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Sabal de Vandekeybus
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Personnel de Poudlard
Maison/Métier : professeur d'art à l'école poudlard, tel un prophète dans le désert le voilà à tenter d'apprendre à voir aux plus déterminés des aveugles.
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Pseudo : baba yaga Âge : 21 Parchemins : 330 Gallions : 592 Date d'inscription : 10/02/2017

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Tu redoutes l'instant comme si c'était le plus intense que tu allais jamais vivre. Comme si tu n'avais jamais vécu pire que ça. Tu redoutes ses yeux et la porte de sa demeure. Tu crains son souffle contre toi, les soupirs de dégoût face à ce que tu es aujourd'hui. Tu déglutis, les mains presque moites. Tu sers les poings, tu fermes les yeux et te mords les lèvres. Tu devrais faire demi-tour, Sabal, et maintenant. Rester planté devant une porte en bois en se remémorant toutes les bonnes raisons de fuir ce n'est en rien mature. Tu es trop vieux pour ces conneries. Mais que fais-tu encore ici alors ? C'est qu'au fond tu espères presque qu'il ne t'ouvre pas. Comme ça tu ne te sentiras plus coupable de l'avoir évité toute une année durant. Tu pourras rejeter la faute sur lui, dire que toi tu auras au moins essayé, que la balle est dans son camp...Tu restes figé, face au bois, dos au château, ton passé droit devant et ton présent qui te questionne. As-tu besoin de ça ? De lui ?

Oui. Tu as besoin de toquer à cette porte. Cette entrée, cet accès direct à toute les souffrances que tu apprends à apaiser depuis ton arrivé. Tu lui aurais presque pardonné, à lui, si seulement tu n'avais pas ces mains folles continuant de jouer avec tes nerfs et tes humeurs. Si seulement tu n'avais pas encore tout ces cauchemars venant hanter la moindre parcelle de sommeil. Tes nuits solitaires te détruisent. De celles qui appuient l'isolement d'une âme dans une bâtisse remplie de centaines d'autres. Comment avez-vous bien pu vous éviter aussi longtemps ? C'est presque indécent. Cette constatation fait remonter un relent d’agressivité et tu te sens prêt à toquer, à faire connaître ta présence. T'en as vu d'autre, c'est pas un ancien mangemort qui va te faire peur. T'en as tué, des gens comme ça, des traîtres. Mais lui. Mais Zéphyr...tu n'es pas là pour le tuer. Tu ne tues plus Sabal. C'est fini la guerre. Les rancoeurs du passé se devraient d'être balayés, la paix célébré. Mais la paix n'est pas complète sans lui, tu ne pourras pas être en paix tant que tu ne l'auras pas vu. Tant que tu ne sauras pas. Qu'il te dise exactement ce qu'il a ressenti en refermant la porte de ta cellule. Ce qui a bien pu traverser son âme quand il t'a jeté dans une prison d'où l'on ne ressort pas entier. Zéphyr, qu'est-ce que ça t'a fait de me tuer à petit feu ?

Tu t'imagines lui hurler dessus, le frapper, le mépriser, l'étrangler, le jeter contre un mur et le faire te supplier. Te supplier de redevenir toi-même, de laisser tout ça derrière, de guérir. Mais les guerres dans tes cellules et dans tes bronches, ton cœur, toutes ces batailles ne peuvent trouver de salvation que dans son regard. A voir si c'est de regret ou de pardon dont tu as besoin...Tu l'ignores. Tu ne sauras qu'en frappant. Et tu ne frappes pas. Parce qu'en vérité tu crèves de trouille. Là, suspendu sur une falaise qui s'effrite et qui s'effondre tu ne vois plus rien autour. Tu oublies Poudlard et tu oublies la paix. Tu oublies l'été et la chaleur timide. Là où tu te trouves il fait froid, et tu as peur. Tu crains ces yeux qui auparavant te procuraient tant de bien que tu n'as jamais eu le courage de le dire. Parce que ce n'était pas le moment, parce qu'à la guerre on a pas à s'occuper de ce genre de chose. L'am...l'amour c'est pour la paix...les sentiments c'est pour quand on ne risque pas de mourir tout les deux matins. Et c'est pas pour toi, pas pour vous, pas entre deux hommes qui ont tant de différences. Un pétunia et une fourchette ont plus en commun que toi et Zéphyr. Tu le sais. Tu l'as toujours su. Tu en as eu la confirmation quand tu as croisé son regard avant de sombrer dans une cellule humide et meurtrière. Non. Ce n'était pas pour vous. Et pourtant...pourtant tu ne peux plus reculer.

