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Elle te fera les gestes qui font les poésies (Merssen II)

Yassen Yordanov
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les gestes qui font les poésies
Mérope & Yassen
Moi quand je vois les larmes leur tomber sur la joue, je voudrais leur dire qu'elles sont belles, et qu'il faut pas qu'elles pleurent pour un idiot, puis faut qu'elles arrêtent d'être connes et de tomber toujours amoureuses de celui qu'il faut pas et que moi, si elles voulaient, moi, j'serais toujours gentil avec elles, mais les filles elles aiment pas qu'on soit gentil, elles aiment pas.

Le jeune homme est assis dans son lit. Il se trouve là depuis la fin des tests ; on avait voulu le garder à l’œil en raison du venin de la créature, des conneries si on se fiait à son avis, son noble avis, lui, petit prince de Bulgarie. Après tout, cette fameuse créature n’était rien d’autre qu’une illusion. Yassen avait cependant compris qu’il y avait plus que les apparences. Ce serpent avait ouvert des blessures, pas seulement sur son corps, ce qu’il s’en fichait des blessures sur son corps, sur sa carcasse, mais aussi, dans le cœur de tous les locaux. Tout le monde paraissait décontenancé. Les gens regardaient autour d’eux, sans voir véritablement. Yassen tentait de ne pas y porter attention. Mis à part des liens maritaux, l’Angleterre ne voulait rien dire pour lui ; il retournerait en Bulgarie quand il aurait fini son GISIS, il ne comptait pas passer sa vie en Europe de l’Ouest.  

Sur l’ordre de l’infirmière, il retire son tee-shirt. Lentement, en raison de la douleur, du sang qui recouvre ses côtes et son bras droit, il dévoile un torse recouvert de tatouages. Yassen avait encré tous ses souvenirs et toutes ses pensées dans sa peau. Personne n’en connaissait la signification, pas même lui, personne ne pourrait se repérer sur la carte de sa peau et savoir quelle en était la première marque. Seule lui connaissait le premier tatouage imprimé sur sa peau lors de son septième anniversaire ; le seul tatouage qu’il n’avait jamais voulu, le dragon qui lui rappelait que son destin était scellé depuis le premier jour de sa naissance. Yassen s’était battu pour ne pas avoir cette marque ; c’était ses oncles, son père, qui l’avaient retenu, alors que le fer rouge avait marqué sa peau, le premier cri de douleur d’un bambin auquel on avait coupé les ailes.  

Tellement de personnes avaient caressé les croix, les dragons, les colombes,  les flammes sans en connaître la provenance, sans se douter de toute la douleur dans cette encre magique, aussi indélébile que les armoiries des Yordanov imprimées dans le cœur du dernier héritier. Si Yassen avait succombé aux tatouages, c’était dans un seul espoir ; enterrer le dragon sur sa hanche, et c’était là que tout était devenu confus, que soudainement, il portait son monde sur son torse.

Il perçoit nettement le regard insistant de la femme sur sa peau. Un peu agacé, il esquisse un sourire comme il le fait habituellement. Il est connu pour sa bonne humeur et sa propension à rire de tout, et il n’a pas vraiment envie que cela change. Le membre du personnel se penche sur son bras droit afin de retirer le pansement. À ses côtés se trouve un bol d’eau et des herbes que Yassen ne reconnaît que pour avoir vu dans les rares antidotes que Kamen concoctait de temps à autre. Ce dernier avait cependant toujours préféré les poisons. Le jeune homme ne comptait plus les fois où son double avait failli se tuer, créant des potions plus puissantes qu’il n’en avait jamais eu l’intention.

Cette fois-ci, c’était le benjamin qui avait été blessé lors des tests. Il les avait pratiquement tous échoués en raison de sa consommation excessive d’alcool durant les jours précédant l’évènement. Cela aurait normalement dû le mettre hors de lui, qui détestait ne pas pouvoir relever un défi, mais étonnamment, cela ne lui avait fait ni chaud ni froid. Il se fichait de la marche ou des perturbations magiques. Son champ de bataille se trouvait ailleurs.  

