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Original family disapointments ◊ Maggie

Orphée L. Delaunay
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Élève de Gryffondor
Maison/Métier : Gryffondor en sixième année
Célébrité : Ella Purnell
Pseudo : Barling Âge : 25 Parchemins : 233 Gallions : 585 Date d'inscription : 06/04/2018

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Original family disapointments

Maggie ◊ Orphée

I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim.

   

   

Samedi 18 décembre 1999

Poussant un long soupir exaspéré qu'elle ne prit même pas la peine de dissimuler Orphée se retourna brusquement. « Tu poses une fois de plus ton regard sur ce parchemin et, par Merlin, je te jure que ce sera la dernière chose que tu verras. » Lança-t-elle d’une voix forte qui claqua malgré le brouhaha ambiant de la Grande Salle. Le silence se fit autour d’elle alors qu’elle braquait un regard mauvais sur la jeune -et idiote- rouge et or assise à ses côtés qui tentait de lire son courrier par-dessus son épaule. Le visage de la petite perdit ses couleurs devant l’expression féroce de la française et elle baissa enfin les yeux, honteuse de s’être fait rabrouer de la sorte devant tous leurs camarades de maison. Avec un nouveau soupir, Orphée détourna le regard, ignorant ostensiblement tous les visages qui s’étaient tournés vers elle. Leur expression de profonde réprobation aurait pu la troubler, mais elle n’en avait rien à faire. Elle avait bien d’autres choses en tête que les états d’âme des autres Gryffondors. Ce n’étaient pas parce qu’elle avait été répartie dans leur maison quelques mois plus tôt qu’ils pouvaient tout se permettre avec elle. Loin de là. Alors elle faisait de son mieux pour ne pas sentir les regards des autres élèves sur elle tandis que ses doigts s'agrippaient au parchemin avec de plus en plus de force, le froissant sans ménagement. Son regard s'était figé et sa respiration s'était soudainement accélérée, presque douloureusement. Le balai des hiboux qui regagnaient la volière émerveillait plus d'un élève mais elle semblait ne pas les voir, Orphée. Son regard était vrillé sur les mots qui composaient son courrier, les fixant avec une telle intensité qu’il aurait pu les brûler. Le sceau du Ministère de la magie anglais, accompagné de celui de la France, elle ne voyait plus que ça. Fatigué de lui pincer les doigts sans obtenir de réaction Sherlock, son hibou, fini par prendre son envol, non sans avoir profité de sa visite dans la Grand Salle pour piquer quelques céréales dans le bol intact de sa maitresse. Même ses rares amis assis à ses côtés n’obtinrent pas de réponses quand ils lui demandèrent si tout allait bien. Le teint soudainement d'une pâleur alarmante de la sorcière et les légers tremblements qui agitaient ses membres ne laissaient aucun doute quant au trouble qui l’avait gagné. Pourtant ce n’était pas un malaise que sa réaction trahissait, c’était de la colère. Une colère vive qui rongeait tout sur son passage. Un sentiment envahissant qui menaçait de l‘engloutir si elle ne le maitrisait pas. Or, elle n’avait jamais été douée pour contrôler ses émotions, Orphée. Quelques secondes elle resta là, immobile au milieu des élèves, consciente qu'elle était le point de mire, sentant la rage s’insinuer petit à petit dans tous les pores de sa peau. Sa main s'abattit sur la table en bois avec force alors qu'elle se relevait vivement, ne prêtant pas attention aux autres et au fait que le petit déjeuner venait à peine de commencer. Elle n’avait pas touché à son repas, mais c’était bien le dernier de ses soucis. Sans un mot ni un regard elle abandonna ses camarades sur place.

Elle avait besoin de calme pour réfléchir au contenu de la lettre. Elle avait besoin de silence et de solitude. Pourtant ses pas résonnaient furieusement dans les couloirs déserts du château, traduisant sans le moindre mal la violence des sentiments qui l’animaient. Quand elle avait vu le sceau du Ministère de la magie français, elle avait su que le contenu du courrier n’allait pas lui plaire. Elle n’avait pas imaginé à quel point elle avait raison. Une cousine. Ils lui avaient trouvé une cousine. Ces incapables du Ministère, pas fichus cinq ans plus tôt de lui trouver la moindre famille sorcière quand elle en avait besoin, venait finalement de lui trouver une cousine majeure maintenant qu’elle croyait s’être enfin libérée des chaînes que représentaient une famille à ses yeux. Le pire dans tout ça, c’est que sans la consulter, ils avaient accordé sa responsabilité à cette cousine inconnue. Comme si elle n’allait rien dire, comme si elle allait se plier aux ordres du Ministère les yeux fermés et le sourire aux lèvres. C’était bien mal la connaître. Orphée fulminait. Encore une fois son avis ne comptait pas. Pendant des années, elle avait été ballotée de familles d’accueil en famille d’accueil, et maintenant on la jetait dans les bras d’une cousine dont elle ignorait encore l’existence quelques minutes plus tôt. Le Ministère se foutait vraiment de sa gueule. Elle n’était plus qu’un dossier pour eux, un nom sans signification, une gamine un peu trop paumée, un peu trop en colère dont ils ne savaient plus vraiment quoi faire. Ils se moquaient de ce qu’elle voulait, de son envie de liberté, de son aversion dès qu’il était question de famille. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus le contrôle de sa propre vie, Orphée, elle devait se plier aux ordres du Ministère. Soit disant qu’ils agissaient pour son bien. Pour ce qu’ils en savaient. Ils affirmaient faire tout ça pour elle, mais étrangement elle n’avait pas voix au chapitre. Pourtant si il y avait quelqu’un qui savait ce dont elle avait besoin c’était bien elle. Et elle n’avait absolument pas besoin qu’on la confie à une cousine dont elle ne savait rien. Mais, elle ne comptait pas, Orphée, surtout pas maintenant qu’ils avaient enfin mis la main sur une sorcière qui partageait son sang.

Quand le week end arriva enfin, apportant avec lui la possibilité de se rendre à Pré-au-Lard, ni la fébrilité ni la colère n'avaient quittés Orphée. Pendant deux jours, la lettre avait occupé toutes ses pensées et plus elle y réfléchissait, plus elle enrageait. Chaque matin elle observait avec appréhension le plafond de la Grande Salle, redoutant de voir son hibou lui apporter une nouvelle missive dont elle ne voulait pas. Heureusement sa toute nouvelle cousine n'eut pas la terrible idée de lui envoyer un courrier pour discuter de l'annonce du Ministère. Ou pire, lui exposer le bonheur qu'elle pouvait ressentir à l'idée de faire sa connaissance. Elle ignorait si elle devait y voir un bon signe ou non. Elle espérait que ce silence soit dû à une désapprobation de la part de la sorcière et non pas une simple surprise. La rouge ne supporterait pas de se retrouver avec une cousine impatiente d'ajouter une nouvelle membre à son arbre généalogique. Avoir une famille ce n'était pas pour Orphée, cela faisait bien longtemps que la Gryffondor avait tiré un trait sur cette notion et elle n'avait aucune intention de changer d'avis. L'importance qu'elle avait pu accorder à ce concept était morte le jour où ses parents l'avaient forcé à utiliser la magie devant des moldus. Ses propres géniteurs l'avaient utilisée pour leur unique réussite, désormais elle savait de quoi une famille était capable. Elle n'enviait pas ses camarades aux familles chaleureuses et unies, mais ça le Ministère refusait de le comprendre. La lionne aurait préféré rester dans l'ignorance, ne jamais recevoir ce fichu hibou. Mais entre ce qu'elle voulait et les décisions du Ministère, il y avait un monde, et maintenant elle se trouvait au pied du mur. Dans d'autres circonstances, elle aurait ignoré la lettre, elle l'aurait roulé en boule avant de la jeter dans la cheminée la plus proche pour oublier cette nouvelle qui était loin de l'emplir de joie. Mais rien n'était aussi simple et elle se doutait que sa cousine avait reçu une missive similaire. Même si la sorcière gardait le silence pour le moment, Orphée savait qu'une rencontre était inévitable. Cette idée était loin de la réjouir mais elle devait mettre au clair tout ce que cette nouvelle impliquait. Elle voulait savoir à quoi elle allait devoir faire face exactement. Et puisque la patience n'avait jamais été le fort de la française, elle avait décidé que, cette rencontre, elle allait la provoquer.

