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LYSANDER ∞ Each of us bears his own Hell.

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Consumed by the shadows
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Lysander Gainsborough
avec Ed Westwick. (tumblr)
Beau et jeune garçon qui nous vient tout droit de Poudlard pour entamer sa huitième année au collège. Il est né à Londres en ce beau jour qu'était le 14 juin 1979 en tant que né moldu ; à présent il vit à Londres. Il est plutôt protecteur, aventurier, audacieux mais aussi méfiant, impétueux, cynique. Jusqu'à maintenant, son niveau scolaire s'est révélé être moyen. Il y a quelques années maintenant, il s'est procuré une baguette faite en bois de tremble, mesurant vingt-cinq centimètres et contenant un crin de sombral. Avec cette baguette, il lui est impossible de créer un patronus. La vision qu'il a eu face au miroir du risèd : une demoiselle au visage encore inconnu l'enlaçant avec tendresse. Mais la vie n'est jamais entièrement rose, la preuve avec les épouvantards. La simple silhouette de sa génitrice parvient à le plonger dans l'angoisse, dans son cas.
We have more questions...


ϟ Que pensez-vous de l'échange européen inter-écoles ? Je prône la mixité, sans doute parce que j'ai vécu une partie de mon adolescence parmi les marginaux des rues et que cela m'a passablement rompu. Il est toujours intéressant de découvrir d'autres cultures... quand bien même l'on reste très attaché à la sienne.

ϟ Que faisiez vous lors de la Grande Bataille ?  Traqué pour mon statut de né-moldu sous le joug du nouveau gouvernement mangemoresque, j'ai néanmoins réussi à garder contact auprès de l'Armée de Dumbledore dont je faisais partie. J'ai ainsi combattu auprès de mes alliés en espérant une vie meilleure, ai vu es amis tomber, mon école en ruines. Mais je ne regrette rien.

ϟ Avez-vous peur de perdre vos pouvoirs ? Pourquoi ?  Quelque peu, il est vrai que la question me travaille. Etant aussi à l'aise au sein du monde moldu que sorcier, je crains néanmoins de perdre mes pouvoirs magiques car ils sont, quelque part, ce qui m'a permis de m'extirper du marasme qu'était ma vie. Sans eux, je crains de m'engoncer dans mes démons d'enfances, ils me rattachent à une réalité plus douce.

ϟ Quelle est votre réputation à Poudlard ? Que pensent les autres élèves de vous ?  Ancien gamin des rues aux conventions sociales éclatées, on m'a longtemps craint pour mon agressivité latente. Mon impétuosité m'a souvent joué des tours, et il ne fut pas rare que je saute au cou de quelques détracteurs pour les finir aux poings. De fait, on me toisa longuement de ces regards biaisés et interrogateurs, jusqu'à ce que je ne me fasse des amis loyaux et sincères. Bien entouré et fêtard, on ne me qualifie plus de marginal malgré cette appréhension quasi permanente de me voir sortir de mes gonds. D'aucuns me qualifient de mauvais garçon à la fréquentation douteuse, ce qui ne demeure pas erroné. Néanmoins je ne suis pas de ces parias stupides adeptes de la violence gratuite. On me sait gentleman et serviable, malgré ce défaut belliqueux me collant à la peau. Autre chose et non des moindres ; ma propension involontaire à ne jamais m'afficher clairement avec des demoiselles m'affublent parfois de commérages : certains me pensent homosexuel. A dire vrai, si je n'entretiens pas cette rumeur, elle ne me dérange pas non plus puisqu'il m'arrive parfois de me cacher derrière afin de surmonter certaines situations (au cas où la nature ne vous avait pas doté d'un sens de l'observation implacable : je fuis la gente féminine comme la peste doublée du choléra)
The best day of my life...


