors que l’air insufflé dans ses poumons asséchés refait battre son cœur ankylosé. Elle ressent des fourmillements dans les bras, dans les jambes et ses poings se dé-serrent imperceptiblement. Son âme désincarnée s’agite, elle voudrait se réveiller et lui hurler de ne pas s’approcher de la Pensine, elle voudrait l’implorer de ne pas faire ça, d’oublier tout ce qu’il lui avait promis mais elle est impuissante et elle reste condamnée à le regarder contourner le calice malfaisant, le tâtonner, s’en imprégner avant de finalement plonger la face la première dans ses abominables aveux.

La pièce semble trembler alors que l’âme reprend brutalement possession de son hôte. Elle ouvre les yeux mais il est trop tard pour le rattraper, trop tôt pour lui expliquer. Alors pendant son absence elle reste silencieuse et immobile, fixant la Pensine d’un air abattu. Les minutes qui défilent lui paraissent des heures et chacune d’elles lui arrachent de douloureux spasmes au ceux du ventre. Elle a hâte qu’il revienne autant qu’elle redoute sa réaction dont elle suppose l’issue dramatique.

Subitement il revient et se redresse en silence. Elle lève un regard hésitant vers lui alors qu’il regagne en silence sa direction. Son visage ne transparait presque rien, comme si lui aussi avait vu ses émotions aspirées par l’horreur de ce qu’il venait de vivre à travers sa mémoire. Il s’assied au bout du canapé dans un silence douloureux. Elle reste le regard fixe dans le vague de la pièce alors qu’elle sent ses grandes paumes entourer son mollet et le masser avec application, délassant ses chaussures pour poursuivre sa caresse sur la plante de son minuscule pied. Hors circonstance cette attention l’aurait fait doucement sourire mais à présent toutes les saveurs lui semblaient tentées d’amertume ainsi elle ne dit rien sans pour autant de repousser.

Il laisse le silence insoutenable les piquer longuement avant de le briser, aussi fébrilement que le timbre de sa voix alors qu’elle comprend combien ce mutisme n’est que de la retenue. Elle inspire sans bouger, sans même le regarde. Puis elle déglutit longuement les lèvres pincées. « Ma famille est une des plus anciennes familles de sorciers de Sang-Purs qui existe. Durant des générations mes ancêtres se sont battus pour préserver la pureté de notre sang. » Elle soupire. « Au prix de mœurs très.. conservatrices. » Elle s’arrête un moment, ravalant honteusement sa salive. « Je sais que ce ne sont pas des.. habitudes si étrangères aux autres familles mais.. Cette quête du sang parfait les a conduits à la folie et à l’excès. A terme, plus aucun sang, même pur, venant d’une famille étrangère n’était assez « propre » pour certains d’entre eux. »  Ses yeux traversent la pièce et se portent sur chaque détail comme cherchant à s’accrocher à n’importe quel élément auquel elle pourrait se soutenir pour poursuivre son récit. « Je n’ai jamais connu mon père. Mais je pense qu’il a été évincé parce que je ne suis pas née d’une de ces unions. »  

Son cœur se serre. « Je n’ai jamais voulu tout ça je.. C’est comme si malgré tout c’était inscrit quelque part en moi.. » Elle se redresse doucement, la tête baissée sur ses paumes blessée tant elle a serré les poings, entaillant sa peau de ses propres ongles. Elle regarde un instant le serum pourpre sortir des petites encoches en demi-lune. « Le sang appel le sang. Et je le détestait à mesure qu’il m’obligeait à la désirer.. Comme une malédiction qui se répète inlassablement et dont on ne pas éviter l’issu » Pour la première fois elle lève avec hésitation son regard détruit vers le sien « Je ne te demande pas de comprendre.. Ni même d’accepter. » Elle ravale quelques larmes qui tentent de sortir malgré elle « Mais si tu te sentais un jour la force de me pardonner.. De pardonner tout ce que je n’ai pas su te dire.. » Sa voix s’enraille et elle finit par se taire sans achever sa phrase. Une nouvelle fois prise d’assaut par l’émotion.