Elle n’avait parlé à personne de ses intentions, Orphée. Méfiante comme elle était, elle voulait d’abord mettre au clair toute cette situation avant d’en parler à ses rares amis. Parce que, à partir de ce moment-là, il n’y aurait plus de retour en arrière possible, tout ce cauchemar serait bel et bien réel. Alors elle avait suivi ses camarades rouges sur le chemin qui menait à Pré-au-Lard. Complètement insensible à leurs discussions pleines d’enthousiasme elle se laissa volontairement distancer. Elle n’avait aucune envie d’attirer les regards suspicieux et les questions. Alors que la plupart des élèves se dirigeaient vers les avenues marchandes, Orphée s’engouffra dans les petites rues moins connues du village. La lettre qu’elle avait reçu ne comportait pas beaucoup d’informations, encore une preuve de l’incompétence du Ministère qui se contentait de lâcher la nouvelle sans s’embarrasser d’explications. Mais elle avait au moins un nom et une adresse et elle était assez obstinée pour que ça suffise. Et surtout, le village n’était pas si grand que ça. Cela lui prit tout de même un certain temps avant de trouver la bonne rue. Quand elle trouva enfin la bonne adresse, la neige avait commencé à tomber, ce qui vint s’ajouter à sa contrariété. Orphée se trouvait devant une petite maison de plein pied qui avait l’air assez confortable. Apparemment les habitants du village s’étaient mis d’accord pour construire des habitations qui semblaient tout droit sorties d’un téléfilm de Noël. La lettre serrée dans la main, Orphée vérifia une dernière fois qu’elle se trouvait devant la bonne maison. Elle n’avait déjà pas vraiment envie d’être là, alors elle n’allait pas en plus sonner à la mauvaise porte. Après quelques instants d’hésitation, la rouge prit une profonde inspiration et frappa à la porte. Elle ne savait pas si trop si elle espérait que sa cousine soit chez elle ou non, mais maintenant il était trop tard, des bruits à l’intérieur lui parvenaient déjà. La porte s’ouvrit sur une jeune sorcière à la chevelure noire et aux étonnants yeux verts. Orphée se racla la gorge. « C’est vous Margaret Campbell ? » Demanda-t-elle sans préambule. Elle secoua la tête pour ôter les mèches de cheveux qui se promenaient devant ses yeux et observa un instant la sorcière. Elle se demanda si il y avait un air de famille, caché là quelque part, mais décida bien vite que ça n’avait pas d’importance. Elle n’était pas là pour ça. « C’est quoi ce bordel ? » Lâcha-t-elle finalement en levant la lettre qu’elle avait reçue deux jours plus tôt, le sceau du Ministère bien en vue. Ce n’était pas une réunion de famille qu’elle voulait, c’était des explications.


   
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Maggie Campbell
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Deux jours plus tôt...

Le hibou toquait à la fenêtre depuis dix bonnes minutes déjà. Je finis par ouvrir un œil en râlant et me levai l'esprit encore embrumé. C'est que j'avais des dettes de sommeil à rattraper, moi. Je fis rentrer le volatile et décrochai la lettre de sa patte. Le sceau du ministère était apposé dessus. Que dis-je ? LES sceaux ! Celui du ministère britannique et celui des Français. Je déglutis, sortie brusquement de mes songes.
Calme-toi Mag, si on t'avait démasquée, on ne t'enverrait pas un hibou pour te prévenir...
Je retournai la lettre entre mes doigts, intriguée, puis la déposai sur la table basse. Je ne pouvais pas démarrer la journée sans avoir avalé ma tasse de thé. Je préparai donc le breuvage, puis m'installai dans mon canapé, fixant la lettre. Oui, n'importe qui aurait mis fin à ce suspense depuis longtemps, mais pas moi. Une lettre du ministère, ça ne me disait rien qui vaille. Après quelques minutes, je me décidai enfin à la décacheter et à prendre connaissance de son contenu.
Quelle erreur de boire mon thé en lisant ces lignes. Effarée parce que je découvrais, j'avalai de travers le contenu de ma tasse et fut prise d'une violente quinte de toux destinée à dégager mes voies respiratoires.
Ok. On se calme. Je reposai la lettre et me dirigeai vers l'évier pour y vider le contenu de ma tasse. De là j'ouvris un placard et la remplis de nouveau avec du whisky cette fois. Oui une tasse de whisky, c'est maintenant ce qu'il allait me falloir pour démarrer cette journée, sans aucun doute.
Je relus la lettre une fois encore, elle ne semblait pas factice.

La tasse de whisky était désormais vide. J'hésitai très franchement à m'en resservir une autre. Finalement, je décidai que ce dont j'avais le plus besoin c’était de réponses ou juste que l'on m'annonce finalement que c'était une erreur. Je déboulai donc dans la salle de bain et enfilai rapidement des vêtements. Je nouai les lacets de mes tennis à la va-vite et attrapai la lettre, avant de quitter ma maison. Il me restait quatre heures avant de prendre mon poste aux Trois Balais. Direction Londres.

Une fois entrée au ministère, je remontai à toute hâte la file des gens qui patientaient pour qu'on les aiguille. Je dépassai tout le monde, je n'avais pas le temps de faire la queue. Je ferais un scandale au milieu du hall d'entrée avant d'avoir atteint mon tour, soyez-en sûr. Je n'étais pas connue pour avoir une grande patience dans ce genre de situation. Je passai devant un sorcier et collai ma lettre sous le nez de la sorcière d'accueil.

- Bonjour, où je trouve le bureau du type qui m'a envoyé ce truc ?
demandai-je d'une traite.

Quoi ? Je lui avais dit bonjour, non ? Pas la peine de me fixer avec cet air étrange et offusqué. Mon expression à cet instant la découragea de batailler avec moi.

- C'est au niveau deux, département de la justice magique, le bureau sera juste sur votre droite en sortant de l’ascenseur.

- Parfait, merci !

Je traçai en direction des ascenseurs et une fois encore grillai délibérément la place à d'autres sorciers en me faufilant dans la cabine. J'écrasai le bouton du deuxième niveau et attendis patiemment que les grilles se referment.
Arrivée au bon étage, je sortis comme une flèche. Juste sur la droite, juste sur la droite. Là !
Je frappai avec insistance et me retrouvai nez à nez avec un sorcier surpris de me retrouver devant sa porte.

- Nous avions rendez-vous ?
- Non, mais maintenant oui.

J'entrai dans le bureau sans demander la permission et attendis qu'il rejoigne son bureau avant de lui  montrer la lettre qu'il avait écrite à mon intention.

- C'est quoi cette connerie ?

Il me regarda choqué, ajusta ses lunettes avant de lire la lettre.

- Oh ! Euh bonjour miss Campbell.
- Bonjour, c'est bien vous qui avez écrit ça ?
- Oui qu'est-ce qui n'est pas clair pour vous ?
- Mais tout ! Absolument tout !

Non mais il s'attendait vraiment à ce que je prenne connaissance de cette lettre et à en accepter le contenu sans me poser de questions. Ils consommaient des potions hallucinogènes sur leur temps de pause ici ou quoi ? Je reprenais la lettre et lus les passages ajoutant mes propres commentaires.

- Miss Campbell, après enquête de nos services, il s'avère que blabla, votre tante... mais depuis quand mon père a une sœur ?! Je ne savais même pas qu'il avait une frangine !


Le sorcier me regarda atterré ne sachant que dire.

- Non mais attendez ce n’est pas fini ! Blablabla, là ! Leur fille Orphée Livia Delaunay est donc de ce fait votre cousine et vous êtes sa plus proche parente. Vous êtes sûrs ?

- Euh oui...
- Par conséquent, sa responsabilité vous a été confiée... Qu'est-ce que ça signifie ?! Elle a quel âge cette gosse ?
- Elle vient d'avoir seize ans, il me semble...

Je reçus la nouvelle comme un coup de massue. Elle avait quasiment l'âge de mon fils. J'avais abandonné mon propre fils à la naissance et on voulait me confier la responsabilité d'une gamine de son âge ? Mais ils ont abusé du whisky aussi ici ?

- Bon dans un an elle est majeure, donc c'est juste l'histoire d'un an...

- Pas exactement.
- Pardon ?
- Et bien, elle est sous votre responsabilité jusqu'au moment où elle pourra se débrouiller sans vous. Comme pour n'importe quel parent au final.

Oh mon dieu ! Sauvez-moi ! Je n'ai pas mérité ça, la pauvre gamine non plus ! Le destin est un putain de déconneur, vous ne trouvez pas ?

- Mais enfin, je ne pense pas être la meilleure personne pour ça...

- Vous êtes sa plus proche parente, vous avez un logement décent et un travail respectable.

Je me retins d'exploser de rire au mot respectable. Évidemment, il n'était pas au courant de ma double identité.

- Bon... Et vous fournissez le mode d'emploi avec n'est-ce pas ?

- Euh... Je ne suis pas certain de comprendre... Je peux vous mettre en relation avec la personne qui se chargeait de son dossier au ministère en France si c'est ce que vous voulez dire.

Mouais... Comme si je n'avais pas assez de problèmes dans ma vie actuelle.
Le reste de la conversation me donna juste envie de rentrer vider la bouteille que j'avais entamée ce matin. Je n'appris même pas ce qui avait bien pu arriver à ma tante et son mari pour qu'on me colle leur gamine tout à coup. Apparemment, la situation n'était pas récente et limite on me fit le reproche de ne pas être facile à trouver. Oh c'est bon, je ne m'étais pas exilée dans la forêt amazonienne non plus ! Le sorcier finit par me mettre à la porte me laissant juste avec la confirmation que ce n'était pas une blague de mauvais goût.


Jour présent...

La table basse était jonchée de ma paperasse, la fameuse lettre oubliée parmi les autres documents. Il fallait que je me motive à mettre de l'ordre dans tout ça. Mais quelqu'un frappa à la porte et je me dirigeai pour ouvrir me demandant bien qui pouvait me rendre visite. Je me trouvai face à une jeune fille que je ne connaissais pas. L'introduction commençait bien... Pas un bonjour et elle utilisait mon vrai prénom, celui que je détestais. Je retins une grimace et acquiesçai à sa demande, un air interrogateur sur mon visage. Et là elle me colla sa lettre sous le nez.