(MISE EN SITUATION : Aucun nombre de lignes imposé.)
Pour les élèves de Poudlard : Il n'était plus élève à Poudlard lorsque l'horreur les rattrapa. Déjà traqué pour son statut du sang, surveillé par les sbires ténébreux  à l'éthique dépouillée et au rire sombre, Lysander n'avait eu de cesse de se cacher avec l'aide de son oncle. Néanmoins cette situation étiolait sa fierté et polissait son courroux ; las de devoir attendre en croisant les bras, le jeune homme était parti rejoindre son ancienne école qu'il savait condamnée. Seul d'abord, bientôt rejoint par quelques compagnons de fortune. Ce fut au sein de la Tête de Sanglier qu'il retrouva ses camarades, fiers combattants de l'Armée de Dumbledore. Conscients du danger, tous luttaient néanmoins pour la liberté, soutenant avec loyauté Harry Potter dont ils attendaient un retour fracassant. Lysander, bien qu'il vit nombre de ses amis tomber lors de la Grande Bataille, y contribua avec véhémence. Il ne put hélas voir l'aboutissement de ce combat puisque touché par un sort puissant lui provoquant une hémorragie, il tomba inconscient lors des affrontements. Fort heureusement, le garçon survécut à ses blessures qui ne laissèrent aucune séquelle, et ce fut avec la rage de la liberté qu'il décida de fouler à nouveau le sol de Poudlard afin de commencer de nouvelles études.  
ϟ Ton pseudo : Black Jack. ϟ Ton âge : Majeure ϟ Ton avis sur mumblemumps : il est magnifique et complet   . ϟ Le mot de la fin :    
Mumblemumps ϟ Tous droits réservés.
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Invité
Consumed by the shadows
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Oh, oh, it's magic, you know...
Acte I. Endure the present, and watch for better things.
13 Juillet 1994



" Là, tout de suite, je voulais surtout aller m'acheter un camion pelleteuse, creuser un trou dans le sol et m'ensevelir en attendant que le temps passe."
~ Apocalypse bébé.

« Merci... » Elle minauda d'une voix coulante, ses longs doigts osseux s'attardant sur les médicaments détenus par la main juvénile et salvatrice. Paupières lourdes et trop fardées, de longs cils parsemés de mascara filandreux, une large bouche, charnue et pleine, soulignée d'un trait carmin. Beauté fade et fanée, la gueule typique d'une pauvre hère n'ayant pas été épargnée par les coups de burin assénés par le temps et l'alcool. Lysander se redressa comme il toisa sa mère avec ce mépris au coin de l'oeil et ce dégoût en bord de lippe. Comme un goût aigre contre le palais, vomissure infâme, monceaux de faiblesse enfoncés loin dans la chair et l'âme. L'adolescent frissonna dès lors que leurs peaux se frôlèrent ; il ravala sa crainte, elle exulta. Pauvre conne. Persuadée de lire dans le regard du fiston tout cette velléité incestueuse quand il n'aspirait qu'à fuir. « Je ne peux pas faire grand chose sans mes anti-dépresseurs. » La génitrice étira sa grande bouche dans un sourire abject, appelant à tous les vices, se dandinant d'avantage sur son fauteuil telle une truie en chaleur. Le gamin se contenta d'acquiescer, prêt à tourner les talons. S'extirper de cet enfer, éviter de dégueulasser le tapis au passage s'il venait à régurgiter son déjeuner. La succube alarmée le retint par le bras puis plongea ses yeux implorants dans ceux de sa progéniture, élevant de concert une voix grasse qui se voulait délicate. « Ne te couche pas trop tard. » Un frémissement de nouveau lui parcourut l'échine tandis que l'étau de sa gorge se resserra d'avantage. Et il déglutit mollement, le pauvre quidam, de répugnance et d'horreur. Assailli par sa propre faiblesse, celle de ne savoir repousser la figure maternelle,  il s'en serait frappé la tête contre le mur. Cogner encore, jusqu'à ce que la boite crânienne n'éclate enfin, que ce cerveau mort sous les affres des humiliations ne le délivre de ces cauchemars dantesques. L'agonie comme seule issue, vomir ses tripes à défaut de sa bile, puis se détacher de ces lambeaux de chair. S'extirper de ce corps qui n'était plus le sien, le mutiler à outrance. Pour ne plus qu'elle mouille, cette salope. « Non. » parvint-il à souffler entre deux battements de cœur hargneux ; l'organe mis à mal scandait son désarroi mais se figeait, instantanément, lorsque la harpie venait réclamer son dû. Putain d'instinct de survie : ça préfère souiller la carne et l'esprit plutôt que de laisser crever la carcasse.