C’était ce qu’il s’était dit, mais le véritable drame avait commencé quand le Basilic était apparu. Yassen avait senti son cœur se serrer pour la première fois depuis une éternité. Kamen l’avait invité à fuir, mais il n’avait pas pu. Pour la première fois de sa vie, de son existence, il s’était opposé à son frère. Courant dans l’autre direction, il avait foncé en direction de sa fiancée, s’interposant entre le serpent et elle, refusant qu’elle ne prenne le coup. Il ne savait pas où il avait trouvé la force de courir, de se précipiter dans la gueule du loup, lui, qui prenait habituellement tant de peine à préparer ses combats. Tout le monde le connaissait comme le jumeau qui avait la tête en l’air, mais il aimait les batailles. Combien de fois ne l’avait-on pas vu à la bibliothèque en train de se restaurer de livres sur l’art de la guerre, offrant ses sourires les plus désarmants à son meilleur ami ? Yassen aimait manier les ficelles ; c’était un point qu’il partageait avec son père, pour son plus grand déplaisir.

L’infirmière applique une pommade sur son coude. Le jeune homme se mord la lèvre pour ne pas laisser échapper un grognement de douleur. Il ne manquerait plus qu’on le prenne pour un faible. Yassen avait beau tenter de travailler sur les coins les plus sombres de sa personnalité, il croyait encore en la supériorité de son sang et de son sexe. Qu’elle ne fût sa réaction en entendant la jeune femme réfléchir tout haut : « C’est une sacrée blessure. » Il se repositionne dans son lit, s’accote contre son oreiller. Il tourne la tête en direction de l’infirmière, le regard hagard et goguenard. Sur les lèvres du jeune homme se dessine un sourire pervers. « Un sacré coup de queue. Presque aussi puissant que le mien. » Son propos est véritablement déplacé, mais il s’en amuse. Il constate que l’infirmière n’est pas du même avis que lui. Ses gestes sont plus brusques et elle n’use plus de la même délicatesse à son égard. En fait, elle lui faisait véritablement mal, mais le jeune homme est trop fier pour l’admettre. Quelque part, Yassen, il aimait quand on lui faisait mal, c’était ce qui rendait ses nuits aussi passionnantes, et c’était ce qui faisait aussi le malheur de sa vie.

Il comprend cependant que ses propos aient été trop offensants. Il soupire, il penche la tête vers l’arrière. « Vous êtes vraiment trop sensibles, les Anglais. » Son accent bulgare est à couper au couteau. Plus que jamais, malgré sa peau blanche, ses yeux d’un bleu céruléen, on se rend compte que c’est véritablement un étranger, qui ne comprend pas les douleurs de sa terre d’adoption. Il reprend son calme. Il se tourne vers l’infirmière. « Je ne voulais que ma fiancée se fasse blesser. Je me suis interposée entre le Basilic et elle. » Sa voix est un peu plus douce. « Je ne regrette pas ce que j’ai fait. » Ce numéro semble faire de l’effet. L’infirmière finit de traiter ses blessures, avant de lui conseiller une potion et beaucoup de repos. Probablement aurait-elle préféré qu’il soit pétrifié. Au moins, il se serait tu.

