Lumos


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Version 7
La version sept est enfin arrivée ! Centrée sur l'épidémie, les problèmes politiques,
de nouveaux clans se forment, venez voir de quoi il en retourne.
Découvre tout ici
L'épidémie dévoilée !
Le Ministre parle de l'épidémie en conférence de presse,
les Médicomages sortent leur premier rapport, les premières conclusions sur l'épidémie !
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Nous manquons d'Aurors à Poudlard et à Pré-au-Lard, de Professeurs et d'habitants de Pré-au-Lard
nous en attendons avec impatience !
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Live more, worry less ✘ Pahra

A. Mahra Vargas
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Hogsmeade
Maison/Métier : Dresseuse de Sombrals
Célébrité : Ira Chernova
Pseudo : Loupiotre Âge : 30 Parchemins : 280 Gallions : 122 Date d'inscription : 18/09/2017
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Live more, worry less
Je me perds. Dans cette folie, dans ce monde. J’me sens pas à ma place. J’ai c’sentiment d’être en trop. Que j’devrais être ailleurs. Nul part. Partout. Avec mes sombrals. Il n’y a que cela qui compte après tout. C’est ce dont j’me persuade. Après chaque représentation. Après chaque regard malsain. Après chaque oeillade courroucée. Après chaque regard libidineux. Pourtant ce n’est rien. Je fais ce que j’aime. Je suis avec mes précieux. Dans un univers que j’connais depuis mon enfance. J’ai grandi dans le cirque. Dans son monde impitoyable. Dans cette course autour du monde. L’offrande des spectacles aux plus grands payeurs. Qu’importe les conditions tant qu’ils paient.  C’était la philosophie du Nuestra Familia. Les représentations privées étaient une source de gallions trop estimées pour être ignorées sous prétexte que la morale était bafouée. Ici, c’est différent. PIros laisse le cirque telle une terre d’asile pour les gens brisés, pour les rebuts de la société. Grâce à lui, ils sont dans leur bulle. A l’abris du monde extérieur et de son ivresse folle. Pourtant j’ai décidé de ne pas y vivre. Le cirque vit en moi, dans ma chair, dans mes veines. Pourtant, depuis que j’ai préféré fuir, je ne parviens plus à rester dans une caravane. Je préfère me détacher. Une bouffée d’air.

Ce soir le spectacle a comme toujours fait hurler, rire, acclamé. J’ai réalisé ma dernière prestation dans ma nouvelle tenue que je m’empresse de balancer une fois les regards tournés. Une fois à l’abris dans ma petite roulotte. Je vire le maquillage trop lourd qui ne me ressemble pas. Je retire ce costume qui me dénature. Je m’excuse silencieusement auprès de mes sombrals. Ce soir, j’ai fuis le chapiteau. Ce soir, j’ai voulu m’isoler rapidement. Un regard sur Piros. Un dernier avant de m’échapper. Je ne sais plus. J’suis perdue… Depuis cette histoire à Pré-au-Lard, j’ai bien compris que sa situation était certainement pire que la mienne pour en venir au point de se grimer ainsi. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il cache. Mais il ne me doit rien… Pourquoi dirait-il quoi que ce soit alors que je m’échappe dès qu’on semble enfin s’apprivoiser ? Pourquoi, tandis qu’il ne sait rien du Nuestra ? Ca me bouffe. Ca devrait pas. Je m’étais promis de ne plus m’emmerder avec l’espèce humaine. Piros est trop présent dans mes pensées, dans ma vie.

Je claque la porte de la caravane sans un regard pour le cirque. J’suis pas d’humeur ce soir. Je vais rejoindre Sören dans son bar. Et pour une fois, elle ne travaille pas, elle sera de mon côté du bar. Ce n’est pas vraiment mon genre, les soirées entre filles, mais la blonde a su me charmer. Elle ne connait que Mahra sans se douter de ce qui se cache autour de moi, mais c’est déjà une chose… Je ne sais pas comment elle réagirait face à mes secrets. Je suis loin de me douter de ce qu’elle cache de son côté. Quand je la retrouve, nous passons la soirée à parler, à boire un peu. Quelques verres, rien qui enivre de trop, juste assez pour être ‘pompettes’. Sören finit par rentrer mais comme à mon habitude, je préfère trainer. Jusqu’au couvre feu ; jusqu’à le dépasser. Ce n’est pas la première fois. Pourtant, j’aurais du me méfier. Je préfère marcher dans ces moments là, car les transplanages sont certainement tracés. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que j’entends des voix au loin, des cris. Des lueurs de sortilèges. Les aurors étaient de sortie cette nuit… Et il n’était pas loin de moi. Je change de chemin ne voulant pas les attirer, mais j’ai le sentiment que je ne vais pas dans le bon sens. Mon regard se perds dans la pénombre. Je réfléchis rapidement. Je n’ai plus qu’à me planquer… Parce que j’veux pas me faire attraper. S’ils se mettaient à fouiner dans mon passé, ce serait la catastrophe. Je finis par transplaner à plusieurs endroits pour semer le doute sur ma présence. Depuis toute jeune, c’est à cela qu’on s’entrainer pour fuir au cirque. Transplaner le plus vite possible pour sauver sa peau.