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J’ai appris que l’amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit. Que de grand amis peuvent devenir de parfait inconnus, et qu’au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie. Que le « jamais plus » n’arrive jamais et que « pour toujours » a une fin. ▬ Et surtout qu’avoir mal est inévitable, mais que souffrir est en option.
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Prosthetic Synthesis with Butterfly
Sealed Up with Virgin Stitch
If it Hurts, Baby, Please Tell Me
Preserve the Innocence
I Never Wanted it to End Like This

Sa voix est vide. Vide comme l’expression toute entière de son visage aux stigmates de khôl sombre maculant des joues d’une pâleur d’ivoire. Et elle fuit son regard. Elle vibre de cette culpabilité qui creuse ses entrailles et lutte, lutte contre le silence qu’il n’a osé rompre que d’une phrase aussi banale que désincarnée. Des mots mis bout à bout les uns des autres sans qu’ils n’aient quoi que ce soit à dire, à signifier. Heathcliff accordait à l’art de discourir une attention presque religieuse, un respect sépulcral que seul l’alcool en abondante quantité parvenait à lui faire momentanément oublier. C’est pourquoi il ne supporta pas la vacuité terrifiante de cette phrase et tout ce qu’elle laissait sous-entendre. Alors incapable de parler, il écoute. Son élève tremble d’une angoisse dévastatrice et vile dont elle cherche à se défaire. Des excuses à demi-mots, des remords qui n’en sont point car l’alchimiste a la certitude que si Alcyone avait répondu à ses sentiments, la douce blonde qu’il tenait au creux de ses larges paumes, ne serait qu’une chimère évanescente dans son vieil esprit esseulé. Elle se débat avec cette honte qui l’étrangle, cherche dans son éducation aux principes malsains un plaidoyer digne à pardonner sa conduite. Mais Heathcliff n’a rien du serviteur de Maat à la pesée des âmes. Nul jugement ne viendrait de sa gorge sèche, nulle sentence non plus. Il écoute la confession de son élève qui fouille la pièce que son esprit a façonné du regard, accrochant ses banquises subitement si fades à chaque détail qui l’émerveillait encore quelques minutes auparavant.

Avant le drame. Le chaos destructeur qui les avait enlacé tous deux dans son tourbillon d’amertume et de peine pour les y perdre. Âmes sœurs séparées dans un labyrinthe aux mille embuches, obscure galerie des glaces où les reflets kaléidoscopiques de leurs corps de pécheurs, les enfonçaient plus encore dans la tourmente. Sans se croiser. Sans apercevoir d’autres images torves dans les miroirs que celui de la honte qu’ils ressentaient, mais pas pour les mêmes raisons. A mesure que Valentine se noie dans la fange de son inceste servile, Heathcliff revoit la lueur lubrique de son regard quand elle embrassait sa cousine. Plus elle défend la pression insoutenable que sa famille vouait à la perfection du sang, plus il entend résonner dans son crâne sa voix aiguë dévoilant l’identité de son futur époux. Ses ongles se plantent dans la chair de ses paumes aux poings serrés avec cette hargne qu’elle ressent envers elle-même, se morigénant pour sa faiblesse, et ses doigts malaxent ses plantes de pied avec une application régulière dans laquelle il recherchait davantage à s’apaiser lui-même que son aimée. Il comprend à mesure qu’elle s’écorche les lèvres à briser son tabou, qu’elle ne comprendra pas son propre tourment. Il est le seul détenteur de cette vérité, intrus dans une bataille vermeille à la poursuite d’une pureté du sang perdue, le seul à savoir. Et pourtant, il n’en a cure. Surement sa propre histoire est-elle la raison d’une telle acceptation. Mais ce qui meurtrissait son cœur et le rendait mutique, incapable d’avouer son désarroi, n’avait ni à voir avec le lien qui l’unissait à Alcyone, ni avec le fait qu’elle soit une femme. Tout ce pourquoi Valentine s’excusait, n’avait en réalité rien de commun avec ce qui venait de détruire son professeur.