Tu déglutis, encore. Et cette fois-ci, tu frappes.


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Zephyr Rosenberg
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de Vandekeybus & Rosenberg
Une simple journée. Une journée qu'il a pris pour lui, entièrement, pour une fois. Il en a informé le directeur, lui envoyant un hibou - même si il est tout près. De toute façon, il ne le voit jamais, même quand il l'a convoqué, lui et son frère, il n'est pas venu. Alors, tant pis pour lui. Zephÿr ne fera pas d'efforts. Si il reçoit la lettre en retard, hé bien, soit. Il ne peut pas faire autrement. Le garde-chasse a dormi une bonne partie de la journée, puis il l'a passée en ruminant maintes et maintes fois les mêmes choses, inlassablement. Peut-être qu'il va partir. Partir d'ici. De tout. Littéralement, il n'en peut plus. Il ne se sent pas à sa place. Il y a trop de choses qui le poussent à partir. Pourtant, il sait qu'il ne le peut pas. Pas tout de suite. Il doit garder un oeil sur le gosse. Il doit garder un oeil sur Zirwya. Mais il y pense souvent. Mais où ira-t-il ? Il n'a nul part où aller, en dehors de Pré-Au-Lard. Il se voit mal passer sa vie là-bas. Et à faire quoi ? Il n'en sait rien. Seul l'avenir pourra le dire, mais il va devoir y penser très sérieusement pour prendre la meilleure décision, pour lui avant tout. Il a beau avoir retrouvé beaucoup de gens ici, il a du mal à renouer. Énormément de mal. Les retrouvailles, ce n'est pas son truc, vraiment pas. Alors, quand au début de l'année scolaire, il a vu Sabal, il n'a rien dit. Zephÿr a fermé sa bouche, la culpabilité prenant le dessus. Fermer la porte de sa cellule reste un de ces regrets qu'il n'oublie pas. Il l'a toujours pensé mort. C'est toujours plus simple, la mort. Cette mort qui empêche les confrontations, les aveux. Les sentiments. Cette mort, qui efface les souvenirs, qui efface le temps. Le métamorphomage n'a pas eu le choix. Le serment inviolable l'empêchait de l'aider, de le faire sortir d'ici. Il a des remords, beaucoup de remords. C'est trop tard de toute manière. Les choses ont été décidées ainsi, et il n'y peut rien. Il a connu beaucoup de situations comme celle-ci, où sa place au sein de l'Ordre l'empêchait constamment de venir en aide aux gens qu'il connaissait, ou pas, d'ailleurs. Il a vu des gens mourir. Il a vu des gens enfermés à Azkaban, soumis au baiser du Détraqueur. Devenir de vraies loques, vides de tout sentiment, de toute pensée humaine. Une déchirure, à chaque fois. Debout devant sa pensine, il pense à tous ces souvenirs qu'il a pu mettre ici. Les plus horribles, sans doute. Ceux qui l'ont le plus touché. Zephÿr soupire, passant sa main dans ses cheveux qui demeuraient ébènes, ces derniers mois. Il n'est pas vraiment bien, mais il ne montre rien. Il n'en a plus l'envie.