- C’est quoi ce bordel ?
- Ha, fis-je simplement.

Je venais de comprendre qui était cette jeune fille qui se tenait sur le seuil de ma porte. Je soupirai et ouvris ma porte de façon à l'inviter à entrer. Oui il faisait froid et si je devais avoir ce genre de conversation là maintenant, je préférais que ce soit dans mon canapé plutôt que sur le perron à la vue du voisinage. Je rentrai et me dirigeai vers la cuisine, sans vérifier qu'elle me suivait.

- Je t'en prie entre, fais comme... enfin, installe-toi...

Oui j'avais failli lui dire de faire comme chez elle... Ha ha.

- Qu'est-ce que tu bois ?
lui demandai-je en ouvrant mon placard.

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Orphée L. Delaunay
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Elle n'avait pas pris la peine de réfléchir avant d'agir, Orphée. Elle savait d'instinct que ce n'était pas la peine. D'ailleurs elle ne l'avait pas voulu. Elle était consciente que si elle s'autorisait le moindre instant de réflexion, elle ferait demi-tour, et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle qui passait son temps à fuir avait cette fois décidé de prendre les devants, parce que rester dans l’ignorance était certainement encore pire à ses yeux. Elle avait eu bien assez de temps pour réfléchir, elle en avait assez, maintenant elle devait agir. De toute manière, Orphée n'avait jamais été portée sur la réflexion et la patience, elle était impulsive et enflammée, elle agissait selon ce que lui dictait son instinct sans chercher à le remettre en cause. Cela lui valait souvent des ennuis mais, parfois, cela suffisait aussi à la libérer du poids qui reposait sans cesse sur ses épaules. Elle ne voulait pas voir ses moindres gestes dictés par les convenances et les attentes des autres, encore moins d’un Ministère qui refusait de l’écouter, son masque était bien assez difficile à porter comme ça. Alors elle avait appris à se laisser aller, à céder à son impulsivité pour éviter de se briser. Comme c'était le cas aujourd'hui. Elle n’avait pas réfléchis avant de frapper à la porte de celle qu’on lui présentait comme sa cousine, parce qu’au fond, elle ne voulait pas que ces instants prennent une quelconque signification à ses yeux. Elle ne voulait pas d’une réunion organisée et attendue avec nervosité, elle voulait la brutalité de l‘innatendu. Tout ce qu’Orphée attendait de cette visite c’était quelques explications et, pourquoi pas, la confirmation que la lettre qu’elle avait reçu de la part du Ministère n’était qu’une vaste blague de très mauvaise goût. Certes, cela aurait ajouté quelques sorciers à sa liste des personnes qu’elle avait fortement envie de frapper, mais elle ne pouvait nier que cela aurait été un réel soulagement. Elle n’en attendait rien d’autre, Orphée. Elle ne voulait pas de réunion de familles ou de retrouvailles larmoyantes. Elle n’attendait pas de promesses enflammées qui certifiaient que sa vie allait changer désormais. Que tout irait pour le mieux maintenant. Qu’elle n’avait plus à s’inquiéter. Ces mots creux, elle les avait entendu des dizaines de fois et elle n’en avait jamais vu le moindre résultat. Cela faisait longtemps qu’elle avait cessé de les croire. Orphée ne voulait plus les entendre. Elle préférait ne rien attendre des sorciers qui l’accueillaient dans leur demeure, ils le faisaient sur demande du Ministère, elle n’était pas assez naïve pour croire le contraire. Qui aurait voulu d’une gamine comme elle de toute façon ? Et cette sorcière qui venait d’ouvrir la porte, celle qui acquiesça à sa question, confirmant qu’elle était bien cette cousine perdue de vue, ne faisait pas exception.

C’était donc bien sa cousine qui se tenait devant elle, un air interrogateur sur le visage. Orphée la détailla un instant de son regard marqué par sa sale manie de ne pas dormir assez. Rien, elle ne ressentait rien. Pas d’étincelle, aucune chaleur ne vint exploser dans son cœur à la vue de cette cousine. A l’idée qu’elle venait de retrouver un membre de sa famille. N’importe qui aurait été comblé de joie, ou tout du moins ravi d’apprendre que son cercle familial n’était pas éteint comme elle le pensait, mais pas Orphée. Elle avait fait une croix sur sa famille le jour où ses parents l’avaient forcé à utiliser la magie devant des dizaines de moldus, elle avait perdu toute foi en la notion de famille le jour où le Ministère français lui avait annoncé avec le plus grand des calmes qu’ils allaient effacer toute trace de son existence de l’esprit de ses parents. Durant leurs dernières années ensemble, ses géniteurs ne lui avaient apporté que de la souffrance, alors elle savait bien ce dont une famille était capable. Ses parents l’avaient oublié et elle, elle avait compris qu’une famille faisait bien trop de mal. Alors, non, elle n’attendait rien de cette Margaret qu’on lui présentait comme seule membre restante de sa famille, elle ne ressentit aucune émotion en rencontrant pour la première fois le regard de sa cousine. Pour d’autres, elle aurait été une chance, une main tendue, la promesse que l’avenir pouvait prendre un tournant plus lumineux. Pour Orphée, il ne s’agissait que d’une personne de plus capable de la blesser. Alors elle n’attendait rien d’elle et elle espérait même que l’inverse serait aussi vrai. De toute façon cette Miss Campbell comprendrait vite que la Gryffondor était seulement capable de la décevoir. Pourtant, la française ne put s’empêcher de se sentir déstabilisée face au manque de réaction de la sorcière. Elle venait de lui brandir sous le nez la lettre que le Ministère lui avait adressé et un simple « Ha. » fut sa seule réaction. Orphée haussa les sourcils, elle avait beau ne rien attendre de la sorcière, ça ne l’empêcha pas de trouver sa réaction trop succincte à son goût. Enfin, au moins elle ne lui avait pas sauté au cou ravie de se découvrir une nouvelle cousine. Il n’y aurait certainement rien eu de mieux pour faire fuir la Gryffondor dans la seconde. Mais tout de même, elle s’était attendue à autre chose et elle espérait que ce manque de réaction n’était pas le reflet de la personnalité de cette Margaret. Orphée voulait des explications, pas se retrouver face à un mur d’apathie. Elle n’aimait pas les gens sans caractère, la française, ni être obligée de se battre pour obtenir des réponses. Or, pour le moment cette rencontre n’était pas très prometteuse.

Enfin sa cousine paru reprendre ses esprit. Orphée devait bien l’avouer, elle ne s’attendait sûrement pas à trouver sa cousine sur le pas de sa porte aussitôt. Elle ne s’attendait peut-être même pas à avoir une cousine tout court d’ailleurs. Mais si la rouge n’avait pas provoqué cette rencontre, est-ce qu’elle-même aurait décidé de le faire ? Orphée secoua la tête, ça n’avait pas d’importance, il était trop tard pour y réfléchir maintenant et si il y avait bien quelque chose que la française ne supportait pas c’était de rester dans l’ignorance, surtout quand les nouvelles la concernaient directement. Elle n’était pas une Serdaigle, vouée à chercher des réponses à toutes ses questions, mais on lui avait assez dicté sa vie comme ça, elle ne voulait plus qu’on la prenne pour un pantin. Puisque le Ministère ne s’était pas donné la peine de lui fournir le moindre renseignement utile sur cette nouvelle configuration d’accueil qu’ils lui imposaient alors elle avait décidé d’aller chercher les réponses elle-même. Orphée observa la sorcière lui ouvrir la porte de sa maison. « Je t'en prie entre, fais comme... enfin, installe-toi... » La rouge leva brièvement les yeux au ciel en voyant sa toute nouvelle cousine s’engouffrer chez elle sans vérifier qu’elle la suivait. Cette Margaret avait l’air d’avoir un caractère tout aussi accommodant qu’elle, cette rencontre allait peut-être être plus haute en couleur que la française ne l’avait prédit. Elle ne savait pas ce qu’elle devait en penser. Elle tiqua en comprenant que sa cousine s’était reprise pour ne pas lui dire de faire comme chez elle. Un mince sourire ironique s’afficha sur les lèvres d’Orphée. Margaret serait-elle mal à l’aise face à cette situation ou serait-elle aussi assez récalcitrante à l’idée de se voir confier la responsabilité de sa jeune cousine ? Peut-être que la française n’était pas la seule à ne pas avoir reçu le hibou du Ministère avec sérénité finalement. Dans tous les cas, elle n’avait aucune intention de faire comme chez elle. Orphée soupira, elle avait envie de faire demi-tour, de dire à cette sorcière qu’elle ne voulait rien avoir à faire avec elle et partir sans se retourner, mais elle savait qu’elle ne pouvait pas. Alors elle prit sur elle et suivit sa cousine jusqu’à sa cuisine. De ce qu’elle en vit la maison était confortable mais meublée du strict minimum, sans aucune décoration ou touche personnelle. Comme si sa propriétaire venait tout juste de prendre possession des lieux, où qu’elle n’accordait aucune importance à la personnalisation de son espace de vie. Dans la cuisine, Orphée secoua sa chevelure châtain pour en déloger les flocons de neige qui s’y étaient accrochés et ôta sa cape pour la poser sur le dossier de la chaise la plus proche. Une table et des chaises trônaient au milieu de la pièce, mais elle n’y prit pas place. Elle n’avait aucune intention de s’attarder alors elle préféra rester debout. « Qu'est-ce que tu bois ? » La française pinça les lèvres. Elle ne voulait pas s’assoir autour d’une table avec cette inconnue et partager des souvenirs émus de leurs familles perdues. Elle voulait discuter et s’en aller, si possible en oubliant toute cette histoire. Mais elle doutait d’obtenir quoi que ce soit en se montrant si difficile. Et puis, ses doigts glacés par ses déambulations dans le village se rappelaient à elle. « Du café. Noir. » Répondit-elle avec un léger hochement de tête. Elle aurait préféré une boisson un peu plus corsée pour se donner le courage d’affronter la discussion qui l’attendait mais elle pressentait que sa cousine n’accepterait pas de lui servir du whisky pur feu. La caféine allait devoir faire l’affaire.