Alors il hoche paisiblement la tête. Il ne cherche pas son regard. Pas tant qu’elle a encore besoin de se justifier. Pas tant qu’elle ne laisse pas ce silence qui devient de plus en plus vital et nécessaire à l’alchimiste, revenir et s’instaurer. Le temps qu’il puisse penser. Qu’il puisse réfléchir. Car s’il lui a promis de l’aider, la magie frémissant encore dans son bras gauche couvert des stries de grattage frénétique qui s’étaient emparées de lui dans le souvenir, il lui a également promis de ne plus jamais lui dissimuler quoi que ce soit. Et si son amour est aussi sincère, aussi entier et aussi brute qu’il le lui clame, alors il lui doit la même vérité crue et nue. Des larmes acides refusent de couler de ses joues quand les banquises réclament pour la première fois de croiser les prunelles vaironnes. Lentement, les pouces d’Heathcliff achèvent leur tortueuse affaire et il se tourne pour lui faire face. D’un geste d’une extrême tendresse et pourtant terriblement malsain, il laisse glisser ses pieds au sol. Elle n’a pas la force de se tenir, à peine redressée sur ses coudes, pas la force de se battre. Alors il s’empare de ce rôle qu’il est encore le seul à tenir, de cette place unique et indispensable que ni son ex-petite amie ni son futur époux, n’est venu lui disputer à cet instant. Ses paumes se faufilent dans son dos et cueillent ses omoplates alors qu’il se penche sur elle. Avec la légèreté d’une plume, il la soulève et la guide, l’obligeant à écarter les cuisses pour épouser son bassin. Le dos courbé du même défaut imperceptible de posture que la frêle enfant pianiste. Le regard aussi baigné de larmes que l’adolescente au creux de son lit de coton. Le corps aussi souple et malléable entre ses bras que la furie amoureuse et dévorante qui se jetait sur sa cousine.

Valentine était tout à la fois les trois jeunes filles qu’il avait découvertes dans la Pensine. Celle qu’il tenait à califourchon sur ses cuisses, le tissu de sa robe noir et ses résilles rejoignant le tartan de son kilt plissé, n’aurait existé sans avoir été tour à tour Alice devant son piano, Alice courant après le lapin blanc, Alice poursuivie par la Reine de Cœur. Mais point de tête tranchée, car elle s’était extirpé de son songe mortifère, avait survécu à un pays qui n’avait rien de merveilleux. Il n’y avait rien à pardonner, car si elle n’était pas tombé dans ce trou sombre et inquiétant à la poursuite de ses chimères, eux n’existerait pas. La sagesse de sa réflexion est emportée un instant par la profondeur du regard qu’il pose sur elle. Lâchant enfin son dos, il attrape ses paumes tâchées de sang entre ses longs doigts arachnéens et y passe doucement sa langue. Les plaies pourprines meurent au contact de ses lèvres humides, piquent surement mais s’apaisent ensuite. Il fait disparaître le nectar ferreux comme il voudrait laper les tourments de son âme pour les guérir. Puis il glisse sa paume derrière sa nuque, caressant un moment les boucles blondes avant de lui décrocher un sourire complice. Son autre bras s’enroule, possessif, autour de sa hanche et il la presse contre lui pour un baiser qu’il ne lui laissera pas refuser. Il en a besoin en cet instant. Son souffle reprend, son cœur repart quand il reconnait le goût de sa bouche, la texture velouté de ses lèvres au parfum salé des larmes qui ont séchées. Il oublie alors le sentiment vil face à ce qu’il a découvert. Il chérit ce moment où elle lui appartient encore comme s’il pressentait qu’un jour viendrait le temps où il serait celui qu’elle abandonnerait au pied d’un arbre. Au bord du lac.

Je n’ai rien à te pardonner. Rien de tout ce que tu viens de confier en tout cas.

Les mots lui reviennent parce qu’il la tient toute proche, parce que l’écho de son myocarde contre son torse lui redonne des forces. Parce que cette proximité qu’il a eu si peur de voir s’évanouir dans le néant, perdurait dans toute son intensité, toute sa profondeur. Parce qu’il l’aimait, en cet instant sans doute plus que jamais auparavant.