Quand on frappe à la porte, le métamorphomage sursaute. Il aperçoit le soleil qui commence à se coucher, par la fenêtre. Qui peut bien frapper à cette heure-là ? Il l'ignore. Seulement vêtu d'un caleçon, il fonce enfiler un jean et un pull, comme à son habitude. Il est loin de se sentir à l'aise, mais c'est le seul moyen qu'il a de cacher sa marque. Il aimerait vraiment trouver une autre solution. Même si elle n'est plus vraiment très visible, on voit bien qu'elle est là, preuve d'un lourd passé. Tout en enfilant son pull, laissant entrevoir quelques cicatrices du passé sur son torse, il ouvre la porte. Puis, il croise son regard. Sabal. Il ne peut s'empêcher de le regarder de haut en bas, d'un air complètement étonné. Mais qu'est-ce qu'il fout là ? Puis, pourquoi maintenant ? Là ? Tout de suite ? Il prend le temps de remettre son pull, avant de le regarder de nouveau. « Sabal... » Il fait un signe de la tête. Bravo, c'est bien, tu as dit son prénom. En vérité, l ne sait pas quoi dire de plus. Il a l'impression que chaque mot qui va sortir de sa bouche n'est que bêtise. Une erreur. « Tu peux entrer, si tu veux. » Il se retourne vers l'intérieur de la maison, espérant qu'il le suive. Bon sang, qu'est-ce qu'il enchaîne les situations dérangeantes ces derniers temps. Il n'arrive pas à croire que Sabal soit là, devant lui, visiblement de son propre gré. Après ce qu'il a pu faire. Après toutes ces années. Enfin.

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Sabal de Vandekeybus
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Il a ouvert. Voilà. Bien. Et maintenant tu fais quoi, mon con ? Tu le regardes ? C'est peut-être un début. Ça te permet de voir la surprise dans ses yeux. Des yeux qui t'ont fuit pendant des mois, des yeux que tu as hais pendant des mois. Tu vois sa surprise, et quelques regards t'échappent quand tu le vois finir de s'habiller. Bravo Sabal, très mature, très hétéro. Tout ce que tu n'es pas. T'es brisé, pas mature. Quand la vie te fracasse en te balançant contre les murs tu apprends à te rouler sur toi-même et à encaisser, ça te fait pas mûrir. Le monde serait rempli de gens matures, et c'est tout sauf le cas. La preuve, vous êtes deux idiots qui ont préféré fuir la confrontation pendant près d'un an. T'es sensé être un adulte, et là, sur ce palier, face à cet homme qui a fait partie de ton passé, tu n'es plus si sûre de tes intentions de départ. Est-ce que tu veux vraiment cette discussion ? Est-ce que tu veux vraiment le voir ?
Oui...bordel bien sur que oui, mais ça fait mal. Tu t'étais pas imaginé que sa surprise te provoquerait cet élan de douleur. De la déception ? Peut-être. Pourquoi est-il surpris de te voir ainsi devant lui en cette heure avancée de la journée ? Parce que tu l'as évité ? Parce que t'as été aussi con que lui ? Oui, tu l'as été. Et tu t'es convaincu que tu en avais assez. Alors t'es là, face à Zephÿr, avec ton palpitant qui ne sait plus où se foutre et des souvenirs qui se fracassent contre toi sans te demander la permission.

Tu te souviens du gosses, du soir où il l'a ramené. Toi t'étais pas vraiment sensé être là, c'est Castellucci qui t'a traîné au QG, parce qu'il était persuadé que tu serais une bonne ressource pour l'Ordre. T'as atterri dans un panier rempli de ronces. C'était une des première fois que tu voyais le Rosenberg aussi désemparé face à une situation. Est-ce que c'est là que tu as commencé à t'attacher ? Certainement. Dans le cas contraire tu ne lui aurais pas proposé ton aide. Tu ignores encore aujourd'hui si il a dit oui sous l'effet du choc, à cause de l'adrénaline, ou simplement pour se débarrasser de l'enfant. Qu'en est-il de cet enfant maintenant ? tu l'ignores. Tu ne sais pas, et ça t'attriste parce que t'avais fini par bien l'aimer, toi qui n'a jamais eu d'enfants. Tu ne penses pas en avoir un jour, tu ne serais pas un bon père. Tu es sur le fil du rasoir, demain tu pourrais sombrer comme allait parfaitement bien. Infliger cela à un enfant, c'est tout sauf responsable. Tes élèves sont déjà pénibles, t'oses pas imaginer un enfant à toi. Si en plus il hérite de la moitié de tes traits, t'es prêt pour t'excuser au monde pendant bien vingt ans. Pardon d'avoir engendré ce genre d'engeance.