***

Sa pupille se figea au loin avant de mourir écrasée quelque part sur le mur fissuré. Cette bicoque insalubre suintait l'humidité, le whisky et le parfum adipeux de l'autre rombière. Puis, dès lors que l'on passait le seuil de sa chambre, des effluves de stupre dégueulasse encensées aux particules poussiéreuses venaient se loger dans les narines. Pot pourri pestilentiel de tout ce que la vie peut cracher de malsain. Ci-gît les reclus de la société, ceux que l'on moque, que l'on oublie, ceux dont on déleste toute dignité pour délit de sale gueule et de portefeuille dégarni. Et comme par un obscur truchement, tout ce qu'il y avait de délétère dans cette baraque se répercutait sur ses habitants : une mère incestueuse sous psychotropes, un fils acoquiné avec la vermine du coin, puis la petite dernière, Lindsay, physique ingrat mais esprit relativement affûté. « Putain Lindsay, baisse le son ! » Lysander lança quelques coups rudes contre le mur de sa chambre, espérant vainement que le bruit sourd couvrirait la grande gueule du chanteur à nymphettes s'égosillant à la radio, avant de se laisser tomber sur son lit de fortune. Fourrageant ses cheveux de manière abrupte, réflexe auto-agressif lorsqu'il put s'agir de mater a minima l'avilissement qu'il sentait monter en lui, le garçon retint en sa gorge sèche quelques glapissements tacites mais puissants. Crise de nerf et d'identité oblige, lui qui se sentait désincarné face à la souillure du corps. Ne pas être réellement là lorsque l'autre matrone se glissera dans ses draps. « FUCK OFF ! » Et l'adolescent de se relever soudain, fatigué d'écouter sa bête noire rugir tout contre son flanc et lui griffer la cage thoracique, ses pas prompts l'amenant vers la chambre de sa jeune sœur qu'il ouvrit à la volée.

Ses prunelles accrochèrent derechef la gamine de treize ans se trémoussant sur le plancher vétuste, pose sensuelle, déhanché aussi lascif que les péripatéticiennes du coin, l'élégance crade en moins. « Coupe le son, c'est de la merde ton truc. » Lysander fronça les sourcils d'irritation, écrivant des traits assurés et autoritaires qu'il perdait d'emblée face à leur génitrice. « C'est pas d'la merde, c'est Nick Lowe ! » qu'elle dégoisa, trop fière, comme elle poussa un peu plus le volume. Alors dépité, son aîné mit fin à la scène inhumaine en tirant sur la prise électrique. Le silence soudain vint planer sur leurs têtes, seulement rompu par les feulements d'une télévision mal réglée venant du salon. « C'est bien ce que j'dis. » « C'est toujours mieux que tes Radiohead ou tes Pink Machin. » « Pink Floyd. T'es naze. » « Et toi t'es qu'un gros con. » « Viens on sort manger. » Lindsay se stoppa net, non pas qu'elle fut impressionnée par cette véhémence soudain tue (après tout le frère et la sœur avaient beau se lancer à corps perdus dans des joutes verbales quotidiennes, il subsistait entre eux une tendresse ineffable et puissante) mais elle considéra la mine blême de son frère. « Ca va pas ? » « J'ai la dalle. » « Et t'as pas de thunes. » « Mais si. Ramène ton cul, on s'casse. » Un dernier sifflement comme injonction, et Lysander tourna les talons afin de se diriger vers le salon à pas feutrés.