Yassen la regarde partir. Tendant son autre bras, il prend la potion sur sa table de nuit et en boit une gorgée. Une sensation de chaleur s’empare de son corps, presque aussi bonne que celle de l’alcool. Il voit une silhouette blonde se découper parmi les rideaux blancs de l’infirmerie et qui avance vers lui. Yassen se redresse, tente de bien paraître, de cacher son bras blessé. Il sourit alors que la jeune femme se dirige vers lui. « Comme une ombre. » se contente-t-il de dire, le sourire aux lèvres, contrastant avec son air triste de leur première rencontre. Il le lui avait promis, après tout, peu importe où elle allait, il veillerait toujours sur elle.  
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Mérope V. Greengrass
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Elle te fera les gestes qui fond les poésies
Mérope V. Greengrass & Yassen Yordanov

ϟ 2000 - Infirmerie  


« Que la peur dans tes yeux
Fasse monter l'acide
Jusqu'au bord de tes lèvres
Aussi noires que la nuit
Qui nous emmène au large
Sur des terres sacrées
Où l'on aime à saigner
Où l'on aime à s'aimer. »




|Flashback|

Lorsque le regard de la silhouette rencontre celui de la Serdaigle celle-ci recule d'un pas. Désemparée. La ressemblance est frappante, le doute n'est pas permis. Son sang se glace et lorsqu'elle avance, Mérope pointe une baguette hésitante sur elle. «Riddikulus » prononce t-elle à voix basse alors que sa propre silhouette disparaît autour de feux d'artifices colorés.

Lorsque qu'elle baisse sa baguette, elle sent alors son regard sur sa personne comme une ombre derrière elle à chaque instant. Elle lève brièvement des yeux emplis d'excuses vers ceux d'Armand. Elle sait qu'il à tout vu, qu'il a comprit comme elle. Gênée elle se recule et disparaît dans la foule. D'un pas pressant elle slalome entres les nuées d'élèves qui avancent à contre sens du sien, plusieurs fois elle manque d'en percuter quelques uns dans sa fuite. Il y a tellement de monde dans la grande salle qu'il est presque impossible de la repérer dans la foule qui se bouscule entre les murs de l'édifice. Mérope prend la direction d'une immense colonne porteuse derrière laquelle elle se cache avant de s'y adosser, le cœur battant. Ses émotions s'embrouillent, elle ne sait plus si elle doit simplement se réjouir de ce qu'elle vient de voir ou en avoir peur. Elle passe ses mains tremblantes sur son visage blêmit puis entre ses boucles blondes avant de déglutir péniblement, la gorge sèche. Un moment elle pose la tête contre le marbre froid de la colonne en portant son regard banquise vers le plafond de la pièce, elle a l'impression ne plus entendre le bruit de la foule, l'agitation autour d'elle et dans les divagations de son esprit elle s’étonne à imaginer ce qu'Armand allait bien pouvoir lui dire après tout ça. Un instant son cœur se serre.

Mais quelque chose d'anormal se passe, le plafond qu'elle fixe toujours semble bouger, comme s'il tremblait en silence. La Serdaigle fronce les sourcils, était-elle en train de délirer encore plus qu'elle ne le pensait ? Soudain le plafond craque et une fine fissure se dessine dans la pierre épaisse du château, de la poussière lui tombe dessus et au fur et à mesure qu'elle recouvre ses sens, Mérope se retrouve alors confrontée à l'horreur : des cris, des hurlements, des appels au secours résonnent dans la pièce la poussant à sortir de sa cachette, affolée.

Sous ses yeux, des élèves au sol, elle en reconnaît certains, d'autres sont blessés, certains courent vers la sortie tandis qu'un Basilic plus vrai que nature attaque et pétrifie tout sur son passage. Le souffle coupé Mérope recule d'un pas, elle sent le mur dans son dos et devant elle la queue acérée de l'apparition qui menace à chaque instant de lui tomber dessus. Elle est coincée. Dos au mur elle inspire, cherchant à ne pas se faire remarquer de la créature tandis qu'elle glisse doucement sa main dans sa robe à la recherche de sa baguette, trop tard la queue gigantesque du Basilic la manque de peu et la déséquilibre, elle lâche sa baguette qui roule à quelques mètres, assez pour qu'elle ne puisse plus la récupérer sans risquer un coup mortel. Mérope inspire, cette fois c'est peut-être la fin. La queue du reptile s'élève au dessus de sa tête et elle l'a fixe, elle veut regarder sa sentence en face avant qu'elle ne l'atteigne, peut-être était-ce la solution pour que la prophétie de son épouvantard ne se réalise pas. Un instant elle pense à Armand, elle espère qu'il s'est lui même mit en sécurité.