Ton prénom sortant de sa bouche t'extirpe de tes souvenirs. Le son de sa voix est à nouveau proche de toi, il n'est plus aussi éloigné qu'il ne l'a été pendant des mois. Ton prénom efface l'absence de mots lorsqu'il a fermé la porte de ta cellule. Si seulement il avait parlé ce jour-là...n'importe quoi auquel tu aurais pu te rattacher. Que tu ne passes pas des mois à détester le visage que tu avais lentement appris à apprécier, apprécier plus que de nécessaire. Tout s'est effondré sans prévenir. Tu lui faisais confiance, avant. Maintenant, tu ne sais plus.
Il te dit que tu peux entrer, que c'est si tu le souhaites. Tu ne bouges pas. Tes jambes sont figées. Tu ne veux pas entrer, tu ne veux pas te perdre dans des banalités qui ne vous ressemblent pas. Vous n'avez jamais été banals, pas plus hier qu'aujourd'hui. Alors pourquoi commencer maintenant ? Tu fixes ton regard sur le garde chasse. Il te tourne le dos. Il espère que tu le suives. Mais pas maintenant, pas si facilement. Ce qu'il t'a fait...tu ne peux pas t'approcher de lui si vite, comme si c'était normal après tout ce temps. Ça pourrait l'être, si la situation n'était pas ce qu'elle est. Elle est compliqué, elle est saturée de sentiments paradoxaux.
- En fin de compte, tu t'es battu pour qui ? lâches-tu soudain de ta voix roque aux accents allemands que tu n'as jamais tenté de dissimuler. Tu es toujours sur le seuil, tu le regardes. Retournes toi Zephyr. Qu'il te dise qu'il s'est battue pour ce qu'il croyait être juste, ou qu'importe, des salades, qu'il te mente si ça lui chante. Une réponse. Une réponse qui sera baume ou égratignure.


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Zephyr Rosenberg
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de Vandekeybus & Rosenberg
En vérité, la présence de Sabal l’angoisse. Il l’a invité à entrer, mais il ignore si c’est la meilleure des choses à faire. Il ignore s’il arrivera à parler avec lui, comme si rien ne s’était passé, comme s’il n’avait pas fermé, quelques années plus tôt, cette porte lourde en acier devant cet homme détruit. Zephÿr est submergé de remords, mais rien ne se voit. Jamais. Il garde pour lui ses sentiments, et a conscience qu’à trop garder, il prend le risque d’en souffrir. Mais soit. C’est toujours mieux de ne rien dire, et de ne pas afficher ses faiblesses à autrui. Mais pourtant, d'un côté, il est peut-être temps de crever cet abcès qui a duré beaucoup trop longtemps. Presque une année entière. Cet abcès qu'ils auraient pu tout deux crever depuis bien longtemps déjà. S'éviter, c'est toujours plus simple. Dans ce cas-là, choisir la facilité, ça n'a rien de bon. Tout est mélangé. Zephÿr ne sait pas quoi lui dire. Qu'il est désolé ? Désolé de quoi ? De n'avoir rien pu faire ? Qu'après avoir enfermé Sabal, il s'est senti complètement seul ? Il a risqué sa vie tout ce temps pour que le bien triomphe, mais parfois, le garde-chasse se demande si ce n'était pas une erreur. Une erreur d'avoir sacrifié autant de lui pour au final, se comporter encore pire qu'au début, pour au final, perdre tant de gens. De dos, il espère que l'homme va le suivre. Il veut l'inciter à avancer, encore une fois, mais rien en sort de sa bouche. Si quelqu'un d'autre s'était présenté devant lui, les choses auraient été différentes. Il aurait invité la personne à aller voir ailleurs, vu l'heure. Mais avec Sabal, il ne peut pas. Il y a un passé entre eux, mais visiblement ni de présent, ni de futur. « En fin de compte, tu t'es battu pour qui ? » Son accent lui rappellerai presque le sien. Zephÿr s'arrête. Il est donc venu régler ses comptes. Cette simple phrase, cette simple question, fait écho dans l'esprit du métamorphomage, et très vite, il s'énerve. Ses cheveux prennent alors une couleur cramoisi. Après tout ce temps, Sabal vient pour lui poser une question dont il sait la réponse. Normalement, il sait. Cette confiance, si rare aux yeux de Zephÿr, était née si naturellement entre eux deux, à l'époque. Là, cette confiance paraît inexistante. Comme si Sabal avait tout oublié. Et au fond de lui, Zephÿr est affreusement blessé. Il est loin de s'être imaginé renouer le même lien qu'avant, mais il ne pensait pas qu'il avait autant baissé dans l'estime de l'homme au pied de la porte.