La marâtre endormie dans son fauteuil rapiécé attira l'oeil retors de l'adolescent, lequel remarqua la bougie anti-tabac (ironie, quand tu nous tiens. Car le sol jonché de mégots trahissait une addiction à la nicotine bien prononcée). Il tiqua un instant, tiraillé entre sa lucidité et cette hargne patentée vociférant contre sa boite crânienne, puis convaincu que cette dernière voix dut être celle à entendre, se dirigea vers la cuisine étroite. Et d'allumer d'une main semi hésitante la bonbonne de gaz, sous les jérémiades de Lindsay : « Je suis prêêêêête ! Bon ! On s'bouge ou tu te touches ? » « Raaah. Mais quelle conne, elle va tout faire foirer. » siffla le concerné avant de rejoindre sa cadette vers l'entrée, s'assurant d'un seul coup d'oeil que la génitrice dormait encore et ne fut pas réveillée par leurs braillements. Shootée à sa drogue médicamenteuse, elle bougonnait quelques palabres incompréhensibles entre deux inspirations profondes. « Ca sent bizarre non ? » La jeune fille huma l'air goulûment, rejetant en arrière sa tête ronde, quand son frère plissa le front d'agacement. « Quand j'te dis que tu dois te laver tous les jours. »  « Pfff. T'es con. » Il ne releva pas, attrapa le blouson de cuir suspendu à un patère suranné et invita sa sœur à quitter la bicoque, refermant derrière eux une porte qui scellerait ses regrets.

***

« Tu te jettes pas sur la bouffe, pour quelqu'un qui crevait la dalle. » La voix de Lindsay s'éleva parmi celles des badauds. L'air un peu débonnaire, un peu inquiet, elle planta sa fourchette dans sa plâtrée de frites. Avide de malbouffe, comme pour panser les plaies de son mal être. Lysander néanmoins ne l'écoutait que d'une oreille, car plongé dans les affres de l'angoisse il ne sut déloger sa pupille de la vitre opaque de la brasserie populaire, ses yeux hagards se perdant sur les silhouettes des passants fuyant la pluie londonienne à pas de course. Ne laissant aucun répit à ses poumons quémandeurs de nicotine, le garçon tirait sur sa clope comme s'il voulut tirer la Faucheuse vers lui. Inquiet non pas de la possible mort de la daronne, mais de ce qui adviendrait pour la suite. Taule ou pas taule ? Maison de redressement ou famille d'accueil ? Putain qu'il se sentait con, soudain. C'est qu'il n'avait pas même songé à la suite. « Ouais ben, j'ai changé d'avis. » se sentit-il obligé de répondre comme il devinait le regard appuyé de Lindsay lui brûler la clavicule. « T'as la jambe qui te démange ? » glissa la gamine d'un air suspect, avisant le pied de son aîné tapoter nerveusement le sol. Ce dernier souffla son dépit dans une volute de fumée. « Ouais. Bon tu bouffes ou tu veux que je t'écrase la gueule dans l'assiette ? » La concernée haussa les épaules, lueur pensive dans le regard. Scrupuleusement affalée au-dessus de son plat, mèche de cheveux frôlant le steak spongieux, elle vint pelleter le contenu de son assiette en trois mouvements. Puis sur un ton de connivence, se leva soudain. « J'vais aux chiottes. » Pour faire comme les dames. Semblant d'élégance qu'elle n'avait pas, quand ronde et engoncée dans un sweat trois fois trop grand, elle laissa Lysander seul avec son anxiété.