Je me retrouve alors dans un vieil entrepôt qui semble déserté en cette soirée. Il est pourtant bien agité en temps normal. Ils ont tous pris la fuite… Je m’enfonce dans les dédales dans cette vieille réserve de bois qui à présent est témoin de commerces en sous main. Lorsqu’une ombre se dresse devant moi, ma main s’agrippe à ma baguette. Je me cache à moitié derrière des caisses en bois, quand se dessine la silhouette de cet homme que je ne connais que trop bien. Sa démarche est légèrement chancelante. Je reconnais rapidement son regard assombris par les effets de l’alcool. Lui aussi. Il est comme moi ; il est venu se planquer… J’ai envie de l’engueuler d’être bourré dans une telle situation. A-t-il au moins un peu dégrisé ? Je sors de ma cachette. « Certains s’amusent bien après les représentations. » Ma voix est plus mordante que je l’aurais voulu mais c’est sorti comme ça… Je fais face à son dos pour le moment mais je sais que c’est lui. Sa carrure, sa chevelure. Même son odeur. Je pourrais le reconnaitre entre mille.
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O. Piros Fortescue
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Maison/Métier : ancien gryffondor, choixpeau flou qui n'avait pas l'étoffe d'un lion, il est désormais directeur d'un cirque, maître des cauchemars.
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Pseudo : elly Âge : 22 Parchemins : 2878 Gallions : 794 Date d'inscription : 14/11/2016

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Lover, hunter, friend and enemy, you will always be every one of these. Nothing's fair in love and war. In life, in love, this time I can't afford to lose for one, for all, I'll do what I have to do. You can't understand, it's all part of the plan.

Il avait les yeux rivés sur elle depuis presqu’une heure, absolument fasciné par cette silhouette gracile dont les moindres gestes semblaient relever d’une chorégraphie à la fois complexe et aérienne. Par un puissant sortilège, elle l’avait fait prisonnier de chaque seconde pendant lesquelles elle restait là, accessible, à sa portée, et où il ne trouvait pas la force de la rejoindre. La peur de se faire rejeter le paralysait, il était bien incapable de traverser le chapiteau pour aller l’aborder. Cela faisait une dizaine de jours qu’il évitait systématiquement d’y penser, tant bien que mal, malgré ce visage qui le hantait jour et nuit et sur lequel il rêvait de dessiner un sourire tendre, réel. Pas comme ceux qu’elle fabriquait dans son usine robotique et dont elle se paraît telle une armure pour faire face au monde entier lors des spectacles. Non, il voulait faire naître sur ses lèvres quelque chose de vrai, quelque chose de beau. Quand elle était avec lui, il voyait parfois danser les étoiles dans le noir de ses yeux. Mais jamais il ne le lui avait dit, de peur que ça ne les chasse de son regard et que ça ne le rende ombrageux à tout jamais. Il se contentait de s’accrocher au maigre espoir qu’un jour, peut-être, elle devinerait toutes ces choses qu’il n’osait lui avouer et qu’elle verrait en lui autre chose qu’un simple ami. Le mot lui faisait mal comme mille petites morts qui piquaient dans sa poitrine.

A côté de lui, Gill le concierge se racla bruyamment la gorge pour attirer son attention. « Oublie-la. » Dans un sursaut, il revint à l’instant présent, laissant s’échapper à regrets ses songes teintés d’impossible. « Hm? » Il détacha enfin son regard de la peau de porcelaine de la mexicaine et la réalité l’assomma subitement ; les bruits, les spectateurs, l’agitation, tout se mit à l’oppresser d’un seul coup. Il ignorait à quel point elle l’avait ensorcelé. Le constat fut brutal, sans appel. Il était condamné. « Mahra » rétorqua son ami.  Le prénom lui vrilla le crâne. « Les gens commencent à parler. » Qu’ils jasent, le jeune homme n’en avait que faire. Bien sûr que leur rapprochement si soudain n’était pas passé inaperçu ; lorsqu’on fréquentait une fille comme elle, il fallait s’attendre à ce que tout le monde soit au courant. A croire qu’ils détenaient toutes les vérités sur une relation qu’il avait lui-même beaucoup de mal à comprendre, à s’expliquer. Il était seulement en train de décrypter les codes que la dresseuse lui jetait en pâture. Et si on se moquait de lui, et si on le pensait crédule de s’imaginer pouvoir un jour suspendre une si belle femme à son bras, ça ne l’atteignait pas. Parce que ce que lui-même ignorait, les autres ne pouvaient pas le savoir. La clé se trouvait dans le cœur de Mahra, mais elle était incroyablement bien gardée. « On est juste amis, mentit-il, à moitié. » Il s’efforça de paraître convaincant, il n’avait pas envie d’en discuter. Ce qu’il se fantasmait en silence n’appartenait qu’à lui. « Crois-moi, il vaut mieux que ça en reste là. » Non, il ne pouvait pas, il ne voulait pas. Il devait savoir ce qu’elle refuserait obstinément de lui dire, il trouverait un moyen, il y arriverait. Piros ne regarda pas la fin du spectacle ce soir là et ce fut la première fois.

Il se rua à la Tête du Sanglier, oubliant au passage de se vêtir de sa veste en cuir et de son chapeau. Tant pis si on le remarquait. Tant pis si on le démasquait. Il avait besoin de boire, de noyer ses démons, d’oublier cette femme blonde qui hantait ses nuits et la brune qui nourrissait ses rêves. Il passa une grosse partie de la soirée à boire. Assis au fond du bar, le tavernier le servait sur demande. Piros avait l’alcool mauvais, il chantait de vieilles chansons indécentes au milieu de la taverne mais ce n’était pas le goût de tout le monde. Quelques temps avant le couvre-feu, on le mit dehors.