Toujours de dos, le métamorphomage serre les poings. Il ne peut pas craquer, il ne peut pas s'énerver, pas dans cette situation. Mais pourtant, tout l'énerve. Cette question l'horripile. Tentant de se calmer, en vain, il lâche un long soupire, relevant les épaules. « C’est donc pour ça que tu es venu, Sabal ? Pour me demander ça ? Après tout ce temps, c’est la seule chose que tu as à me dire ? » Sa voix est grave, bien qu'un peu tremblante, l'accent Allemand est palpable. Zephÿr ne bouge pas, il reste sur place, non loin de l'entrée. Les pauses entre ses paroles sont longues, interminables. Il veut retenir cette colère qui manque d'exploser d'ici peu. « Tu sais absolument pour qui je me suis battu, et si tu en doutes, libre à toi de croire ce que tu veux. » Il a baissé le ton, bien que toujours aussi ferme. Ses poings sont toujours serrés, un peu plus qu'auparavant. Cela le rend dingue. Cela le rend dingue que Sabal doute de son camp. Zephÿr, malgré son comportement, malgré les apparences et la marque sur son bras droit, a toujours défendu le bien. Ces années à jouer à l'agent-double n'ont pas été simples, et qu'une personne comme Sabal en vienne à douter, ça fait mal. Il se retourne, sans pour autant s'avancer, droit. Il ne peut s'empêcher de lui lancer un regard plein de reproches. « Je n’ai rien pu faire, Sabal. Rien. J’étais face à une impasse, tu connaissais les clauses de mon contrat. Je ne pouvais rien faire. J’ai fermé la porte, je suis parti et je ne t’ai plus jamais revu. » Il croise les bras sur son torse et tourne son regard vers la fenêtre. Il a du mal à le regarder en face, mitigé entre les remords et la colère. Il tourne de nouveau le dos. « Je te croyais mort, avant de te voir ici. Maintenant, si c’est pour me balancer tes reproches à la figure que tu es venu me voir, ça ne sert à rien. Tu peux repartir. J’en ai déjà eu assez, des reproches. » Zephÿr ne pense pas ce qu'il dit. Il ne veut pas qu'il parte. Il y a des choses qui doivent être dites, et si ce n'est pas aujourd'hui, jamais l'abcès se crèvera. Il se connait un minimum. Il a lancé les hostilités, et c'est avec crainte qu'il attend la réaction de Sabal.

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C'est compliqué de définir qui est Zephÿr pour toi, de manière générale. Il fut allié, mais d'abord inconnu, puis ami à double visage. Celui qui donne confiance avant d’assommer sans se cacher. C'était le jeu, c'était la guerre. Fait confiance à un agent double et tu finiras premier sur la liste des blessés. Une catastrophe naturelle dans le plus profond de tes bronches. Le Rosenberg est venu et à souffler dans ton cœur, dans les alvéoles de ton être. Quelque chose que tu ne voulais pas.

Tu l'as eu quand même. Sans jamais te l'avouer, sans jamais vraiment l'accepter. C'était la guerre, c'était le jeu. Tombes amoureux en silence, attends que les cris puissent être entendus. Sauf que la surdité était de mise et qu'aujourd'hui les voix sont faibles. L'es-tu encore ? amoureux ? Est-ce que ça a vraiment été de l'amour ? Plutôt du désespoir. Le dernier recours en temps de conflit, celui qui fait tenir debout et qui insuffle les dernières lueurs d'espoirs. Car si demain ne promet pas de réconfort, pourquoi se battre. Si la victoire ne promet pas la liberté d'aimer, pourquoi chercher à se défaire de ses liens. Mais comment faire, comment accepter que les liens soient ceux crées à partir des promesses demain ?
Zephÿr était le lendemain qui ne vient pas, il est l’éclipse en plein jour, même en sa demeure il reste invisible au cœur. Est-ce que tu veux arranger les choses, Sabal ? Est-ce que c'est pour ça que tu es là ? Ou parce que tu es blessé, parce que tu veux te venger et détruire ce qui t'a détruit. Il t'a eu dans le creux de sa main, toi, la bête sans failles, celui qui ne tressaille que face à lui même. Et là, logé contre ses phalanges, il a serré ses poings et t'a brisé les os. Ce n'est pas lui qui t'a détruit, c'est lui qui t'a anéanti. C'est ce que tu t'es répété pour tenir, pour te garder hors de son chemin pendant un peu moins d'un an. Car t'approcher était trop dur, promettait des remises en questions que tu ne voulais pas affronter. Se rendre compte que son bouc émissaire n'avait pas le choix et qu'il n'est pas responsable de tes accusations, ce n'est pas ce que tu voulais entendre, ou réaliser. Pas même concevoir.