Mes parents sont cousins. Et s’ils se sont aimés, ce ne fut qu’un heureux hasard car ils étaient promis l’un à l’autre, peu importe ce qu’ils en auraient pensé. Je connais les coutumes, je les ai subis à mon tour. Tu n’as pas à t’en vouloir d’avoir aimée. On ne devrait jamais s’en vouloir d’avoir aimée. Peu importe qui. Peu importe comment. Regarde nous …

C’était une vérité encore plus absolue et encore plus saisissante qu’elle venait seulement d’être ainsi formulée. Comme si la verbaliser lui donnait davantage d’ampleur, de consistance. De poids aussi.

Je suis ton professeur, je suis ton aîné de près de trente ans, je suis ton opposé parfait. Mon sang est aussi souillé par l’inceste que le tien, par la malfaisance de la magie noire du Seigneur des Ténèbres. Mon corps a traversé les mêmes errances à chercher à apprivoiser l’autre sexe. Tu pourrais être ma fille. Tu devrais épouser un autre. Et pourtant, je t’aime. Où est la logique ? Où est la normalité ? Où est le bon sens dans ce que nous vivons ? Ne les cherche pas, il n’y en a pas. Il n’y a que ce que nous ressentons, là. Au plus profond.

Sa paume quitte sa nuque pour glisser le long de son épaule, de sa clavicule, et empaumer délicatement son sein derrière lequel bat furieusement son cœur. Son sourire devient triste. Car malgré ce qu’il dit, malgré ce qu’il ressent, il veut être pleinement honnête. Sa voix rauque tremble à son tour. Et un renflement conséquent sous son kilt appuie la frustration qui feule dans sa gorge.

Ce qui me déçoit, Valentine. C’est que tu m’aies menti. C’est que tu m’aies affirmé en me regardant dans les yeux n’avoir jamais connu l’amour charnel, n’avoir jamais offert ton corps à quiconque. C’est la seule chose, que j’ai à te pardonner. Et la seule pour laquelle, je te pardonne …

Avec une possessivité presque maladive, il l’agrippe alors sans la moindre douceur et la plaque contre lui pour qu’elle sente au creux de ses cuisses, au fond de sa poitrine, et dans chaque cellule de son corps, qu’il était absolument sincère avec elle. Et qu’elle ne lui échapperait pas très longtemps. Son sourire redevient carnassier. Non, il s’en faisait la promesse : s’il devait un jour la céder au Yordanov, elle ne lui arriverait ni chaste, ni pure. Elle arborerait partout la marque de l’amour véritable et viscéral qu’il lui portait. Elle lui appartiendrait.
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Mérope V. Greengrass
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« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »


Le temps s'arrête. Il se suspend comme pour lui faire savourer jusqu'à la dernière goutte du nectar empoisonné suintant de ses propres désillusions. Soudain elle se rend compte à quel points les silences sont lourds et les minutes interminables. Chaque instant lui semble plus douloureux que le précédent comme rajoutant toujours un peu plus de sel sur les plaies de son cœur scarifié.

Pourtant elle ne prononce plus un mot ni même un son, ses larmes on définitivement séché tant elles sont épuisée d'avoir trop coulé de ses deux prunelles inhabitées. Sa tête la fait souffrir, affreusement souffrir comme si on tambourinait frénétiquement contre son front et ses tempes. Plusieurs fois elle a l'impression que sa boite crânienne va se fendre en deux tant la douleur est puissante, dévastatrice. Au loin elle sent une partie d'elle qui voudrait hurler cette douleur, s’agripper les cheveux et tomber à genoux, se recroqueviller au sol pour pleurer sa souffrance. Mais elle ne bouge pas, elle reste immobile malgré les supplications de son esprit comme si ses connexions nerveuses étaient rompues, détruites comme tout le reste de ce qu'elle était, un jeune papillon enfermé dans un scaphandre, une âme piégée dans un corps mort.