Piros titube dans les rues de Pré-au-Lard. La chance est avec lui ce soir, malgré qu’il n’ait pris aucune dose de potions de chance mais plutôt beaucoup trop d’alcool. Les aurors l’évitent à merveille mais le jeune homme ne se dirige pas vers sa chambre d’auberge ou vers le cirque. Il se promène et se perd à travers les allées sombres du village. Il est autant perdu dans son esprit que physiquement et quand il entend des cris derrière lui, il se met à courir par instinct. « ARRETEZ-VOUS ! » Il ne sait pas si c’est à lui que l’on s’adresse mais il court, il fuit, parce que c’est ce qu’il sait faire de mieux. Quand il entre dans un grand entrepôt qui paraît désert, il pense que c’est le meilleur endroit pour se cacher. Il fait tomber quelques caisses parce qu’il fait trop noir et qu’il ne trouve pas sa baguette. Soudain, il entend derrière lui : « Certains s’amusent bien après les représentations. » C’est sa voix. Une voix qu’il reconnaîtrait entre mille. Il se retourne, chancelant, et elle est devant lui. Même dans la pénombre, il devine ses cheveux, sa silhouette, son regard. « Lumos. » L’éclat de sa baguette lui brûle les yeux, il met une main devant son front pour limiter la lueur. « Bah j’peux en dire autant d’toi ! Qu’est-ce’ tu fais là ? Pourquoi tu t’caches ? » Il articule mal le lâche, il est totalement bourré. Pourtant, il voit toujours aussi bien. Il voit Mahra et ses beaux yeux, où dansent les étoiles.




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wicked, wicked to the core
The smoke is part of circus legend: once upon a time, we were burned to the ground. But we did not die. Instead we kept burning, kept moving, kept growing. The smoke surrounds us, even if we no longer burn.  

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A. Mahra Vargas
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Parfois je me demandais pourquoi le destin était si cruel avec moi. J’avais peur de ces contrôles. Je n’aurais pas la chance cynique de tomber sur Siegfried une nouvelle fois si je devais me faire arrêter. Et cet auror, cet espion, ce faux traitre, allait-il le garder pour lui mon passé ? Mon nom ? Mes secrets ? Alors instinctivement je fuyais. Comme je l’avais souvent fait avec le Nuestra Familia. Comme je m’étais détournée d’eux il y a présent quelques mois. Pourtant, personne n’avait jamais rien prouvé. Pas une faille dans les rouages du cirque mexicain. Quels risques venant des aurors ? Mais le vice était partout. Et je me doutais que le cirque était aussi sur mes traces. J’avais vu ; je connaissais bien trop de choses pour qu’ils me laissent libre. Creuser mon trou ; m’effacer dans l’ombre de l’Angleterre, ce pays où la décadence et l’orgie m’avaient écoeuré. C’était ça mon plan. Sombrer lentement dans l’obscurité d’une contrée que je haïssais. Aller là où ils ne m’attendaient pas. Pourtant j’avais raté une marche. Siegfried s’était retrouvé sur mon chemin au détour d’un contrôle. J’avais attiré l’attention de cet auror, ami avec Sören. Non rien n’allait comme je l’avais prévu. Encore moins mon univers retourné par les mains agiles du Maitre des lieux. J’m’étais jurée. Dans mon âme, dans mes cicatrices les plus profondes. Je l’avais ancré dans ma chair. Plus jamais. Ne plus jamais me laisser attiser. Repousser la tentation. Eloigner tout ce qui pouvait s’affilier à des sentiments.

Mais je travaillais avec lui. On se cherchait, on se trouvait. On se repoussait. C’était une danse insolente, indolente. Déroutante. J’voulais pas. Mais j’étais irrémédiablement attirée. Tel un papillon dont les ailes s’embrasent à la lumière si tentante. Combien de fois j’aurais voulu me cacher dans ses bras ? Me laisser caresser par ses prunelles ambrées, m’enrouler dans son odeur. M’accrocher à cette chaleur qui m’apaisait tant. Pourtant. C’était nocif. L’un pour l’autre. Il y avait trop de silence. Trop de méconnaissance. Nos heurts faisaient jaser. Le Maitre des Cauchemars. La Fille de la Mort. Oui, on dansait. Une valse macabre. Endiablée. Et cela tournait, étourdissait.

Mais cette danse, elle ne prenait jamais fin. J’étais à bout de souffle. Mon myocarde souffrait tant il battait un rythme insolent. Où que j’aille, quoi je fasse, il était là. Dans mes pensées. Dans mon monde. Il était mon ombre. Et encore en cet instant, je voyais sa carcasse se dresser devant moi. Cruel destin que nous confronter dans cet entrepôt. Durant un tel instant. « Lumos. » Sa voix rauque me transperce. La lueur qui s’échappe de sa baguette m’oblige à détourner le visage. Mes yeux se plissent pour s’habituer à son intensité. « Bah j’peux en dire autant d’toi ! Qu’est-ce’ tu fais là ? Pourquoi tu t’caches ? » Sa voix est trainante. Je connais que trop bien l’état dans lequel il se trouve. Les questions me percutent malgré tout. Ce n’est pourtant pas le moment. Dehors, l’agitation est toujours incandescente. Ce n’est jamais le moment entre vous. Jamais le moment de régler vos comptes, de parler, de se dévoiler. Encore moins lorsqu’il est ainsi grisé par l’alcool. « Et toi, pourquoi tu t’caches ? » C’est mordant. Je réponds aussi rapidement qu’il n’a posé la question. Je finis par m’approcher de lui, de sa silhouette chancelante. Ma main se pose sur son poignet pour l’obliger à baisser sa baguette qui m’éblouit. Je devrais éviter ce genre de contact. J’en suis souvent à l’origine. « Baisse son intensité. Ils ne vont voir que ça s’ils passent par ici ! » murmure qui traverse mes lippes presque séchement. Je reste à l’affut du moindres bruits qui nous entourent. Je ne sais pas si cet endroit était le meilleur des lieux pour se cacher d’une visite impromptue des aurors. J’ai l’impression que des éclats de voix s’approchent. Mais l’entrepôt possède un tel écho que cela pourrait venir de n’importe où et partout à la fois.