Ses cheveux changent de couleur, son humeur s'empêtre dans tes mots. Tu aurais dû te taire, réfléchir un peu plus avant d'ouvrir ta gueule. Sabal, tu es un idiot. Un imbécile face à une personne que tu ne sais pas concevoir autrement que dans des sentiments que tu ne veux pas. Mais on n'a pas toujours ce que l'on veut, on ne choisis pas qui nous pousse dans nos retranchements. Est-ce que ça pourrait être Zephÿr ? Il est jeune, bien plus jeune que toi. Être raisonnable ne serait plus une question, ce serait illusoire. Tu t'embrouilles dans tes idées et tes pensées. Tes prunelles fixées sur sa chevelure. " Après tout ce temps, c’est la seule chose que tu as à me dire ? "  oh non Zephÿr, si il savais tout ce qui brûle tes lèvres, tout ce qui étouffe ton coeur. L'amertume et la joie sourde des retrouvailles se font la guerre tout autant qu'ils font l'amour. C'est amer de se retrouver, c'est une joie incommensurable que de pouvoir à nouveau reprocher quelque chose à quelqu'un. Tu pourrais vider ton sac, tu pourrais l'anéantir de reproches comme tu étais parti pour le faire. Mais sa voix est palpable, les émotions cachées en son sein l'emplisses de piques et de miel.

Il se retourne, l'homme à la voix de piques et d'ambre. Il te regarde et tu déglutis en silence. Ses prunelles hantent les tiennes. Mais qu'est-ce que c'est...ce lien étrange, cette envie d'étouffer et de protéger en même temps. Pourquoi lui, et pourquoi toi ? Tu pourrais l'anéantir si fort qu'il ne resterait que de l'amour, qu'un désir ardent de rendre sourd et muet le reste du monde. Ses mots, il mentionne Azkaban. La porte qu'il a fermé. Tu fermes les yeux, ton corps se tend. Il ne t'a jamais revu. Il ne te reverra jamais, l'homme qu'il a laissé dans ce cachot y est mort. Ne reste qu'une enveloppe qui questionne ce qui l'entoure et ce qui demeure au fond des os.

Zephÿr sera-t-il toujours un point d'interrogation qui tend vers deux opposés ?
" Tu peux repartir. " Non...tu n'es pas de ceux qui repartent. La joute ne peut pas se terminer sur une porte qui se referme sans que tout ne soit dit. Et il y a encore tant à dire, à avouer, à confesser et à pardonner. Vous êtes des adultes, des fantômes d'enfants lancés dans des camps qui s'amourachent et se détestent. Tu n'as jamais voulu refaire la guerre, on t'y as forcé. Et lui, lui a décidé d'y prendre part d'une manière si dangereuse que sa survie est une surprise amer. Là, il te laisse le choix. Tu repars et tout est fini, ou tu restes et le point final est retardé. Pour être franc, tu détestes les points virgules. Mais les points finaux te font horreur. Droit comme un piquet sur le pas de la porte, tu le regardes, tu l'examines. Le silence se pose et vous observe. Tu ne baisses pas le regard.
- Tu n'as aucune idée de ce que ça fait, n'est-ce pas ? De se retrouver dans une cellule humide ou tout coupe. De ne plus savoir si il fait jour ou si c'est la lune. D'oublier comment on s'appelle, où on est. D'avoir peur de la pluie, des pas. D'oublier qu'on est vivant. tu parles encore sans réflechir. Je te l'ai reproché longtemps. Je t'en ai voulu, si fort que ça faisait encore plus mal que le reste. tu le regardes, tes yeux ne tremblent pas et ta voix sait ce qu'elle dit. Tu fais quelques pas vers lui, tu entres chez lui. En ressortiras-tu ? Mais je suis content que tu sois vivant.

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