Elle se sent comme une détenue aux abords de son procès. Prisonnière sur le banc des accusés ou elle n'est malheureusement pas seule à être jugée. A sa droite la petite Mérope dans sa robe satinée, baisse des yeux honteux vers le sol, elle ressemble à une enfant qu'on vient de gronder trop fort pour son petit cœur d'enfant. Son visage se noie dans l'océan de boucles dorées qui l'entourent et recouvrent ses frêles épaules, tombant en cascade dans ce dos qu'elle maintient raisonnablement droit. Elle reste un moment à observer celle qu'elle avait été jadis, petite perle de lumière fragile et douce, unique joyaux de famille promis à un avenir radieux et prospère. Avenir qu'elle ne touchera jamais. Un instant la petite relève timidement la tête et croise le regard de son aînée. Leurs ressemblances se mêlent et se fondent à la manière d'un miroir dans lequel se reflète pour toutes les deux ces traits enchanteurs, ce nacre rosé aux lèvres à peine plus pâle chez la petite. Pourtant elle porte dans le bleu de ses deux banquises innocentes un éclat illuminé, un pétillement extravagant qui n'existe plus chez l’aînée. Elles échangent un regard bref mais signifiant, étincelant les yeux de la petite semblaient lui murmurer doucement« Relèves toi, fais le pour toi, pour nous. » sa petite main frêle se joint à celle de son aînée et doucement son visage semble s'illuminer.

«Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour lui.» Ce n'est pas la petite qui a parlé, cette voix c'est toujours la sienne mais elle a perdu de sa douceur au profit d'une assurance, d'une insolence à peine cachée qui traverse la pièce à la manière d'un claquement de fouet sur l'échine de l’aînée. Elle tourne la tête vers la Mérope adolescente, avachie nonchalamment sur le banc à sa gauche. Ses boucles en bataille effleurent ses reins, ses grands yeux bleus cernés de noir, son air assurément espiègle. Elle ne la regarde pas, son regard brille du même désir qui l'a jadis consumée, ses lèvres se pincent et elle vibre de cette passion qui l'animait, la rendait vivante et forte autrefois. L’aînée l'observe longuement, presque timidement. Elle ne se reconnaît pas dans cet autre dont le seul point commun lui semble être l'apparence physique. Cette fille là, elle fonce pour vivre à fond, sans craintes, sans barrières tandis que l’aînée, elle, se bat pour survivre, hésites à la moindre difficultés, craint l'obstacle, recule même parfois. Elle n'est plus que l'ombre de ce qu'elle a été, laissant pour seul consolation à l'aînée que les souvenirs d'un âge d'or révolu.

Mérope détache son regard de son double dévergondé et le lève droit devant elle avec une certaine appréhension. Il se tient droit, sa stature immense, ses deux prunelles bicolores cachant à peine le désarrois de son âme torturée. Le cœur de la Serdaigle s'emballe en le voyant et elle se lève d'un bon, tente d'avancer vers lui. Sa main se heurte alors à une sorte de vitre qui se dresse devant les trois clones, barrière translucide entre lui et ces trois facettes de cette même femme, qu'il aime et dont la trahison brûle à la manière d'un fer rouge sur son cœur décharné. Elle s'approche de la vitre sans le quitter du regard effleurant la surface lisse et froide de la main. Il est là tout près et pourtant il lui parait si loin. Il n'avance pas, elle ne sait même pas si il la voit. Elle a peur, elle voudrait hurler son prénom, lui dire à quel point elle est désolée à quel point elle aurait aimé n'aimer que lui, de toute son âme, de toutes ses forces. La colère et la honte montent en elle et les larmes jaillissent à nouveau le long de son visage alors qu'elle frappe la vitre de toutes ses forces. Les dents serrés elle cogne et s'épuise contre la surface qui ne cède pas, comme contre ses propres remords elle est impuissante, faible, vaincue. Un sanglot désespéré la submerge et à bout de force elle se laisse glisser au sol, les genoux recroquevillés contre sa poitrine et la tête posée contre la vitre. Elle ferme les yeux, pleurant en silence.

Alors que tout semble désespéré il prend alors la parole. La Serdaigle inspire, elle s'attend à l'entendre faire le plaidoyer de tout ce qu'il devrait lui reprocher, de toutes les fautes qu'elle a commise et qui aujourd'hui se retournent contre elle. Elle s'attend à recevoir sa colère, à le voir cracher sa déception, à supporter sa tristesse peut être. Elle reste silencieuse lorsqu'il parle. Son ton est presque calme, quoi que tremblant à certains moments. Elle a l'impression de ne pas comprendre ses mots ou plutôt de comprendre ce qu'elle voudrait bien l'entendre dire, une version ou il n'a que faire de l'horreur de ses agissements, un discours ou il lui prouve à quel point aimer comme ils s'aiment est bien plus fort que n'importe quel lien de sang, que l'âge n'est qu'un chiffre face à l'infini, que si toutefois elle acceptait de s'abandonner, il n'y avait qu'un pas à franchir vers l'éternité.