J’agrippe son poignet pour l’attirer derrière des caisses empilées les unes sur les autres. Cachant ainsi notre présence aux yeux importuns. Je libère ma prise sur lui un peu trop rapidement peut-être. J’m’adosse contre les caissons de bois. J’ai envie de fumée pour me détendre. Je n’ai pas assez bu pour être euphorique. Assez pour ne pas maitriser complètement la situation. Où est-ce simplement Sa présence qui me donne cette impression ? Je ferme les yeux. Comme quand je suis prête à passer sur scène. Quand je me concentre, quand j’m’isole dans ma bulle pour chasser cette tension qui m’envahit avant chaque représentation. Mais j’les ouvre rapidement. Pour surveiller si Piros est toujours là. Même si je sentais sa présence. C’est malgré tout rassurant de l’avoir à mes côtés. « Pourquoi tu te mets dans de tels états Piros ? » Murmure désabusé que je laisse s’échapper. Je ne comprends pas pourquoi il se détruit ainsi. Comment entendre cette âme ébréchée alors même qu’elle m’est inconnue ? Mais qui serais-je pour lui faire la morale ? Je ne suis qu’une façade qui se cache derrière un masque figé, fatigué. Est-ce tellement mieux qu’aller se réfugier dans l’alcool ?
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O. Piros Fortescue
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Lorsqu’elle planta ses prunelles émeraudes dans les siennes, il sentit son cœur se serrer. « Salut. » elle aurait pu simplement le saluer d’une déglutition difficile, voix hésitante. Elle ne le libèrerait plus des reflets mordorés qui faisaient briller ses yeux, il était à nouveau hypnotisé par tout ce chaos qui se dégageait subtilement d’elle. Il perdit le peu de moyens qu’il possédait, ainsi exposé, la chair à vif, sous son regard de braise – de fauve, autoritaire. Il s’était plongé dans la fente de ses orbites pour trouver en elle l’audace dont il manquait tant. Il y décela une étincelle qui se mit à scintiller dangereusement, quelque part en elle. Mahra  le considérait de son air habituel, ni froid ni chaleureux, un peu particulier. Son visage parfait et délicat se transforma en un faciès faussement surpris, elle ne lui cachait même pas qu’elle s’était attendue à le trouver ainsi. Il se fracassait contre sa peau, comme des vagues contre un récif. Alors elle ne cherchait pas à rendre convaincante la seule expression qu’elle acceptait d’afficher.  La dresseuse ne laissait jamais rien transparaître, pourtant elle était loin d’être inexpressive. Seulement elle rejetait sans cesse toute spontanéité ; chaque émotion qu’elle laissait voir au regard du monde devait être nécessairement sous son contrôle, à tout instant. Il en avait pleinement conscience, pourtant il s’acharnait encore à vouloir la surprendre. Mais là, c’était raté. Elle ne le salua pas.  « Et toi, pourquoi tu t’caches ? » Mordante. Elle était en colère ? Piros était sûr de l’aimer aussi quand elle était en colère. Il pouvait l’aimer n’importe où, n’importe quand, n’importe comment. Quel idiot. « Baisse son intensité. Ils ne vont voir que ça s’ils passent par ici ! » Elle prend les choses en main, comme d’habitude, mais avant qu’il ne s’exécute, il voit passer dans son regard une lueur qui s’éteint. La déception ? L’épuuisement ? Piros en est la cause.

Une ombre, sinistre, s’était abattue sur eux.  Elle les avait engloutis dans les ténèbres, comme ça, d’un seul coup. Fatal. Et à partir de cet instant, Piros crut qu’il ne serait plus jamais fait pour la lumière.

Elle l’attire vers lui, dans un coin sombre. Un scenario qui pourrait les perdre tous les deux, et pourtant, rien ne se passe. Mahra ferme les yeux, pose sa tête contre les caisses qui les protège ou les enferme. Piros voit son cou, nu, il a envie de l’embrasser. Mais il se perd dans ses propres pensées. Boire pour oublier ? Il n’avait pas besoin de ça pour perdre ses souvenirs. Parfois, le sorcier se rendait compte que ses pensées étaient floues, son esprit perdu, enrhumé. Mais il ignorait d’où cela venait. Quelques bribes du passé étaient incomplètes, son histoire déchirée. Et il voyait en Mahra une nouvelle page à tourner. Mais elle ne cessait de toujours l’enfoncer. Il se repasse en boucle son attaque. Elle voulait savoir pourquoi il se cachait, elle répondait toujours à ses questions par d’autres questions. Il s’était livré à elle, il pensait qu’ils avançaient, mais elle ne faisait que les faire reculer. Encore et encore. « Pourquoi tu te mets dans de tels états Piros ? » Il ne lève pas la tête, il ne veut pas affronter son regard lourd de reproche. Il sait ce qu’elle pense. Et pour une fois, il s’en fout. Il ne veut plus souffrir à cause de ce que les autres pensent de lui. Il aura beau essayer, il ne rentrera jamais dans le moule. Il aura beau essayer, Mahra ne sera jamais à lui, entièrement. Elle est sauvage, comme ses sombrals. Et on apprivoise pas le vent. « Qu’est-ce que ça peut t’faire ? » Il est sur la défensive le maître des cauchemars. Il ne veut plus entendre la voix de Mahra, et pourtant tout son corps crie, la supplie de parler, de murmurer, de chanter. Il a besoin d’elle, malgré lui, parce que ce soir, il aimerait pouvoir l’oublier. Mais elle est en lui.