Puis tout s’accélère, la queue du Basilic comme une épée de Damoclès s'abat enfin, elle s’apprête à la frapper quand il apparaît de nul part. Il surgit d'un bon devant elle le bras levé et tel un bouclier, prend le coup à sa place. Sans lui laisser le temps de rappliquer il l'attrape contre son corps et lui cache la vue, agrippant son poignet de l'autre main. « On dégage. » Elle a confiance en lui, malgré tout et sans rien dire elle se laisse guider à l'aveugle vers la sortie.

Lorsqu'elle sent l'air frais lui fouetter le visage et qu'il l'a libère, des images effarantes lui apparaissent. Des gens en pleurent, des victimes, beaucoup de victimes, des cris, de la souffrance. Les larmes lui montent mais elle les ravale avec les dernières forces qu'il lui reste, se tournant vers Yassen, ne sachant pas si elle doit le remercier où simplement le tuer pour les risques qu'il a prit pour elle. Il se tient près de son jumeau, légèrement devant elle mais lorsqu'il vacille sur ses jambes qui ne semblent plus disposées à le soutenir, les yeux de la Serdaigle sont attirés par une forme rouge qui coule le long du bras blessé de son fiancé, glisse entre ses doigts tremblants et tapote le sol par petites gouttes, elle n'a pas le temps de le prévenir, il blêmit et s'effondre au sol lui laissant à peine le temps d'amortir sa chute.

Elle l'allonge, tremblante «Yassen.. Yassen ne t'endors pas, ne fermes pas les yeux putain !» Elle n'a pas l'habitude de s'adresser à lui de cette façon «Je suis là, parles moi.. Les secours vont arriver.» Ses yeux sont ouverts mais il semble ailleurs, il ne lui répond que très peu et au fur et à mesure que les minutes passent il perd de plus en plus de sang, son t-shirt en est plein ainsi que la chemise de la Serdaigle, il ne lui reste plus beaucoup d'alternative si elle ne veut pas qu'il se vide avant l'arrivée des médicomages. «Pardonnes moi, je n'ai pas le choix, tu comprends ? » Elle sait ce qui lui reste à faire mais ce sera douloureux, elle le sait mais elle n'a plus le choix. Prenant une grande inspiration elle dépose le bras blessé à plat sur ses genoux avant de compresser la plaie entre ses doigts pour arrêter l'hémorragie. Des larmes se mêlent au sang du slave tandis qu'un hurlement de douleur transperce les bruits de la foule.

La pagaille, le chaos, le néant.

C'est tout ce dont se souvient Mérope de cette désastreuse matinée de test. Les événements lui revenaient en tête souvent pas bribes d'images plus ou moins nettes et bien que les événements  dataient déjà de quelques heures elle n'avait pas encore réussi à cesser de trembler. Raccompagnée en état de choc dans la salle commune des Serdaigle, elle s'était enfermée dans la salle de bain depuis déjà une bonne heure. Recroquevillée dans un coin de la pièce elle contemplait devant elle son propre triste reflet dans le miroir à l'opposé de la pièce. Ses vêtements et ses mains couverts du sang de Yassen lui rappelaient l'horreur de ce qui venait de se produire. Elle avait hurlé à l'aide autant qu'elle l'avait pu, compressant la plaie sanguinolente de son fiancé sans savoir si son geste allait pouvoir le sauver ou non et lorsqu'il fut emmené par une équipe de médicomage, elle l'avait regardé s’éloigner sur la civière, un instant elle avait eu l'impression que leur regard s'étaient croisés et elle s'était contenté de murmurer «Comme une ombre. » Avant de le regarder s'éloigner vers l'infirmerie où il allait sûrement recevoir les premiers soins.