S'abandonner.. Elle voudrait le rejoindre. Elle lève légèrement la tête et croise le regard brillant de larmes interdites du professeur. Elle se redresse sur ses pieds prête à lutter de nouveau lorsqu'une voix l'interromps «Tu ne comprend dont vraiment rien ? » C'est l'adolescente qui parle, son ton est désespérément méprisant. Mérope soupire, reculant d'un pas, observant la surface lisse en silence. « Tu sais ce que tu dois faire Mérope, n'est-ce pas ? Fais le vide, concentre toi.. » Lui murmure la petite d'une voix douce et rassurante. La Serdaigle pose les yeux tour à tour sur ses clones, l'une lui sourit presque tendrement tandis que l'autre la toise nerveusement. Elle inspire. Elle sait ce qu'elle doit faire mais est-elle prête pour autant ? Une dernière fois elle retourne capturer le regard de son Ténébreux Amour avant de se placer exactement entre ses deux aïeux. «Ensembles ? » murmure t-elle la voix tremblante. La petite lui prend la main tandis que l'adolescente l'imite, un sourire commençant à fendre enfin son visage renfrogné. Elles s'avancent alors toutes les trois du même pas, la vitre volant en éclat sur leur passage baigné d'une lumière immaculée.

Mérope ouvre les yeux. Haletante elle cherche son regard et s'y accroche fermement venant presser avec d'autant plus d'insistance son corps contre le sien. Brille alors dans ses yeux une énergie qu'elle n'avait pas sentie la submerger depuis longtemps. Elle n'a plus peur, elle ne doute plus. Elle ne veut que lui et pour toujours. Elle le sent aussi fort que son cœur bat à l’unisson avec le sien entre leurs deux corps enlacés. Il l'a presse avec tellement de force entre ses mains immenses qu'à tout moment elle s'attend à sentir son corps se briser sous la pression et elle frissonne de tout son corps sous son emprise possessive. Un instant elle pose son front contre le sien, le dévorant du regard elle se mordille la lèvre inférieure, la respiration toujours aussi saccadée. «Et à cet instant je te regarde droit dans les yeux en t'affirmant je veux connaître l'amour charnel avec toi. » Sa voix ne tremble pas, elle a perdu de cette timidité, de cette pudeur derrière laquelle elle se cachait depuis tant de temps. Elle ne veut plus jamais les voir en sa présence. Il l'avait aimé pour ce qu'elle était devenu, elle voulait à présent qu'il la connaisse telle qu'elle était vraiment.

Elle retourne chercher ses lèvres et l’entraîne au cœur d'un baiser à la fois passionné et brûlant d'un désir jusque là inavoué. Doucement elle serre les cuisses et exerce une légère pression sur sa frustration tandis que sans lâcher ses lèvres elle fait glisser la fermeture de sa robe dans le dos. Lentement le tissus s'affaisse et glisse le long de ses épaules. A bout de souffle elle s'éloigne légèrement. «Je veux t'offrir mon corps. Maintenant. Et il sera tient pour l'éternité, mon Amour » Murmure t-elle tandis qu'elle débarrasse son buste de sa robe, la faisant glisser à hauteur de ses hanches. Pour la première fois elle ne rougit pas lorsqu'il pose les yeux sur sa nudité. Plus que jamais elle délaisse l'élève, la cousine, la fille, pour n'être plus que la femme. Sa femme.


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Nymphetamine
Mérope V. Greengrass & Heathcliff A. Lovecraft

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  


« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »


Mérope déglutit longuement. Ses paroles ressemblent à des aveux qui ont mit bien trop longtemps à vouloir sortir de sa bouche meurtrie de déchirures infligés par toutes ces années de mensonges, de faux-semblants d'un bien être parfaitement simulé.

Au fur et à mesure qu'elle parle, elle sent son corps se dégeler.  