Avec l’impression grandissante de ne pas être à sa place dans cette maison inconnue, de sa cousine toute aussi inconnue, Orphée observa la sorcière préparer leurs boissons. L’amertume lui serrait la gorge. Se trouver dans une demeure qui n’était pas la sienne ne faisait que lui rappeler toutes ces familles d’accueil qu’elle avait connu, toutes ces maisons où elle s’était sentit si mal. Elle se mordit l’intérieur de la joue et s’empêcha de fixer le couloir qui menait à la sortie. « Je suis pas là pour qu’on trinque à nos retrouvailles. » Lâcha-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine. Son geste était à la fois destinée à se sentir protégée qu’à tenir sa cousine loin d’elle. Elle était brusque, elle le savait, et elle s’en fichait bien, c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour épargner encore un peu son cœur endoloris. Il y avait des blessures que même une famille ne saurait résoudre. Elle prit une profonde inspiration. « Je suis là pour ça. » Précisa-t-elle en laissant tomber sur la table la lettre chiffonnée du Ministère. Elle ne prit pas la peine de la tendre à sa cousine, elle en avait certainement reçu un exemplaire similaire avec ses propres informations. Elle ne l’empêcherait pas de la lire si elle le voulait, elle devait bien admettre qu’elle était assez curieuse de savoir ce que le Ministère avait jugé bon d’inclure dans la lettre que Margaret avait reçu. Elle se demandait quelles informations exactement sa cousine possédait sur elle. Jusqu’où le Ministère s’était-il permit d’étaler sa vie aux yeux d’une étrangère. « Vous êtes au courant de quoi exactement ? » Lâcha-t-elle en désignant le parchemin d’un geste du menton. Elle ne lui demandait pas si elle avait été mise au courant des arrangements du Ministère pour lui confier sa responsabilité. Même si elle était convaincue de l’incapacité du Ministère à faire correctement son travail elle espérait tout de même que des agents aient pris la peine de mettre au courant les deux principales concernées. Le manque de surprise que sa cousine avait manifesté quand elle lui avait montré le courrier était aussi un bon indicateur. Elle lui demandait si elle en savait plus. Si elle connaissait les intentions du Ministère. Et surtout, quelles étaient les siennes.


   
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Maggie Campbell
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Le pas léger que j'entendis derrière moi me confirma qu'elle  m'avait suivie. En même temps, si elle avait fait tout ce chemin pour me trouver, je doutais qu'elle fasse demi-tour à ma première invitation. J'agitai ma baguette pour refermer la porte avant de lui jeter un œil de côté attendant sa réponse.

- Du café. Noir.

Bon ben pas de doute, c'était bien une Française. Sauf que moi je n'en buvais pas parce que j'étais déjà assez énergique comme ça pour me rajouter un excitant. En plus le goût à mon avis était infâme. Elle ne pouvait pas boire du thé comme tout le monde ? Malgré mon absence d'affinités avec cette boisson, je gardais un paquet quelque part dans mes affaires. Il fallait juste que je remette la main dessus. Je poussais les diverses bouteilles de boissons entreposées à côté des pâtes et du sucre, soulevai un bocal de tomates confites, non ? Bon ce n'était pas dans ce placard... J'ouvris la porte à côté où un bon nombre d'ingrédients de potions étaient rangés, enfin rangés à ma manière... entre une boîte de riz et une autre de biscuits au chocolat. Je finis par retrouver ce fichu paquet derrière ma boîte de lessive, à côté d'un pack de bièraubeurres. J'entrepris de lui préparer son café et je me servis un thé en espérant que ça ferait l'affaire.
Et tandis que je préparais tout ça, je cherchais ce que j'allais bien pouvoir lui dire. Deux jours après cette annonce, je ne mesurais toujours pas ce que tout ça impliquait pour moi et je me demandais ce que cette ado attendrait de moi. Peut-être voulez-vous savoir ce que j'avais fait pendant ces deux jours ?

Après ma sortie du ministère, je m'étais dirigée vers le chaudron baveur encore hébétée par l'annonce qui m'avait été faite ce matin-là. Alors certes je n'étais pas dans le même état que le jour où j'avais appris ma grossesse, mais j'en étais quand même retournée. J'avais commandé un verre, me demandant qu'elle serait la meilleure chose à faire. Prendre contact avec ma cousine ? Comment ? D'après la lettre, elle était scolarisée à Poudlard en ce moment même. Je ne pouvais pas me pointer comme ça là-bas. Lui envoyer un hibou ? Mais pour dire quoi ? Je n'étais déjà pas capable de reprendre contact avec mes anciens camarades de Gryffondor alors écrire à une inconnue ? Le ministère n'était-il pas censé s'occuper d'organiser une rencontre ou quelque chose ? Fallait-il vraiment que nous nous débrouillions seules ?
Sans réponse à mes questions, j'étais rentrée et avais pris mon poste aux Trois Balais. Si mon désarroi s'était lu sur mon visage, mes collègues n'avaient rien dit.

Le lendemain, j'avais pris la décision de rapatrier une grande partie de mes affaires personnelles, documents, objets d'héritages, photographies, souvenirs de famille qui se trouvaient dans mon coffre à Gringotts. Tout avait toujours été stocké là, ne pouvant absolument pas me balader avec tous ces vestiges du passé à chaque fois que je bougeais d'un pays à l'autre.
Si quelqu'un ouvrait la pièce juste à côté de ma chambre, il y verrait un capharnaüm à rendre dépressif un elfe de maison. Entre mes heures de service, j'avais tenté de découvrir des informations sur cette famille que je ne connaissais pas en commençant par mes propres sources d'information. Mais la tâche était laborieuse. Pour toutes ces raisons, je n'avais pas pris le temps de trouver le moyen de contacter la jeune fille qui se trouvait derrière moi.

Je me retournai enfin lui déposant sa boisson sur la table à côté d'elle, me glissai sur une chaise, ma tasse à la main et croisai mes jambes. Elle ne s'était pas assise, mais avait tout de même ôté sa cape. Je finis par l'observer.


- Je suis pas là pour qu’on trinque à nos retrouvailles.

Bon ben au moins c'était clair. La jeune fille ne manquait pas d'aplomb, remarquez que pour venir me trouver jusqu'ici et me demander des explications, il fallait avoir une certaine audace. J'avalai une gorgée de mon thé, continuant à l'observer. Ses yeux ne dégageaient aucune chaleur et dans sa manière d'être, je le voyais, elle était sur la réserve. Elle laissa tomber son exemplaire de la lettre sur la table et mes yeux suivirent le mouvement du parchemin.

- Personnellement je ne trinque pas avec du café et du thé,
lui répondis-je d'un air entendu un mince sourire à mes lèvres.

La surprise de la voir sur le pas de ma porte commençait à me passer et même si la situation était un petit peu étrange, je ne comptais pas me laisser gagner par l'abattement.

- Vous êtes au courant de quoi exactement ?

J'attrapai sa lettre pour voir si des différences avec la mienne existaient, mais pour ainsi dire elles comportaient les mêmes informations. Sa question éveilla des interrogations chez moi. De quoi devrais-je être au courant de plus que ce que je savais déjà ? Je désignai alors la table basse :

- Mon exemplaire se trouve quelque part là-dedans et comporte à peu de choses près les mêmes informations que ta lettre. À savoir que nous sommes donc cousines et qu'ils te placent sous ma responsabilité. Ah et oui, je me suis pointée au ministère et ce type là, dis je en pointant le nom du correspondant britannique sur sa lettre, m'assure qu'il n'y a aucune erreur. Au cas où tu te poserais la question...

Bon et maintenant que je lui avais répondu, il était normal que moi aussi je l'interroge. À savoir, pourquoi tout à coup, je devais la gérer ? Qu'est-ce qui s'était passé d'aussi important pour que ce ne soit pas consigné par écrit ?

- Pourquoi me confie-t-on ta responsabilité ? Qu'est-ce qui est arrivé à tes parents ?


J'avais aussi droit à des explications et puisqu'elle était gentiment venue jusqu'à moi il n'y avait pas de raison que je reste sans réponse.

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Orphée L. Delaunay
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Maggie ◊ Orphée

I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim.