Cet instant esseulé, Emma le remarqua. Jolie blonde, fraîche et pimpante, dans la tranche d'âge de Lysander : seize ans à peine. Serveuse de cette masure pour brasser un peu d'argent et se casser à Hollywood. Le rêve d'une gosse qui finira probablement prostituée, à l'instar de ces aspirantes actrices. « Hey, Lys'. » Sa voix lascive marqua tout l'intérêt qu'elle avait pour son ami d'enfance, lequel leva ses yeux d'ambre vers la nouvelle arrivante. Cette dernière se pencha au-dessus de la table, offrant à sa vue un décolleté plongeant qu'elle exhibait fièrement. « Emma, tu me sauves. J'ai pas une thune pour payer la bouffe de ma frangine, tu peux m'avancer ? » La jeune fille plissa le nez dans une fausse réflexion, puis arborant son plus beau sourire vint convenir d'un deal : « Offert par la maison. Mais ça te coûtera un rencard. » « J'vais voir Mike demain, si tu veux on... » « Non je voulais dire... juste toi et moi. » Le silence devança la stupeur ; pris d'une légère panique qu'il dissimula derrière une mine blême, le jeune homme entrouvrit les lèvres sans pour autant laisser s'échapper un seul son viable. Ce dégoût de ce corps maternel contre le sien lui collant à la peau, perspectives d'une autre nuit qui aurait du s'avérer incestueuse, le somma de repousser le sexe féminin dans un ultime réflexe de défense. Lui qui pourtant ne s'avérait guère timide sinon au moins audacieux avec les demoiselles, se braquait systématiquement lorsque la proximité des corps entrait  en jeu. Et Emma, aussi belle put-elle être, se drapait d'un peu trop de lascivité malgré le désir qu'elle suscitait chez le jeune homme. Une envie sitôt muée en une répulsion involontaire. Avait-il le choix, cependant. « Ouais je... Un rendez-vous. Parfait. » « Super. Et mes parents ne sont pas là du week-end. » A la main tendue qui caressa délicatement sa joue râpeuse, Lysander sursauta soudain et balaya d'un geste abrupte ces longs doigts fins et quémandeurs. Le regard stupéfait de sa jeune amie l'acheva de devoir s'expliquer, quand bien même il tissait ses excuses dans un mensonge. « Je ne suis pas... ce genre de mec. » La belle se redressa, sourire intéressé en coin de lippe. Le trouvant d'avantage charmant à le voir jouer les pseudos galants se refusant de forcer l'intimité d'une demoiselle lors d'un premier rencard. Du moins expliqua-t-elle son refus de la sorte. « Mais moi je suis ce genre de fille. Demain vingt heures, chez moi. » Il ne pipa mot, se contenta d'accrocher sa pupille glacée à la silhouette qui déjà s'éloignait. Vint se maudire de ne pas annihiler la peur nichée dans ses entrailles, celle tissée d'un peu de chair et d'orgasmes.

« Hé, merde alors ! » La voix graisseuse de Lindsay éclata sa bulle léthargique, étayant avec elle toute l'appréhension de Lysander. Car il vrilla de concert son regard vers la fenêtre derrière laquelle passait tonitruant un cortège de voitures agitées, meuglant leurs sirènes sous l'air hagard des badauds. « Ils se dirigent vers chez nous. » Timbre aussi inquiet que ses yeux humides, la gamine se tourna vers son frère au geste nerveux ; blouson endossé, cigarette au bord des lèvres, il se leva d'un bond avant de se diriger vers la porte. « On s'tire. » « Mais j'ai pas fini... » « Lindsay. » Un regard dur se miroitant dans le sien et la fausse ingénue cessa enfin de feindre son ignorance. La nervosité de son frère, cette odeur de gaz embaumant le salon, et cette brasserie un peu crade mais bien située. Elle opina enfin du chef, prête à le suivre n'importe où. Pourvu que ce soit loin de leurs tourments.


***

Acte II. Fate will find a way.
11 août 1995



"Je faisais partie des gens mal adaptés que les situations de chaos remettaient paradoxalement en phase."
~ Teen Spirit.

« Je me sentais cradingue putain, cradingue et acculé... » Lysander cracha son dégoût avec la fébrilité qu'il ne sut retenir. Derniers frissons lui mordant l'échine, un regard qui divague et s'attarde sur une main tremblante. Ultimes réminiscences de souvenirs dégueulasses qu'il désirait enterrer en se confiant au vieux sorcier assis là à ses côtés, conduisant un bolide aussi fastueux que son costume. La quarantaine peut-être, le cheveu grisonnant, un air froid se lézardant à peine de sourires malgré toute l'affection qu'il éprouvait pour le môme. Son môme, à présent. Celui qu'il avait recueilli avec sa sœur depuis le décès de Maria. Parce que les liens familiaux ne lui avaient guère laissé le choix, en dépit de son mépris pour son cadet pourrissant en taule, Wolfgang Gainsborough coula un regard en biais vers Lysander. Rictus en coin de lippe, comme une fierté de voir ce bonhomme aux cheveux hirsutes mais à la dégaine assurée reprendre du poil de la bête malgré son âme défoncée. Plus encore, l'oncle et le neveu étaient parvenus à tisser un dialogue et un lien puissants : si Lysander avait mis du temps à s'ouvrir, il avait fini par vomir ses états d'âme comme on parle du temps qu'il fait dehors. La pluie battante pressant contre la vitre de ses appréhensions, sans jamais parvenir à laver ces putains de carreaux opaques. « Cradingue. » qu'il répéta écoeuré, prêt à dégueuler ses tripes. « C'est terminé à présent, vous êtes en sécurité. » Et ce timbre violemment tendre, son inusité à l'oreille du gamin, de le secouer un peu. Ce dernier se détendit alors, un peu trop peut-être. Car il s'enfonça sur son siège, pieds posés sur le tableau de bord comme il retira de son blouson de cuir un spliff préalablement roulé. 