«Tellement de fois j'ai voulu devenir quelqu'un d'autre. Si tu savais. Depuis tout ce temps j'ai cherché à changer .. Parce qu'il n'y avait pas de raison pour qu'on m'aime. Pour que tu m'aimes. Puis je t'ai rencontré. Ce soir.. Ce soir je t'ai dévoilé mon âme et tu l'accepte telle qu'elle est.»

Elle n'est plus la même. Ou plutôt elle est redevenue la même. Ses sentiments s'embrouillent et se débrouillent à la manière d'un horrible casse-tête pourtant jamais ses envies ne lui avaient semblé plus claires, plus distinctes. Elle a l'impression d'ouvrir les yeux pour la première fois tel le nouveau né ébloui par les couleurs d'un monde qu'il n'effleure encore que de ses prunelles bleutée et dont il rêve secrètement d'en goûter chaque instant sucré du plat de la langue.  Elle accueil chaque sensation nouvelle avec la grâce d'un moment volé, d'un instant précieux qu'elle renferme en elle de peur de le voir s'envoler et emporter avec lui cette force au creux de son ventre, cette force qui lui donne envie de se dépasser, d'être sous les iris vaironne de son autre la femme qu'elle a toujours voulu être pour lui, celle qu'il a toujours espéré voir éclore au creux de ses immenses paumes.

Plus elle soutien son regard et plus elle se fond dans la doucereusement sincérité qu'elle y trouve et qui enlace son âme aussi délicieusement que ses longs bras encrés enlacent ce corps frêle qui prend peu à peu consistance tout contre lui. Elle a l'impression de redécouvrir les couleurs d'un monde qu'elle n'avait connu que dans la fadeur d'un dégradé de noir et de blanc comme si tout ce qu'elle avait connu, vécu et ressenti jusque là n'avait été que placebo, pâle reflet d'une luxuriante réalité qu'elle pensait être la sienne.

Pourtant c'est bien lorsque les mains de l’alchimiste parcourent chaque parcelle de son corps, qu'il l'effleure simplement de la pulpe de ses longs doigts et qu'elle sent alors son cœur quitter sa poitrine dans un enchaînement de battements frénétiques qu'elle comprend enfin à quel point elle avait pu être aveugle. Aveugle au point de se plonger corps et âme dans une folie à sens unique au nom d'un amour qu'elle n'achetait que par la concupiscence et qui creusait irrévocablement d'indélébiles fêlures dans la porcelaine de cette poupée salie. Les yeux fermés elle avait vendue son âme au mauvais ange jusqu'à la damnation, sans méfiance elle avait jeté son corps en pâture à une lionne bien trop vorace pour son corps fragile, volontairement elle avait été le pantin entre les mains de cette enfant capricieuse et rapidement lassée de ce petit jeu une fois l'ivresse de la nouveauté évanouie.

Elle avait tout eu la poupée blonde aux prunelles de verre, elle avait cru aux promesses éternelles, aux «moi aussi » en guise de «je t'aime». Elle pensait avoir tout gagné au fur et à mesure qu'elle perdait sa lumière, elle se sentait forte alors que son cœur se fissurait et dans sa chute elle n'avait pas su voir ce monstre au fond de sa cousine qui rugissait de cette force avec laquelle elle l'avait déjà oublié.

Elle ouvre les yeux, frissonnante sous les caresses envoûtantes de son amant. Son regard s'est assombri à mesure que ses deux prunelles bicolores semblent épouser avec hardiesse chaque courbe de ce corps qu'elle ondule langoureusement au dessus de lui. Pressant toujours un peu plus la moiteur de ses cuisses sur le tartan surélevé par son désir grandissant. Frissonnante elle suit de son regard embrasé le mouvement de la bouteille qu'il amène magiquement jusqu'à lui et s'enivre une nouvelle fois du nectar amer entre ses larges lips dont le carmin a débordé suite à de trop nombreux baisers passionnés entre leurs deux âmes conjointes. Elle le regarde faire et sans perdre une miette de l’ascension de la bouteille qui s'approche de plus en plus de son corps à demi nu, la Serdaigle émet un léger gémissement au contact de la fraîcheur du verre contre la peau de pêche de son abdomen.