   

   

Elle voulait se montrer forte, Orphée. Inébranlable. Intouchable. Elle voulait être au-dessus de tout, des autres, mais aussi, et surtout, d’elle-même. De ces blessures qui éclaboussaient son cœur endoloris, ces cicatrices ancrées dans sa chair, de la douleur qui menaçait de la submerger à chaque instant et des souvenirs qui l’envahissaient la nuit. Mais surtout, elle voulait se montrer plus forte que l’amertume et que la colère qui rugissaient en elle. Elle ne voulait plus être faible, elle ne le pouvait plus, même si ça devait la consumer. Alors elle jouait un rôle, une fois de plus, endossait son masque de froideur et d’arrogance, espérant naïvement que ça servirait à la protéger de la cruauté qui s’était immiscée dans sa vie. Elle évoluait la tête haute alors qu’un poids sans fin reposait sur ses épaules et menaçait de la faire plier. Elle portait son insolence comme une armure, son caractère de glace comme un bouclier. Elle se l’était promis, elle ne se laisserait plus atteindre. Elle avait été un pantin entre les mains de sa famille, ça n’arriverait plus. Elle marchait sur un fil tout en étant attirée par le vide, jouait avec ses émotions jusqu’à ne plus pouvoir les ressentir. Comme anesthésiée. Parce que c’était la seule chose qui marchait, la seule qui parvenait à l’apaiser ne serait-ce qu’un instant. Ne plus ressentir, plus de peine. Juste un vide incommensurable remplis par une colère sans fin, une amertume qui faisait désormais partie d’elle, un vide aussi fascinant qu’empoisonné. Mais qu’elle accueillerait comme une délivrance. Elle se cachait, Orphée, depuis que tout avait foutu le camp dans sa vie, devant ses géniteurs, devant ces sorciers si bien-pensants du Ministère qu’elle méprisait, devant ses camarades qui ne sauraient jamais qui elle était en réalité. Elle jouait un rôle qui ne lui correspondait pas et qui finirait par la bouffer. Mais s’exposer, c’était se mener à sa propre perte, elle le savait. Maintenant plus que jamais.  Il ne s’agissait plus seulement de se camoufler dans la foule des sorciers, ou de se protéger de la souffrance, il s’agissait de survie. Et elle possédait un instinct de survie particulièrement développé, même si pour cela, elle devait repousser tous ceux qui lui offraient son aide. Alors quelles que soient les intentions de sa cousine, elle n’avait aucune volonté de les suivre.

Si elle se trouvait dans cette cuisine inconnue, ce n’était pas dans l’espoir de renouer avec une famille perdue. Certes, la française était venue de son plein gré, mais cela ne voulait pas dire que cette idée l’emplissait de ravissement. Bien au contraire. Elle était là par nécessité, parce qu’elle avait senti qu’elle n’avait pas d’autre choix, il n’y avait rien d’autre à comprendre à tout ça. Tout ce qu’elle voulait c’était des réponses à ses questions, des explications sur cette situation qu’on leur imposait et, si possible, quitter cette maison sans un regard en arrière. Elle ne voulait pas d’une cousine, elle ne voulait pas d’une nouvelle chance. Tout ce qu’elle voulait c’était tirer un trait sur cette foutue lubie du Ministère de lui trouver une famille et enfin pouvoir avancer par elle-même. Mais bien sûr, elle n’obtenait jamais ce qu’elle voulait Orphée. Elle avait fini par s’y habituer depuis le temps. Cette liberté qu’elle avait recherchée en quittant la France pour le Royaume-Uni lui était une nouvelle fois refusée. Cette idée l’emplit d’amertume alors qu’elle regardait Margaret Campbell fouiller dans tous les placards de sa cuisine pour trouver du café. Elle aurait pu lui proposer son aide, mais elle n’en fit rien. Elle n’était pas là pour se lier d’amitié et elle ne voulait pas que la sorcière se fasse la moindre idée sur elle. « Personnellement je ne trinque pas avec du café et du thé. » Pinçant les lèvres pour se retenir de traduire le fond de sa pensée d’un soupir agacé, elle ne répondit pas au fin sourire de sa cousine, pas le moins du monde amusée par son trait d’esprit. Comprenant que cette rencontre allait sûrement se révéler plus longue qu’elle ne l’avait espéré, Orphée fini par tirer la chaise la plus proche pour s’y laisser tomber. Elle enroula ses doigts glacés autour de la tasse que sa cousine lui avait préparée et la porta à ses lèvres. Le café n’était pas parfaitement dosé -une preuve de plus que les anglais devraient apprendre à préparer autre chose que du thé- mais il ferait bien l’affaire. En silence, la rouge observa la sorcière parcourir sa lettre du regard. Elle ne vit aucune surprise dans ses yeux, de toute façon le parchemin ne contenait pas assez d’information pour provoquer un quelconque étonnement. Mais elle ne semblait pas non plus s’émouvoir du manque d’explications données par le Ministère, ce qui voulait sûrement dire que sa propre lettre devait en contenir très peu elle aussi. Quelle déception. « Mon exemplaire se trouve quelque part là-dedans et comporte à peu de choses près les mêmes informations que ta lettre. À savoir que nous sommes donc cousines et qu'ils te placent sous ma responsabilité. Ah et oui, je me suis pointée au ministère et ce type là… » Orphée jeta un coup d’œil à la table basse qu’elle lui désigna mais ne se leva pas pour y chercher le parchemin. Le tas de documents qui reposait sur la petite table n’était pas très encourageant et si sa cousine lui assurait qu’elle n’avait pas plus d’informations qu’elle, alors elle n’avait pas à perdre son temps. A la place elle se concentra sur le nom souligné par le doigt de la sorcière. Le nom du sorcier qui avait repris la charge de son dossier à son arrivée au Royaume-Uni. Un pion du Ministère qui se contentait d’envoyer des courriers sans se soucier des conséquences. Une expression de mépris s’échappa de la gorge de la lionne. « M'assure qu'il n'y a aucune erreur. Au cas où tu te poserais la question... » Cette fois-ci l’étudiante de retint pas un profond soupir. Quelle déception, elle aurait dû s’y attendre cependant. C’était bien à l’image du Ministère ça, de bousculer la vie de deux sorcières sans prendre la peine de leur en parler d’abord. Comme si Orphée allait se plier à leurs ordres sans protester. C’était mal la connaître.

Un instant, la Gryffondor se demanda si sa cousine avait elle aussi espéré qu’il ne s’agisse que d’une vulgaire erreur qui leur aurait permis de reprendre leur chemin en oubliant ce désagréable épisode. Depuis le début de leur rencontre le doute s’immisçait dans l’esprit de la jeune sorcière. Sa cousine n’avait exprimé aucune joie en la voyant débarquer sur le pas de sa porte, en fait elle paraissait plus résignée qu’autre chose. Peut-être qu’elle aussi n’était pas particulièrement enchantée de voir sa famille s’agrandir. Et surtout de se retrouver avec une gamine amère sur les bras. Au moins, elles étaient deux dans ce cas. « Pourquoi me confie-t-on ta responsabilité ? Qu'est-ce qui est arrivé à tes parents ? » Les traits d’Orphée se figèrent sur son visage. Elle savait qu’elle devait s’attendre à de telles questions mais ça n’empêcha pas l’amertume et la douleur de la heurter avec la force d’un hyppogriffe en colère. Elle se retint de justesse de lui cracher à la figure que son histoire avec ses parents ne la regardait en rien. Qu’elle ne devait pas se mêler de ça et plutôt s’occuper de défaire ce que les agents du Ministère avaient fait en les liants de la sorte. Elle ne parlait plus de ses parents, elle refusait de mentionner cette famille qui l’avait trahie, ses camarades avaient vite appris à ne plus poser de questions sous peine de déclencher chez elle une colère vive et destructrice. Mais sa cousine ne savait rien de tout ça et puisque le Ministère n’était pas fichu de bien faire son boulot, ses interrogations étaient inévitables. Les lèvres pincées, Orphée détourna le regard pour le poser sur la lettre qui reposait devant elle.  « Le Ministère ne vous a rien expliqué, n’est-ce pas ? » Lança-t-elle sans chercher à camoufler tout le mépris que cette institution pouvait lui inspirer. Elle maudissait le type qui leur avait adressé ces courriers. Si elle avait pu elle aussi aller jusqu’au Ministère pour exiger des informations elle doutait qu’elle aurait été capable d’en ressortir sans avoir mis son poing dans la figure du sorcier responsable de tout ce bordel. « Ça ne devrait pas m’étonner, ils sont pas foutus d’assumer leurs responsabilités. Alors fournir des explications…  » Reprit-elle d’un ton âpre. Elle pouvait bien passer pour une gamine insolente et ingrate devant sa cousine retrouvée, elle s’en fichait bien. Autant que Maggie comprenne à qui elle avait à faire dès maintenant, elle n’avait aucune intention de jouer les gentilles sorcières pour s’attirer ses  bonnes grâces. Ses prunelles fixaient toujours le morceau de parchemin froissé, si elle avait pu Orphée y aurait mis le feu sur le champ. Elle en voulait au Ministère, elle en voulait à ses parents, elle en voulait à tout le monde et peut être aussi un peu à elle-même.