Piros s’adosse contre des caisses, il essaie de comprendre où il est, mais même ça il en est incapable. « Pourquoi tu réponds toujours par des questions ? »  Après tout, si ils sont coincés là, autant taper la causette. A force de danser, de se tourner autour, ils vont finir par se louper comme on loupe un train, de justesse, de déception, de colère. « Tu me rends fou Mahra… » Sa langue se délie toute seule, sans qu’il ne l’autorise à délivrer de tels secrets. Le piège se referme. Ça lui lacère la poitrine, de la voir comme ça, face à lui. Il croyait que ça ne l'atteindrait pas, depuis le temps qu'il s'applique à ne rien ressentir. Mais c'est tout le contraire, il a mal partout. La douleur le prend par surprise, lui qui se pensait immunisé. Il est tout paniqué par cette vague de peur qui l'envahit, ça le retourne dans tous les sens et il ne sait pas quoi faire. Il a l'impression de respirer de l'éther qui fait des ravages dans ses poumons. Son souffle lui brûle la trachée, devenue extrêmement inflammable. Il y a une boule qui reste coincée dans la gorge chaude. Elle met longtemps avant de presque disparaître. Le regard de Piros ne quitte jamais le visage de Mahra. Il est soulagé d'avoir ce verrou en lui, qui l'empêche de péter les plombs parce qu'elle n’est pas prête. Il est calme même quand il est impatient, même quand ça le bouffe de l'intérieur tellement l'attente lui est insupportable. « Est-ce que je te fais peur ? » Il s’approche d’elle comme elle l’a fait un peu plus tôt. A quelques centimètres de son visage. L’endroit est exiguë, il peut presque toucher ses hanches. À tout moment, il pourrait perdre le contrôle.




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L’obscurité. Elle est partout autour de nous. Sa baguette est moins luisante mais elle n’a jamais transpercé nos esprits. Notre âme. J’voudrais parfois lâcher prise. Baisser mes gardes, le laisser venir à moi. Céder à ces pulsions, péché de la faiblesse, au doux goût sucré dont l’amertume s’éveille bien plus tard. Cela serait si aisé. Et après ? Il s’agit de Piros. Pas de n’importe quel homme qui pourrait être de passage dans ma vie. Pas une histoire d’un soir, une sans lendemain. Piros il est partout. Dans ma vie, dans mes pensées, dans mon… coeur Il est pourtant fait de pierre depuis des années. Pourtant je le sens s’éveiller au creux de ma poitrine sous la chaleur de sa main. Ca fait peur. Ca fait mal. D’une seule pression, la pierre peut se transformer en poussière. Serait-ce alors ma destruction ou encore une fois ma fuite ? « Qu’est-ce que ça peut t’faire ? » Mon regard se vrille au sien. J’ai envie de lui dire que je m’inquiètes pour lui. Ce serait les propos sincères d’une amie. Mais mes lippes restent closes. Car mes mots ne seraient pas teintés que d’une note d’amitié. J’ai voulu nous mettre à l’abri des regards. Les échos s’estompent. Mais la promiscuité entre nous, elle aussi se réduit. Coincés entre ses caisses qui résonnent de bruit de verres dès qu’elles s’entrechoquent. Alors j’me mure dans le silence parce que je ne sais faire que ça. Parce qu’il a trop bu et moi pas assez. J’l’observe se caler contre les caissons qui me font face. « Pourquoi tu réponds toujours par des questions ? » Je détourne le regard un instant. Faisant mine d’observer quelque chose au loin, de réajuster mon pull à mon épaule. Je n’avais pas envie d’une soirée confession. Je n’avais pas commencé cette soirée ainsi. « Tu me rends fou Mahra… » Mes bras se croisent sur mon ventre, ne lui offrant que mon profil. Je crois que mon coeur manque un battement. Peut-être deux. La vérité me frappe, me percute brutalement : il a réussi à l’éveiller de nouveau. Et ça me terrifie. J’ai souvent crié en silence devant les horreurs du Nuestra Familia. C’est exactement ce que je suis en train de faire. Parce que je perds pieds. Parce que sa silhouette titubante qui s’approche me fait vaciller, incertaine de ce que je dois dire, de ce que je dois faire. Ma cervelle cherche. Elle creuse. Ma raison semble s’être endormie. Elle ne me dicte plus rien. Il me prends au dépourvu et je suis complètement perdue.

« Est-ce que je te fais peur ? » Je détourne enfin le visage pour le relever. Planter mon regard dans le sien. Sa stature s’impose avec une aisance naturelle dans mon espace. Son visage si près du mien. Mes iris oscillent un instant sur ses lippes. Trop proches, trop tentantes. Est-ce que je te fais peur ? La question s’évade, se répète en boucle dans mon esprit. « Est-ce que je devrais avoir peur ? » Encore une question en guise de réponse. Mon souffle frôle ses lèvres. Il est si proche et si loin à la fois. Mais je n’arrive plus à réfléchir. Pas avec son corps si proche du mien. Pas avec l’esprit troublé par les quelques verres que j’ai bu. Par Lui tout simplement. Mon souffle se fait court. Ma poitrine se soulève de façon désordonnée. Au bout de quelques secondes, les mots sortent enfin : « Non Piros. Tu n'me fais pas peur. » Je pose doucement mon front contre le sien. Ferme de nouveau les yeux pour chercher mes mots. Reprendre mon souffle. Est-ce qu’il a trop bu pour avoir conscience de cet instant ? Je ne sais même plus ce que je fais moi même. Mes bras se délient, mes mains se posent sur son torse. Ce qui me fait peur ? Pas lui. Pas moi. Nous.