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Mérope V. Greengrass
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Mérope V. Greengrass & Heathcliff A. Lovecraft

ϟ 14 Mars 2000 - Salle Détraquée  


« Ces murs que l'ont construit pour se protéger
peuvent nous empêcher de souffrir,
il peuvent aussi nous empêcher d'aimer »



Un moment qui semble indéfiniment suspendu dans le temps, lové dans la moiteur de l'érotisme absolu vers lequel leurs êtres entiers semblent ne vouloir que se rejoindre enfin.   Autour d'eux la flamme des bougies stagnantes flottent et s'embrasent dans l'air à la manière d'une valse endiablée dessinant par jeux d'ombres et de lumières vacillantes les contours du mausolée de leur plaisir coupable.

Chaque seconde qu'elle passe à se délecter de cette scène la fait tressaillir davantage que la précédente. Tout autour, par delà les murs de la pièce des centaines d'âmes reposent non loin pourtant à la lueur de ses prunelles banquises il n'y a plus que lui qui importe, qu'eux qui existent, seuls au monde dans l'exquise confidence d'un moment qui n'appartiendra jamais qu'a eux. Le monde pourrait s'effondrer, le ciel pourrait s'écrouler  que la beauté de cet instant n'en serait jamais une seconde altérée tant lorsque se déposent sur son corps l'ombre de ses deux prunelles asymétriques, là ou d'autres n'y voient que difformité elle ne comprend que la légèreté d'une caresse, là ou certains sont effrayés, elle n'y reconnaît que la providence d'une âme jumelle.

Chaque fois que leur peaux se touchent, que ce soit dans la légèreté de ses doigts qui l'effleurent ou dans la précipitation de ses paumes avides qui lui agrippent les hanches elle sent le creux de ses reins secoué de doucereuses décharges qui s'insinuent en elle à la vitesse d'une fièvre qui la consume toute entière d'une flamme ardente qu'elle croyait morte née. Chaque seconde de plus ou elle sent son sang bouillonner et parcourir ses veines, semblable à la lave d'un volcan prêt à l’irruption, à chaque fois qu'elle encaisse une vague ardente venue accentuer la moiteur de ses cuisses entrouvertes elle sent les derniers vestiges de ses peurs se dissoudre comme neige au soleil. Ses doutes se dissipent et un sentiment de légèreté l'envahi soudain, son corps délesté des fardeaux qui la tenaient depuis trop longtemps enchaîné au mur de sa propre culpabilité et dont elle n'avait jamais eu la force de se délivrer seule.

Lentement la rétrospective de leur histoire défile dans l'esprit de la Serdaigle lorsqu'elle le regarde silencieusement. Son corps immense confortablement posé dans les coussins, sa peau marbreuse presque luminescente en contraste avec le tissu foncé du fauteuil, la tension grandissante lorsqu'il parcours son corps avec ce regard lubrique qu'il n'est plus en mesure de cacher. Avait-il seulement encore besoin de se cacher à présent  qu'ils n'avaient plus de secret l'un pour l'autre ? La peur du jugement n'avait-elle pas déjà trop pesé entre eux chaque fois qu'ils auraient dû simplement se laisser aller ? Elle était là lorsqu'ils n'étaient qu'un professeur et son élève, des inconnus sur les bancs d'une classe, présente lorsqu'il était l'homme dont les yeux ne pouvaient plus feindre l'ignorance d'une attirance interdite, toujours là lorsqu'il avait vu au travers de l'enfant la femme qu'il ferait s'épanouir entre ses mains, celle qui ferait de son âme esseulé un homme comblé, celle qui ferait un jour pour lui don de son corps pour abriter l'inespéré fruit de leur union.

Un instant et sans jamais ciller elle resserre ses cuisses laiteuses l'une contre l'autre basculant très légèrement sur le flanc droit en appui sur son coude et offrant une vue imprenable sur la peau de pêche de sa chute de reins. Ses gestes sont souples, aériens et la cascade de boucles dorées sur ses épaules blanches lui donnent les allures d'une nymphe tout droit sortie de la mythologie. Ses prunelles brillent d'une malice presque despotique lorsqu'elle feint l’innocence tout en l'aguichant de toute la sensualité dont son corps à demi adolescent pouvait être capable.





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