Soupirant, Orphée passa une main dans ses cheveux encore humides à cause de la neige. Elle n’avait aucune envie de répondre aux questions de Maggie, elle ne voulait pas raconter ce qu’il était arrivé à ses parents, ni même ce qu’ils lui avaient fait subir. Elle aurait voulu pouvoir laisser tout ça derrière elle aussi facilement qu’elle avait quitté la France. Mais même alors qu’elle pensait s’être libéré de son passé, sa famille revenait la hanter et lui prouvait qu’elle ne pourrait jamais s’en défaire totalement. Les mains crispées sur sa tasse de café, la rouge pouvait sentir le regard de sa cousine sur elle. Elle aurait voulu se lever et quitter les lieux sur le champ pour ne pas avoir à répondre à ses questions, mais elle ne pouvait pas partir avant de savoir comment sa cousine comptait gérer cette situation, et si elle pouvait s’en défaire. Elle était au pied du mur et elle détestait ça. « Mes parents sont toujours en vie, si c’est ce que vous voulez savoir. Le Ministère les a juste rayés de toutes les photos de familles. » Lâcha-t-elle finalement, la colère vibrant dans sa voix. Elle savait que ses paroles voulaient tout et rien dire à la fois mais elle s’en fichait bien. Elle n’avait aucune intention de raconter sa pathétique histoire à cette sorcière dont elle ne connaissait que le nom. Rares étaient ceux au courant de ce qu’elle avait vécu exactement. La presse avait dit tout et n’importe quoi sur sa famille quand l’affaire avait eu lieu. Elle était restée silencieuse face aux énormités racontées dans les journaux. Ils ne savaient pas de quoi ils parlaient et Orphée n’avait jamais pris la peine de démentir, ça ne regardait qu’elle. Alors elle n’était pas prête de s’épancher devant une inconnue sur ce que ses parents lui avaient fait vivre. « Ils ont joués, et ils ont perdus. » Conclut-elle en relevant le regard vers sa cousine. Ses prunelles où la rancœur et le dépit se mêlaient rencontrèrent celles de la sorcière sans la moindre délicatesse, la défiant de poser plus de questions. Ses parents avaient voulu contourner les règles et profiter d’une magie sur laquelle ils n’avaient aucun droit. Ils avaient volé trop près du soleil et ils avaient fini par s’en brûler les ailes. Ils avaient tout perdu, le succès, leur intégrité… Leur fille. Et au fond, c’était Orphée qui souffrait le plus de leurs erreurs. Ils avaient été condamnés à perdre leurs souvenirs de leur fille unique alors qu’elle était condamnée à se rappeler quel traitement sa propre famille lui avait réservé. Ils avaient été condamnés à une douce ignorance tandis qu’elle devait vivre avec la douleur des souvenirs. Aujourd’hui encore Orphée ignorait ce qu’ils étaient devenus et elle ne voulait pas le savoir. Ils lui avaient fait trop de mal, elle ne voulait plus entendre parler d’eux. Et encore moins en parler. Elle prit une nouvelle gorgée de café, satisfaite de voir que ses doigts avaient retrouvé leur chaleur habituelle, et reposa sa tasse sur la table. « Il se passe quoi maintenant ? On se retrouve pour Noël et on joue à la parfaite petite famille ? » Lança-t-elle avec une moue ironique qui montrait clairement tout le mépris que cette idée lui inspirait. Elle n’était pas faite pour avoir une famille Orphée, elle avait tiré un trait sur cette notion depuis bien longtemps et elle n’était pas prête de changer d’avis. Mais restait à savoir ce que sa cousine pensait de tout ça.


   
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WE CANNOT SEE


I am a little bit of loneliness, a little bit of disregard. I am a little bit insecure, a little unconfident, you don't understand I do what I can But sometimes I don't make sense

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Depuis que j'étais petite, la vie ne m'avait pas vraiment épargnée. Que je l'aie cherché ou non. J'avais subi l'internement de ma grand-mère puis sa disparition, accepté la maladie de mon père puis son décès, encaissé le suicide de ma mère, affronté les conséquences de mes conneries d'adolescente, assisté à la mort de la mère adoptive de mon fils et j'avais passé le reste de ma vie à jouer avec le feu. On aurait pu penser que j'étais rodée pour faire face, mais le destin aimait se foutre de moi et je ne m'étais pas préparée à voir surgir une cousine perdue de vue dans ma vie, encore moins par une lettre du ministère. Je n'étais pas armée, j'étais blasée me demandant encore ce que les Moires me réserveraient pour le reste de ma vie. Enfin tant que la dernière ne coupait pas le fil trop tôt...
Donc nous allions nous expliquer, et après ? Je faisais quoi d'une ado irascible à qui la situation n'avait pas l'air de plaire ? Il me ferait quoi le ministère si je ne m'en retournais pas et qu'il lui arrivait un truc ? On n'allait pas à Azkaban pour ça quand même ? Ce serait un comble avec la vie que je menais...

Ma cousine avait fini par s'installer, mais elle ne se dérida pas d'un pouce à ma remarque taquine. Eh ben, ça allait être mortel comme première rencontre. Je ne lui demandais pas de chanter l'hymne à la joie avec moi, mais bon si elle pouvait arrêter de tirer cette tête et de me saper le moral par la même occasion, ce serait pas mal. Qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? Que j'avais sauté de joie en apprenant son existence ? Que je me réjouissais qu'elle prenne une place dans ma famille complètement morcelée ? Que je sois sereine à l'idée de devoir redoubler de vigilance pour mes activités illégales pour qu'elle ne découvre rien ? Que je sois paisible à l'idée qu'elle apprenne que j'avais un fils que j'avais abandonné à la naissance ? J'essayais vraiment de ne pas me laisser envahir par l'angoisse de l'inconnu que cette situation m'apportait, mais là, elle ne m'aidait pas des masses.

Ma question l'avait percutée de plein fouet. Ça se voyait à l'air qu'elle avait pris. Si elle paraissait froide auparavant, elle avait l'air maintenant de vouloir m'arracher la tête. Heureusement que je n'étais pas sensible ni facilement impressionnable...

- Le Ministère ne vous a rien expliqué, n’est-ce pas ?

Je me retins de lui dire que sinon je ne m'amuserais pas à lui poser la question, étant donné que je voulais des réponses et que j'avais bien compris que me moquer d'elle ne me servirait pas. Je me contentai d'un sourire entendu. Ha ! Sacré ministère... Ce n'était pas la première fois qu'il manquait de tact et de subtilité. J'avais appris la mort de mon père dans des circonstances similaires, un hibou de leur part lu par un enseignant. Heureusement que je m'y attendais à l'époque... Quant au trépas de ma mère, ils avaient voulu être un peu plus subtils, mais avaient juste été un peu lents à le faire. J'avais appris en même temps que tout le monde son geste dans la gazette du matin avant que l'employée ne se déplace pour me souhaiter leurs condoléances... Alors un hibou pour me dégoter une cousine, leur manière de procéder ne m'avait pas étonnée plus que cela.

- Ça ne devrait pas m’étonner, ils sont pas foutus d’assumer leurs responsabilités. Alors fournir des explications…

Tant de dédain et d'amertume dans sa voix... Je me demandais si finalement j'avais envie de connaître le fin mot de l'histoire. Je voyais la colère émaner d'elle, celle qu'elle contenait et se retenait de déverser sur moi, reportant celle-ci pour le moment sur le ministère. J'avais à peine un an de moins qu'elle lorsque j'avais dû me faire à l'idée de me retrouver orpheline du jour au lendemain. Cette colère je la connaissais bien. Je savais ce que ça faisait d'en vouloir à la terre entière, d'avoir la rancœur qui vous ronge de l'intérieur. On avait beau essayer de l'ignorer, elle nous consumait. Si Ivy ne m'avait pas remise à ma place et aidée à l'évacuer, ça aurait pu mal finir.

- Mes parents sont toujours en vie, si c’est ce que vous voulez savoir. Le Ministère les a juste rayés de toutes les photos de familles.

- Je sais qu'ils ne sont pas morts, commençai-je, le ministère ne ferait pas autant de manières pour un décès. Ils n'ont pas de raison de garder ça pour eux...

S'ils étaient morts, cela aurait été noté dans leur courrier et l'employé n'aurait pas évité ma question comme il l'avait fait.

- Ils ont joué, et ils ont perdu.

Qu'est-ce qui pouvait bien faire qu'on sépare une gamine de ses parents ? Dans quel genre de truc louche ma tante et son mari s'étaient fourrés pour qu'on en arrive à la scène qui se déroulait dans ma maison à cet instant ? J'avais l'impression qu'elle n'avait pas envie de m'en dire plus. Peut-être n'aurais-je pas dû insister et attendre qu'elle soit prête à se confier, mais sans la connaître, je voyais déjà que ça ne marcherait pas comme ça avec elle. Et ce regard impertinent qu'elle me lançait me donnait juste envie d'appuyer sur le déclencheur.

- Il se passe quoi maintenant ? On se retrouve pour Noël et on joue à la parfaite petite famille ?

Cet air désinvolte sur son visage continuait de doucement me faire perdre patience. Je n'étais pas connue pour faire des ronds de jambe et je ne savais pas m'empêcher de répondre à la provocation.