Mes lèvres se posent alors doucement sur les siennes. Une note ambrée de whisky s’immisce entre mes lippes. J’sais pas pourquoi. J’sais pas comment. J’l’ai juste fait. Mes assassines froissent un peu sa chemise alors que je recule doucement mon visage, plante mes prunelles sombres dans les siennes. « En vieil allemand, cauchemar est issu de mahra qui veut lui même dire cheval et… la prononciation se confond souvent avec le mot mourir. » Je réponds à cette question silencieuse qui remonte à ce qui me semble être une éternité à présent. Lorsqu’il m’avait confié l’origine de Piros. Je laisse chavirer ma tête en arrière contre les caisses lourdes dans mon dos. « Je trouve que c’est un très bon résumé de ma vie. » Mon palpitant a pris un rythme abrasif. C’est la première fois que je dévoile l’origine de ce nom de scène qui me sert de masque. « C’est vide dedans Piros. J’ai plus envie de souffrir. J’ai plus envie d’avoir mal. » Ca pulse dans toutes mes veines, dans ton mon corps. C’est enivrant. Troublant. « Et si j’te laisse approcher… » Je ne finis pas ma phrase. Il doit comprendre non ? Mes mains glissent le long de son torse pour retomber contre mes flancs. C’est comme si j’abdiquais. « Ca se termine toujours mal avec moi Piros… » Je l’observe et espère, ne serait-ce qu’une minute qu’il a trop bu. Tellement, que demain, il ne s’en souviendra plus.
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O. Piros Fortescue
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Il avait rechuté, et plutôt spectaculairement. C’était certainement à cause de l’hiver, de la neige qui tombait sans appel dans les rues, la poudreuse blanche symbole de l’oubli, qui recouvrait tout le village et ceux qui s’y trouvaient. C’était parce que l’hiver sans son père était insupportable ; parce que Mahra l’évitait toujours, qu’il avait appris qu’elle se rapprochait dangereusement d’un imbécile trop doux pour son caractère sauvage ; parce que l’inquiétude d’Iverna le rendait dingue ; parce que l’alcool lui manquait, parce que tout faisait trop mal. Alors il était retourné à la Taverne, il s’était pris une cuite sans nom au beau milieu de l’après midi, jusque tard le soir –parce que pourquoi attendre la tombée de la nuit ? Il est toujours midi quelque part – sous le regard désolé du tavernier, dont l’alcoolisme rivalisait presque avec le sien.

Piros avait tenu trois semaines, trois semaines sans une seule goutte d’alcool. Cela avait été un exploit ; les douze travaux d’Hercule façon Fortescue, une putain de victoire, il s’attendait presque à voir des cotillons tomber du ciel. Et pourtant, il en était presque à tituber, à ramper comme un vers de terre dans cet hangar parce qu’impossible de tenir debout très longtemps. Il en avait fait, des efforts. Et pourtant, il y avait eu la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Il se sentait terriblement vide depuis le jour où il avait appris qu’Erèbe était sorti. Le criminel avait eu sa chance de prendre sa revanche, par St Cyril, il n’avait attendu que ça pendant toutes ces années ! Et pourtant, lors du moment fatidique, il avait tourné les talons, choisi de laisser le misérable enfoiré vivre.

Sur le coup, il avait justifié son action en se disant que ce qu’il faisait à ce minable était pire, qu’il le laissait vivre avec la culpabilité d’avoir tué quelqu’un, avec la connaissance et la conscience d’être un meurtrier, une putain de raclure. En vérité, c’était moins noble que ça ; et il le savait. Il avait été faible. A cet instant précis, il avait réalisé ce qu’il n’aurait jamais voulu réaliser : Tuer Erèbe ne lui rapporterait pas sa liberté pour autant. Et quel que soit le nombre de pains qu’il lui enverrait dans la tronche, il ne pourrait jamais la venger. En traquant son ennemi comme il le faisait, il creusait sa tombe, et il n’était plus sûr de vouloir mettre les pieds dedans. Il avait privilégié la vie à la mort ; et il était rongé par ce choix qu’il regrettait, qu’il regrettait de toutes ses forces, mais qu’il était persuadé de refaire si on lui donnait un Retourneur de Temps.

Alors il était retourné à la Taverne, et plongé dans la seule condamnation salvatrice qu’il avait sous la main ; le Whisky pur Feu. Il avait tout foiré, encore une fois.

Et il comptait tout foutre en l’air, puisqu’il se rapprochait dangereusement de Mahra, ils n’avaient jamais été aussi proches avants et ça le stimulait, ça lui donnait un but, enfin. Il lui demande si il l’effraie, parce qu’il doute de sa réputation. On le surnomme le Maître des Cauchemars alors que c’est lui qui a toujours été un putain de froussard. Ce surnom, il ne le mérite pas, il n’en veut plus. Il a fait trop de mal autour de lui, mais le cirque est accroché à sa peau. Il ne s’en débarrassera jamais. Elle reprend encore sa question, parce qu’elle est maligne Mahra, elle agit toujours ainsi. Mais Piros se rapproche un peu plus, pour la défier, pour la faire réagir. Il colle presque son bassin contre le sien, et alors elle relève les yeux. « Non Piros. Tu n'me fais pas peur. » Elle est douée la dresseuse, elle l’apaise, comme elle le fait avec ses chevaux ailés. Elle pose sa tête contre son front, et il sent toute la colère, tout la rage, s’évader. Comment fait-elle ? Comment peut-elle l’apprivoiser ainsi ? Elle pose ses mains sur son torse et ça le fait frissonner. Le maître des chauchemars ne maîtrise rien du tout. Il a déclenché quelque chose de plus fort que lui. Et quand elle pose ses lèvres contre les siennes, il oublie tout. Erèbe, l’angle blond, les Aurors. Tout est vide autour de lui, il n’y a que Mahra. Elle a les lèvres fines et il meurt d’envie de les baiser jusqu’à l’auror. Il veut la prendre dans ses bras, mais il n’ose pas. Finalement, le baiser est court, beaucoup trop court. Et quand elle s’écarte, elle semble encore plus triste, plus détruite qu’avant. Piros ne comprend pas. « En vieil allemand, cauchemar est issu de mahra qui veut lui même dire cheval et… la prononciation se confond souvent avec le mot mourir. » Tout s’éclaire. Piros se rend compte qu’elle s’ouvre à lui comme elle ne l’a jamais fait, et ça le comble de joie, et de peine en même temps. Il comprend qu’elle a une histoire, un passé, comme eux tous et qu’il lui faudra du temps. Mais elle a ouvert la porte, et c’est un espoir que le sorcier ne peut pas laisser passer. « Je trouve que c’est un très bon résumé de ma vie. » Elle a baissé les armes et pour l’encourager à continuer, Piros veut lui prendre les mains, celles qu’elle a toujours posé contre son torse. Le contact est fort, intime. « C’est vide dedans Piros. J’ai plus envie de souffrir. J’ai plus envie d’avoir mal. » Je ne te ferai aucun mal. Mais ça, il ne peut pas lui promettre. « Et si j’te laisse approcher… Ca se termine toujours mal avec moi Piros. »