On frappe à la porte de la salle de bain, sortant la Serdaigle de sa torpeur. «Mérope.. Il s'est réveillé.» Elle se redresse, ce sont les mots qu'elle attendait. D'un bon elle se lève et s'approche d'un robinet pour nettoyer ses mains dont le sang glisse sur sa peau avant de couler dans l'évier, seules restent les marques sanguinolentes coincées sous ses ongles. Elle passe rapidement de l'eau sur son visage dont le khôl a coulé plus que de raison autour de ses yeux cernés, résolument elle n'est pas spécialement présentable aujourd'hui, mais qu'importe, elle sort de la salle de bain enfiler une tenue moins sinistre que la sienne et opte pour un jean et un haut simple avant de sortir de la salle commune en direction de l'infirmerie. Elle ne sait pas ce qu'elle va y trouver et l'idée lui fait peur, se souvient-il de l'accident ? Aura t-il des séquelles toute sa vie pour avoir sauvé la sienne ? D'ailleurs, pourquoi avait-il agit ainsi, après tout ? Elle soupire alors que la porte de l'infirmerie se profil. Elle reste un moment dans l'ombre de l'encadrement de la porte sans avancer. La pièce a regagné sa tranquillité bien que beaucoup trop de lits sont occupés. Le regard de la jeune femme traverse la pièce à la recherche de slave, bientôt ses yeux se posent sur une soignante en train de prodiguer des soins à un jeune homme dans les yeux de givre se plissent chaque fois qu'elle appui un peu plus la blessure qui a recouvert ses encrages d'une robe carmine.  

Elle n'entend pas ce qu'ils se disent mais lorsque la soignante s'éloigne avec un air renfrogné, Mérope en profite pour avancer d'un pas silencieux vers le lit qu'il occupe. Lorsqu'il l’aperçoit son visage s'illumine doucement. Il semble épuisé, mais vivant et c'est tout ce qui importe à présent. Pour la première fois de la journée elle sourit à nouveau et s'asseyant près de lui, caressant doucement sa joue «Comment tu te sens ?.» Murmure t-elle d'une voix douce, aujourd'hui ils avaient frôlé la mort ensemble et en étaient sortis vainqueurs comme un échos à la promesse qu'ils s'étaient faites devant le miroir.

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Je serais ton alliée, ton Alien
Je vais hanter tes pensées, subversivement les faire miennes. Et je vais faire entrer mon nom dans ta cervelle. Furtivement m’immiscer dans les failles de ton système. Et finir par voler ton identité même. Je t'ai fait aliéner. L’amour est un schizophrène. Piqué comme intoxiqué d'hallucinogènes. Tu ne peux plus t'échapper, de mon emprise souveraine. En asile exilé, où la passion est rêve.
Ce sera toi et moi idem


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Yassen Yordanov
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Mérope & Yassen
Moi quand je vois les larmes leur tomber sur la joue, je voudrais leur dire qu'elles sont belles, et qu'il faut pas qu'elles pleurent pour un idiot, puis faut qu'elles arrêtent d'être connes et de tomber toujours amoureuses de celui qu'il faut pas et que moi, si elles voulaient, moi, j'serais toujours gentil avec elles, mais les filles elles aiment pas qu'on soit gentil, elles aiment pas.

Il voudrait lui dire des belles choses, des choses qui feraient en sorte qu’elle ne se sente pas coupable de ce qui est arrivé durant les tests. Comme cela, elle comprendrait que rien n’avait été de sa faute ; tout cela était arrivé en raison de la bande de Français qui n’avaient rien de mieux à faire que de semer le désordre et les problèmes autour d’eux. Si seulement ils comprenaient que toutes leurs facéties avaient des impacts sur les gens autour d’eux. Yassen maudissait les étudiants de Beauxbâtons ; en retard sur les enchantements, incapables de se battre, ne recherchant rien d’autre que le confort de leur langue natale, il ne pouvait s’empêcher de les considérer comme des faibles. Le Directeur avait bien agi en tentant de ramener l’ordre, mais il avait un train de retard. Les perturbations magiques semblaient empirer de jour en jour. Le jeune homme le sentait. La magie ne lui obéissait plus aussi bien qu’avant, mais il ne comptait pas se lamenter sur son sort. Un homme doit tirer parti de chaque situation et en ce moment, il restait une chose que personne ne pourrait jamais lui enlever, sa puissance et ses capacités de combat.