- Si tu cherches la parfaite famille, t'es mal tombée... avouai-je sarcastique, si tu tiens à venir pour Noël, libre à toi, poursuivis-je en sachant pertinemment que ce n'était pas son souhait, mais je travaillerai certainement et tu mangeras sûrement mieux à Poudlard, la cuisine n'est pas mon fort...

Je ne comptais certainement pas me laisser mener par le bout du nez par cette gamine, peu importe ce qu'elle avait vécu. Si, elle était comme moi alors ça ne servait à rien de prendre des gants et de l'épargner. Quant à ses justifications, bien sûr que ça ne me suffisait pas.

- Et quant à tes parents, tu n'imagines quand même pas que je vais me contenter de ça ? Lui annonçai-je sans mettre plus de formes, je reformule, qu'ont fait tes parents pour perdre ta garde ?

Si ça ne lui plaisait pas ? Je n'en avais rien à faire. Si elle explosait ? Qu'elle le fasse! elle ne me connaissait pas assez pour appuyer là où ça faisait mal.

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Orphée L. Delaunay
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Maggie ◊ Orphée

I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim.

   

   

Quelques années plus tôt, Orphée aurait pu facilement entrer dans le moule de la gamine parfaite. Bien avant que sa vie ne foute le camp devant ses yeux, elle avait été la petite fille modèle de ses parents, leur petite étoile montante. Elle avait été cette enfant souriante et enthousiasme qui voulait toujours tout faire pour rendre ses parents fiers. Elle avait suivi avec attention leurs leçons de magie, elle avait maitrisé leurs tours à la perfection avant de les reproduire à leurs côtés sur scène. Elle avait été le clou de leur spectacle, avec ses grands yeux noisette et sa moue de poupée délicate, le public l’adorait et ses géniteurs ne tarissaient pas d’éloges à son égard. C’était facile alors d’être l’enfant parfaite dont ses parents avaient toujours rêvés, elle en avait envie, elle était heureuse de voir leurs prunelles emplies de fierté se poser sur elle. Elle aurait tout fait pour maintenir cet état de grâce, elle avait été prête à tous les efforts, tous les sacrifices. Elle avait surtout été totalement inconsciente qu’elle évoluait sur une glace de plus en plus fine et qu’à chaque pas le sol sur lequel elle avançait s’approchait du point de rupture. Elle avait cru être heureuse, Orphée, avoir atteint cet idéal dont toutes les familles rêvent et que rien ne pourrait venir gâcher la perfection de ces moments. Elle avait eu tort, et la chute avait été rude, particulièrement rude. Ce temps était révolu. La gamine modèle qu’elle avait été était morte depuis longtemps désormais. La française l’avait regardé s’éteindre à petit feu, un peu plus à chaque lettre qu’elle recevait de ses parents. Sa flamme s’était éteinte, étouffée par les reproches, le chantage et les mensonges. Désormais elle n’avait plus rien de l’enfant qu’elle avait été et elle n’avait aucune envie de le redevenir. Elle avait été naïve, elle avait été faible et manipulable. Ça ne se reproduirait plus. La petite sociable et désireuse de plaire était loin derrière elle, les agissements de ses géniteurs avaient contribués à construire une adolescente amère et méfiante. Elle n’était plus la même Orphée, celle qu’elle avait été jusqu’à ses 11 ans ne la reconnaitrait certainement pas. Encore un résultat de l’amour familial. Au final ses parents l’avaient rendu plus forte et indépendante, à même de se protéger seule, même si pour cela elle devait repousser toutes les mains qu’on lui tendait. Peut-être devait-elle les remercier pour ça. Maintenant elle savait qu’elle ne devait rien attendre des autres, ne rien leur montrer, ne pas leur laisser deviner la moindre faille. Les informations qui pouvaient se retourner contre elle étaient nombreuses, Orphée en était consciente, alors elle gardait tout pour elle, enfermé dans un coffre auquel nul n’avait accès. Surtout pas une cousine qu’elle rencontrait avec dix-sept ans de retard.

Face aux questions de la sorcière, la résolution de la Gryffondor ne flancha pas. Elle lui fournit une seule information utile sur ses parents : le fait qu’ils étaient toujours bien en vie, enfin du moins le supposait-elle étant donné que cela faisait près de quatre ans que les ponts avaient été coupés. Mais rien de plus, simplement que le Ministère était impliqué, que tout venait d’eux, le reste ne regardait qu’elle. « Je sais qu'ils ne sont pas morts, le ministère ne ferait pas autant de manières pour un décès. Ils n'ont pas de raison de garder ça pour eux... » Orphée adressa un long regard silencieux à sa cousine. Ses réponses ne lui suffisaient pas, bien sûr qu’elles ne pouvaient pas lui suffire après tout, elle ne lui avait pas vraiment révélé quoi que ce soit de probant. Mais elle ne voyait pas pourquoi elle devait satisfaire la curiosité d’une inconnue, si elle espérait obtenir des confessions ce n’était pas à Orphée qu’elle devait s’adresser. Mais puisque le Ministère ne semblait pas capable de fournir des informations complètes dans une telle situation alors c’était tout ce dont elle devrait se contenter. La française ne dit rien, se contentant de porter une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres pour avaler une dernière gorgée de café. Elle avait décelée une pointe d’irritation et de sarcasme dans le ton de sa cousine, de toute évidence cette rencontre ne la remplissait pas de joie et Orphée doutait désormais que sa cousine voit toute cette histoire de responsabilité d’un bon œil. Dans ce cas, au moins elles seraient deux. « Si tu cherches la parfaite famille, t'es mal tombée… Si tu tiens à venir pour Noël, libre à toi, mais je travaillerai certainement et tu mangeras sûrement mieux à Poudlard, la cuisine n'est pas mon fort... » La rouge haussa un sourcil peu impressionné devant l’exaspération flagrante de la sorcière. Elle n’aimait pas son attitude ? Tant mieux. Peut-être qu’ainsi sa cousine ne voudrait plus rien avoir à faire avec elle et Orphée pourrait mettre toute cette histoire derrière elle. Au moins sa visite n’aurait pas été vaine. Comme si elle avait une tête à chercher la parfaite famille. La lionne ne dit rien mais les paroles de la sorcière étaient pleines d’informations. Elle ne lui faisait pas de promesses, et si Orphée s’aventurait à étudier ses paroles, alors elle devinait qu’elle n’avait aucune envie d’une nouvelle cousine dans sa vie. Encore moins une dont elle était condamnée à s’occuper. Bien, ça leur ferait au moins un point commun. Peut-être qu’elles voyaient cette situation de la même manière finalement. Peut-être qu’avec quelques efforts elles pourraient trouver une solution pour se tirer de ce bourbier dans lequel le Ministère les avait fourrées sans même leur demander leur avis. Margaret ne voulait pas d’elle ? Le sentiment était réciproque.

Mais bien sûr il fallait que la sorcière lui fasse aussitôt ravaler la moindre envie de coopérer. « Et quant à tes parents, tu n'imagines quand même pas que je vais me contenter de ça ? Je reformule, qu'ont fait tes parents pour perdre ta garde ? » Orphée accusa le coup, la mâchoire contractée, les lèvres réduites à une mince ligne blanchâtre tant elle les serrait pour s’empêcher de s’emporter et de lui hurler des horreurs à la figure. Elle fixa sa cousine en silence, tentant tant bien que mal de maîtriser la colère qu’elle faisait naître en elle. Ses yeux lançaient des éclairs. Pour qui se prenait-elle à exiger des réponses ? Comme si Orphée lui devait quoi que ce soit. Les secondes filèrent en silence, pour une fois la Gryffondor faisait de son mieux pour ne pas céder à son impulsivité. Ses prunelles se dirigèrent vers le couloir qui menait à la sortie avant de se reposer sur sa cousine. Si elle s’écoutait elle serait déjà loin. Finalement, elle reposa sur la table sa tasse vide dont la porcelaine tinta désagréablement à ses oreilles et se laissa aller contre le dossier de sa chaise. « Et si je ne veux pas vous en dire plus, il se passe quoi ? Vous allez me punir ? Me menacer ? Me forcer à avaler du veritaserum ? » Lâcha-t-elle avec lenteur. Sa voix était sourde, pleine d’une amertume qu’elle ne chercha pas à camoufler. Que sa cousine sache tout le mépris que ses questions provoquaient en elle. Si sa cousine voulait se la jouer figure d’autorité elle était bien mal tombée. La rouge croisa les bras sur sa poitrine, dans un geste de défis et de protection. C’était des questions douloureuse, et comme à chaque fois qu’elle devait regarder sa souffrance en face Orphée ne voyait que deux solutions : fuir ou montrer les crocs. Les punitions, les menaces, le véritaserum prit de force, elle avait déjà connu tout ça. Elle savait de quoi elle parlait, elle n’avait pas choisi ses mots au hasard. C’était tout ce qu’elle avait récolté avec ses parents, cette famille soi-disant aimante. Margaret n’en savait rien et c’était très bien ainsi, elle ne comptait pas lui donner les armes pour la blesser. « Y’a deux jours je ne savais même pas que j’avais une cousine, je vous connais pas. Je vois pas pourquoi je devrais vous faire confiance et tout vous raconter sous prétexte qu’on est de la même famille. » Reprit-elle en serrant un peu plus ses bras contre elle. Cousines ou pas, elles étaient toujours deux inconnues. Orphée n’avait rien demandé de tout ça, elle ne lui devait rien. Encore moins lui accorder la moindre confiance. Elle n’avait aucune raison de s’ouvrir à Margaret, de se confier sur un sujet aussi épineux. Et, très franchement, elle n’en avait absolument aucune intention. Tant pis si sa cousine ne voulait pas le comprendre. « Cousines, responsabilité, famille, le Ministère peut utiliser tous les grands mots qu’il veut, tout ça ça veut pas dire grand-chose. » Partager le même sang ne faisait pas tout, la rouge l’avait compris depuis bien longtemps. Et pas de la manière douce. Ce n’était pas parce que le Ministère s’était amusé à décider pour elles, qu’Orphée devait tout accepter les yeux fermés. Tous ces grands mots que l’institution mettait en avant avaient perdu tout leur sens pour la française. Ils étaient vides, parfois même douloureux. Et elle ne voulait plus les entendre.