Ils étaient deux. Maudits par leur passé, par leur carapace. Et ça le tuait à petits feux, parce qu’il savait que rien ne serait jamais comme il faut. Pourtant, il est prêt à plonger dedans la tête la première. Il est prêt à la suivre et à l’emporter avec lui. Parce qu’une fois ne suffit pas, il lui faut d’autres baisers. « On est deux alors. Et je préfère aller en enfer avec toi, qu’aller nulle part ailleurs. » Piros prend les devants et rattrape les mains de Mahra qu’elle a lâché. Il a été trop doux, trop bon avec elle. Il veut lui montrer qu’elle n’a rien à craindre. Elle n’est pas comme ses chevaux finalement, elle est bien plus forte, bien moins sauvage. Il lui lève le menton d’une de ses mains et il plonge dans ses iris sombres. Celles dans lesquelles il aime tant se noyer. Des milliards de pensées se bousculèrent dans la tête de Piros. Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il se passait, ce qu'il lui arrivait. Tous les deux étaient incapables de se comprendre, pour la première fois. C'était comme s’ils parlaient un langage codé. C'était le monde qui tournait à l'envers. La sensation du baiser de Mahra sur ses lèvres lui donna l'effet d'une décharge électrique. C'était comme s’il recevait des centaines de poignées de châtaignes sur chaque particule de sa peau. C'était comme si sa colonne vertébrale allait de travers. C'était comme si on lui brûlait le corps.

Il était un homme, un séducteur, et des baisers il en avait donné des tas. Mais il en avait reçu rarement. Alors au fond, peut-être qu'il avait tout fait pour que Mahra le remarque, peut-être qu'il avait peur de ne pas compter, car au fond, il n'avait jamais compter pour personne. Il n'était qu'un misérable, il en avait conscience, et c'était pour ça qu'il agissait avec autant d'arrogance et de dédain au quotidien, parce qu'il voulait se protéger des sentiments humains. Mais, il ne pouvait plus se protéger de Mahra, elle l'avait cerné, elle avait tout compris, comme elle le faisait depuis toujours. Alors Piros n'avait plus qu'à abandonner, il n'avait plus qu'à lâcher prise et enfin s'avouer à lui-même ses secrets enfouis. La fougue le transportedans une danse mouvementée qui lui fait tout oublier. Il se détend, relâchant ses muscles, la serrant contre lui. Il lui prend la taille, et la soulève un peu, pour qu'elle puisse être à sa hauteur. De l'autre main, il lui caresse le visage, sa peau est douce, il peut sentir sous ses doigts la chaleur et la fragilité de Mahra. Elle est comme un oiseau courageux qui veut à tout prix s'envoler. Elle cache quelque chose en elle qui veut à tout prix se montrer. Et peu à peu, ses caresses se font de plus en plus entreprenantes. Piros décide de franchir le barrage de ses lèvres pour venir entremêler sa langue à la sienne. Il n'a jamais ressenti cela avant. Chaque particule de son être se décompose. Toutes les certitudes qu'il avait eu jusqu'ici se brisent. Piros était en train de tomber, et ce baiser était la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher.





(c) chaotic evil


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The smoke is part of circus legend: once upon a time, we were burned to the ground. But we did not die. Instead we kept burning, kept moving, kept growing. The smoke surrounds us, even if we no longer burn.  

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A. Mahra Vargas
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Mon coeur bat tellement fort au creux de ma poitrine que cela en est douloureux. Il soutient un rythme abrasif. J’ai l’impression de le sentir dans la moindre partie de ma carcasse. Cela fait plusieurs mois que je suis en exile sur cette terre Anglaise. Plusieurs mois que j’offre un masque à ce nouvel univers qui m’entoure. Ces mots, cela fait pourtant des années qu’ils sont restés en moi. Peu de personnes savent réellement la signification que mon nom d’emprunt. Encore plus rare sont ceux qui connaissent mon véritable prénom. La dernière fois que je l’ai entendu, Siegfried l’avait utilisé avec une note perfide pour asseoir une forme d’ascendance à mon égard. Ce qui m’horripilait encore et toujours. La faiblesse d’Alejandra semblait toujours omniprésente. J’avais beau me retrancher derrière mon air arrogant, ma mine boudeuse et mes mots acidulés, Alejandra venait toujours m’enliser.

Comment Piros était-il parvenu à ça ? De ses mains agiles, il semblait retirer une à une les pierres qui constituaient le mur qui me servait d’abris. Erigé depuis des années à coup de cynisme et de mordant. Dressé derrière un air détaché et insensible. Je l’avais laissé s’approcher toujours un peu plus près. Toujours un peu plus loin. Je lui avais offert quelques brides de mon univers. Il s’y était accroché sans que je le réalise. Il était devenu une silhouette que j’avais besoin de voir quotidiennement. Un regard ambré qui m’apaisait quand je plongeais dedans sans savoir réellement pourquoi. Aussi déroutante que troublante, votre relation avançait sur un chemin enfouit dans l’obscurité. Perdue entre l’agacement, l’incompréhension. Perdue dans ce besoin de l’autre sans mot pour le définir. Je m’étais jurée d’éviter d’entrer dans ces danses macabres. Je ne voulais plus me faire avoir.