Même si l’infirmière tente de ne rien lui dire, il sait parfaitement que la blessure est grave. Il a reçu un coup de queue d’un serpent de grande taille sur le bras. Celui-ci avait subi de nombreuses fractures, apparemment, il y avait des parties de ses os qui s’étaient réduites en poudre, sans compter la quantité de sang qu’il avait perdu. Si cela faisait frissonner tout le personnel de Poudlard, Yassen ne semblait pas réellement s’en préoccuper. Il continuait de vivre comme auparavant, en disant tout ce qui lui passait par la tête et en souriant à tous ceux qui passaient près de lui ; il ne lui manquait que son joint et son meilleur ami, et personne ne se rendrait compte que quelque chose va mal. Le bras dans un foulard, il boit la potion sans la recracher. Indifférent au Poussos, il ne touche même pas au verre d’eau qu’on lui avait donné pour faire passer le goût.

Quand la demoiselle s’assoit près de lui et lui demande comment il va, il se redresse dans le lit. Il peut voir dans son regard qu’elle a été touchée, mais cela reste encore à déterminer si c’est par le serpent ou par le sacrifice de son fiancé. Son maquillage a coulé. Yassen se demande vraiment s’il aime la poupée quand elle semble aussi triste. En même temps, il aimait bien quand la poupée ne cherchait pas à ressembler à une poupée devant lui ; cela la rendait différente des autres et il commençait à aimer la différence.

« J’ai connu pire. » se contente-t-il de dire. Il se retourne vers la table de chevet pour boire un peu de la potion. Il prend le verre comme il aurait pris une bouteille d’alcool ; certaines choses ne changeaient jamais, et la situation semblait bien moins dramatique. Il ne voulait pas non plus que la jeune femme se fasse du mauvais sang pour lui. Comme pour lui prouver que tout allait bien, il abaisse un peu la couverture pour lui montrer son torse. Des tatouages sombres le parcourent tout en s’étendant sur ses bras, mais quand on voit le jeune aussi proche, on peut remarquer des grandes marques argentées sur sa peau. Yassen pose son doigt sur une cicatrice qui traverse le côté de son estomac. « Cette blessure, je me la suis faite en combattant mon père. J’ai oublié de parer une attaque. » Il allait probablement se faire sermonner sur la façon dont il avait paré l’attaque du Basilic.  « Celle-ci, c’est… » Il semble perdu, le jeune homme. Il plisse les yeux, cherche dans sa tête, mais il a l’impression que ses souvenirs sont diffus. Comme jamais auparant, il a une migraine, et il ressent de la confusion. Alors, le souvenir lui revient. « Helge. » Soudainement, un large sourire fend ses lèvres, heureux de se rappeler la source de la blessure, oubliant de se demander commnt il avait pu oublier le nom de son meilleur ami. « C’est Helge qui me l’a fait, ce connard, il a tenté de… » Il croise le regard de Mérope. Il tousse avant de poursuivre.  « Ce n’est pas important. Toi, comment te portes-tu ? » Un petit sourire en coin et les yeux brillants : « On m’a dit que tu t’étais inquiétée pour moi. » Il n’a pratiquement aucun souvenir de ce qui s’est passé à la Grande Salle, après qu’il se soit écroulé ; il avait seulement entendu des rumeurs. Dans tous les cas, il était heureux que la jeune femme n’aient rien, ils avaient frôlé la mort, mais ils en ressortiraient bien plus forts.   
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