Alors Margaret pouvait exiger autant qu’elle voulait, Orphée ne comptait pas accéder à sa demande. Parce qu’elle ne voyait pas de quel droit elle pouvait exiger une telle chose d’elle, elle ne voyait pas quel argument implacable elle pourrait bien avancer pour la faire parler. La confiance ça se gagnait et ce n’était certainement pas ainsi qu’elle la pousserait à tout lui raconter. Elle secoua la tête, dépitée, ce n’était pas pour se lamenter sur les mauvais choix de ses parents qu’elle avait frappé à la porte de sa cousine. « J’étais venue ici pour savoir ce que tout ça… » d’un geste de la main elle désigna sa lettre qui reposait toujours entre elles sur la table « Voulait dire. Savoir à quoi m’attendre, ce que vous comptiez en faire. Pas pour subir un nouvel interrogatoire forcé. » Reprit-elle finalement. Elle avait été placée aux mains d’une sorcière dont elle ignorait tout et elle voulait savoir quel impact ça aurait sur son existence. Mais maintenant elle doutait d’obtenir des réponses à ses questions. Sa cousine semblait au moins aussi tenace qu’elle, ce qu’elle aurait peut-être pu apprécier dans un autre contexte. Mais là n’était pas la question, sa présence ici n’était pas motivée par l’envie de renouer les liens, loin de là. La française soupira. « C’était une erreur. » Lâcha-t-elle en se levant dans un crissement de chaise. Elle posa sa main sur sa cape pour se diriger vers la porte de sortie. Une erreur, une de plus, elle aurait dû être habituée désormais. Elle ne faisait jamais les bons choix après tout.


   
CODAGE PAR AMATIS


TO ALL THE LIGHT
WE CANNOT SEE


I am a little bit of loneliness, a little bit of disregard. I am a little bit insecure, a little unconfident, you don't understand I do what I can But sometimes I don't make sense

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Maggie Campbell
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J'attendais patiemment que la jeune fille daigne me répondre. Mais qu'elle ne me fasse pas trop attendre, la patience n'était pas mon fort. Si elle continuait à éviter la question, à répondre évasivement et à me laisser gamberger, j'allais juste la pousser encore plus loin. Ce n'était quand même pas une gamine de seize ans qui allait venir à bout de ma détermination. Je ne cherchais pas les problèmes, enfin... Si du point de vue des gens normaux, j'étais un aimant à emmerdes et pas toujours à cause de la fatalité. Mais le conflit avec autrui, ça en général j'évitais. J'évitais de me faire remarquer et en temps normal je sympathisais facilement avec tout le monde. Mais la petite brune de la moitié de mon âge, fallait pas rêver, elle n'allait pas s'en sortir comme ça. Si elle croyait débarquer comme ça, avec son interrogatoire et repartir comme une fleur en laissant planer toute sa mauvaise volonté, elle se fichait le doigt dans l’œil. Elle était venue chez moi, ce n'était pas pour juste boire un café et se revoir à la prochaine connerie dans laquelle elle se foutrait. Parce que je le voyais venir gros comme le château à quelques kilomètres d'ici, elle n'allait pas se tenir à carreau.
Certes je me voyais mal lui donner des leçons de bonne conduite, j'avais été une élève insupportable, la première dans les quatre cents coups. J'étais une adulte toujours aussi irresponsable et insouciante, mais s'il fallait en passer par là pour vivre ma petite vie tranquille, je ferais l'hypocrite.

Évidemment la gamine n'était pas ravie que j'insiste lourdement pour découvrir la vérité sur son passé et ses parents. Ce serait à qui serait la plus butée. Je n'étais pas certaine de gagner à ce jeu-là en vérité, mais je pouvais aller très loin. Elle se contenait, je pouvais sentir la tempête gronder à l'intérieur d'elle. J'étais loin d'être sensible, j'encaissais très bien ce genre de crises. Un œil vers mon couloir ? La demoiselle songeait-elle à prendre la fuite ? Probablement, si elle n'avait pas envie de répondre. Mais ma cousine trouva mieux, elle me provoqua. Ne cède pas Maggie, ne rentre pas là-dedans, c'est trop facile, me disais-je en reposant ma tasse à mon tour.
La punir ? La menacer ? Non, bien sûr que non, je n'étais pas aussi sournoise qu'elle se l'imaginait. Je laissais ces moyens-là à d'autres. J'étais curieuse certes, la foule de questions qui m'avait parcouru ses derniers jours ne trouvait pas de réponses et ça m'agaçait, mais pas au point de lui soutirer ces informations de force. Accepterais-je qu'on vienne me faire avouer la raison de l'abandon de mon fils ? Qu'on me passe au véritasérum pour m'extorquer des secrets profondément enterrés ? Non, évidemment que non. Mais qu'elle ne s'imagine pas que je renonce aussi facilement. Cependant je ne répondis pas, bien décidée à ne pas me laisser emporter. Je pouvais foncer facilement tête baissée, mais je savais aussi quand rester sur mes gardes.

- Y’a deux jours je ne savais même pas que j’avais une cousine, je vous connais pas. Je vois pas pourquoi je devrais vous faire confiance et tout vous raconter sous prétexte qu’on est de la même famille.

Elle avait raison la Française, et je ne pus m'empêcher de penser que quoi qu'elle cache, ça ne devait pas être joli à entendre. La curiosité était forte, troublante, inquiétante dans un sens. Mais qu'avait vécu cette adolescente ? On traînait tous des casseroles, mais j'avais le double de son âge et ça me semblait plus normal pour moi que pour elle... Et en même temps, à son âge je traînais déjà des choses lourdes à porter.

- Tu as raison, mais sache que la vérité finira par sortir ou que je la découvrirais tôt ou tard par moi-même...

La menaçais-je ? Non je la prévenais que je parvenais toujours à mes fins un jour ou l'autre. Qu'elle pouvait faire le choix de me révéler la vérité maintenant ou que je l'apprenne autrement. Ça ne changerait pas grand-chose pour moi.

- Cousines, responsabilité, famille, le Ministère peut utiliser tous les grands mots qu’il veut, tout ça ça veut pas dire grand-chose.

On ne choisissait pas sa famille et j'avais depuis bien longtemps renoncé à ce concept. Et pourtant si j'étais présente ici, si je vivais à Pré-au-Lard, c'était bien parce qu'une partie de moi vivait au château. Alors, elle pouvait nier et rejeter tout ce qu'elle voulait, on n'échappait pas aux siens comme ça. Ça ne voulait rien dire pour elle ? Pour moi ça prenait un sens bien différent, un écho à mes erreurs passées, comme une leçon qu'on voulait me faire passer.

- J’étais venue ici pour savoir ce que tout ça…  Voulait dire. Savoir à quoi m’attendre, ce que vous comptiez en faire. Pas pour subir un nouvel interrogatoire forcé.

Mais comment pouvais-je savoir ce que je ferais de tout ça ? On m'avait prise au dépourvu, je me remettais encore de la nouvelle d'apprendre l'existence d'une branche de ma famille que j'ignorais. Celle de la responsabilité qui m'avait été confiée, elle, avait du mal à passer.

- C’était une erreur.

Je la vis se lever dans l'intention de partir et je retins mon agacement. La fuite ? Maintenant ? Hors de question. Dès lors qu'elle me tourna le dos, je pointai ma baguette vers la porte d'entrée et d'un informulé verrouillai la porte. Un simple alohomora ne suffirait pas. Experte en verrouillage et déverrouillage de système de sécurité en tout genre, croyez-moi, l'adolescente ne sortirait pas comme ça de chez moi.
Je croisai les bras, un air de défi, prête à affronter sa réaction lorsqu'elle se rendrait compte qu'elle ne pouvait pas sortir. Mais loin de moi l'idée de la voir se jeter à ma gorge immédiatement, je pris les devants :

- Tu ne sortiras pas comme ça de chez moi, tu sais...

J'attendis de la voir faire demi-tour ou alors de tenter de partir avant de lancer.

- Tu veux des réponses ? Alors, allons-y, mettons les choses au clair. Je t'écoute, que veux-tu savoir exactement ?


Qu'attends-tu de moi ? Cette chose que nous imposait le ministère, nous allions devoir le construire ensemble. Celui-ci nous laissant nous débrouiller avec cette information, à nous de nous mettre d'accord et de négocier.

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