Trop de fois ma confiance avait été bafouée. Trop de fois l’humanité m’avait détruite de l’intérieure. Les monstres qui valsaient dans ce monde étaient bien trop nombreux. Bien trop cruels. Toutes les horreurs que j’avais vu. Les trafics. L’asservissement. La torture. La mort. A l’orée de ma majorité j’avais découvert les dessous cachés du Nuestra Familia. Ma peau était marquée de leurs couleurs ; leur tatouage caché parmi tous les autres que je possédais. A croire que je ne pourrais jamais avancer sans eux. Ils seraient toujours là. Quelque part dans ma chair, dans mon être. Et si toutes les monstruosités que j’avais vu m’avait laissé sans réaction, je savais maintenant que jamais je ne les oublierai. Qu’elles faisaient parties intégrantes de moi. Et je n’étais pas prête. Pas prête à dévoiler mes réminiscences tortueuses, pas même à Piros.

Pourtant, je l’ai laissé approcher. Plus que jamais ce soir alors qu’il est ivre. J’ai bu aussi quelques verres mais ce n’est pas une raison. C’est peut-être encore pire. Son corps n’a jamais été aussi proche du mien. Mes lèvres accrochent doucement les siennes avant de me dévoiler. Comme si cela brisait une nouvelle retenue. « On est deux alors. Et je préfère aller en enfer avec toi, qu’aller nulle part ailleurs. » Mon palpitant s’affole lorsque ses paroles viennent me percuter. Mes prunelles se perdent dans les siennes. Il ne se rends certainement pas compte. De la puissance de ses mots. De ce qu’il peut représenter pour moi. Je le laisse s’emparer de mes mains, attraper mon visage. J’ai arrêté de fuir. La contre ces caisses. Entre son corps charnel et le bois usé de ces boites. Sa chaleur rassurante. Son odeur comme une note entêtante. L’étreinte devient plus intime. Avec une délicatesse qui m’envoute, qui me déroute. Je me perds dans ses bras, sous ses tendres caresses. Jamais un homme ne n’a touché ainsi. Avec cette forme de respect, cette douceur. Quand il me hausse légèrement à sa hauteur, je sais ce qu’il va se passer. Je le sais parce que moi aussi j’en ai envie. Parce qu’il a su comment m’apprivoiser, comment s’immiscer dans mon monde. Il est parvenu à créer une bulle autour de nous. Je me laisse aller mes lippes avides de retrouver à nouveau les siennes ; de venir le goûter. Et lorsque nos langues se rencontrent pour la première fois, ça m’électrise. Dans chaque parcelle de mon corps. On dirait que je m’embrase. Une douce chaleur émane de mon myocarde pourtant desséché. Je le ressens dans mon coeur, dans mon ventre, au bout de mes bras. Mes doigts se glissent dans sa chevelure. Se nouent parmi ses boucles. C’est un baiser sensuel teintée d’une émotion tendre. C’est comme on se cherchait. Comme si on s’apprenait. Une façon de s’apprivoiser, de se découvrir. De se séduire.

J’en oublie où on se trouve. Il y a juste nous. Deux âmes perdues qui se complètent sans même se comprendre ; sans même en avoir besoin. Mais le vide enlise. Au fond de moi, une petite voix murmure : vous allez vous détruire. Lorsque le baiser prends fin, je reste accrochée à sa nuque. Je relève doucement mon visage, plonge mon regard dans le sien. « Je suis peut-être ton enfer… » Un murmure soufflé contre ses lippes. Elle, l’Etrangère, celle qui danse avec la mort. Celle qui a réussi à amadouer les animaux de la sombre faucheuse. Elle ne veut pas l’entrainer dans ces hécatombes. Lui qui lui a ouvert les portes d’un nouvel asile sans poser de questions. Lui qui lui a permis de retrouver une bouffée d’oxygène dans ce monde dans lequel elle étouffait. Le bout de ses doigts glissent le long de sa nuque, de son cou. Elle sent sa chair sous la pulpe de ses doigts pour la première fois. « Je crois qu’on fait une connerie… » Parce que j’ai la trouille. Parce que je sais pas où ça peut nous mener.  « T’as bu et moi non plus j’suis pas totalement sobre… » Mon regard se dérobe. Peut-être que l’alcool nous donne un sentiment de courage ce soir. Mais qu’en sera-t-il demain ? Je me sens tellement bien contre Lui. Et si mes mots cherchent à le convaincre, je me les adresse à moi même. Pourtant pas un instant je cherche à m’échapper. Mes mains se sont de nouveau loger contre son torse. J’ai envie de lui dire à quel point il est un repère dans cette nouvelle vie. Lui exprimer à quel point il peut compter. Mais les mots se dérobe.

De toute façon…

C’est déjà trop tard.

Rien ne sera plus jamais pareil après ce soir.

Alors pourquoi résister ?

Mes mains se crispent légèrement sur sa chemise.

J’hésite. Juste un instant. Juste une seconde.

Avant que mes lippes ne se posent alors de nouveau sur les siennes. Moins timides. Se sentant déjà en terrain conquis.
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Et tandis que la ceinture cède enfin des éclats de voix nous font sursauter.

La bulle éclate.

Nous sommes rattrapés par la sombre réalité. Si nous pensions être à l’abris les escouades d’aurors sont arrivées jusqu’ici. A peine le temps de s’envelopper dans sa chemise. Le doute, la peur. Elles nous assaillent. S’agrippant l’un à l’autre, on transplane.

Retour à la case départ. Le cirque. Le silence. Nos regards qui se cherchent qui se fuient. Je m’enroule sans sa chemise trop grande pour moi. L’ivresse s’est enfuie. La raison revient. Je.. on ? se tourne le dos. Et gagnant ma roulotte dans laquelle je ne dors presque jamais, je me perds dans son odeur qui imprègne le tissu qui m’enveloppe.

Il ne voulait pas se perdre disait-il ? Pourtant, ça y ressemblait bien.
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