Craquement d'allumette éveillant la concentration de Wolfgang au volant. L'oncle coula un nouveau regard vers Lysander avant de s'égosiller : « Non mais CA VA PAS ? » « Relax, j'allais t'en proposer. » dégoisa le jeune homme, l'air débonnaire, main tendue vers son nouveau tuteur. L'interlocuteur à la fois dépité et courroucé attrapa alors brutalement le joint et le jeta par la fenêtre sous les yeux hagards de l'apprenti toxicomane : « Merde, Wolfy, merde ! Ca m'a coûté une blinde putain ! » Un sifflement s'épanchant sur ses lèvres agitées alors que Lysander se redressa d'une traite, regard pointé sur la route derrière eux. Comme si sa stupeur pouvait faire revenir le précieux butin écrasé quelque part sur le bitume et que son insolence brute couvrait les dégâts. L'oncle inflexible lui asséna un regard glacé, de ceux qui matent avant même que la fronde ne s'expose. Message reçu. Gêné et penaud, le jeune homme détourna les yeux dans un signe de rémission ; là où il vivait à présent, il n'y avait plus de place pour les rebuffades et le langage cru. Et que ça dit « merci », « s'il-te-plaît », « pardon », quand lui n'avait de politesse qu'un bref signe de tête en salutation. Dichotomie de deux mondes entrant souvent en collision, provoquant moins de ras-de-marées que quelques tremblements de terre : Lysander vacillait un peu, certes, mais se ressaisissait vite. « Désolé. » « Tu peux l'être. On en a déjà parlé pourtant. Tu veux vraiment te faire renvoyer de Poudlard ? Tu souhaites vraiment finir comme ton père ? » Rire moqueur au bord des lèvres. Le jeune homme toisa la route défiler sans vraiment s'attarder sur les détails. Dans cette partie friquée de Londres, les prestigieux bâtiments côtoyaient le beau monde, les touristes dépensiers et les prostituées de luxe. C'était mirifique et désolant à la fois. « Pas franchement. Il doit être en train de se faire enculer quelque part dans sa cellule de prison à l'heure qu'il est. » « Un peu de respect tu veux. T'as une drôle de façon de voir les choses. Tellement cru... » « La faute à qui. » qu'il souffla, résigné et las, sa pupille ne se délogeant pas des trottoirs impeccables défilant à toute allure. Wolfgang ne releva pas malgré la peine insufflée en son myocarde. Ce gamin le frappait par sa force et sa faiblesse, imbroglio de tourments exaltés comme position souveraine. 

Et l'infini demeure, encrassé dans un silence sépulcral. Le gamin repense à sa mère, vite fait. Son cadavre surtout. Les autorités ont affirmé que l'autre salope décéda des suites d'intoxication de fumée. Pas même un corps mutilé suite à l'explosion. Ca l'a un peu vexé, le môme, qu'il n'ait pas réussi à souiller le macchabée jusque dans sa dernière œuvre. Puis un sourire ourle sa lippe sèche qui craquelle sous les fissures de l'ironie lorsqu'il se remémore les derniers mots de ce putain de flic : simple accident domestique, cela arrive souvent et il en est désolé. Enfin c'est ce qu'il dégoise, mais en vérité il s'en carre. Tout le monde s'en cogne de ces prolétaires relégués dans les taudis ; ça fait toujours une bouche à nourrir en moins pour l'Etat. Tous des assistés.

« Nous sommes arrivés. » Les deux hommes sortirent du véhicule puis d'un coup d'un seul s'affaissèrent dignement sous le soleil de plomb. Lysander feignit une indifférence superbe, que rien ne l'atteigne ni ne le froisse en extérieur. Pas même un celsius de trop, celui qui vous colle à la peau et mouille votre chemise. Son regard neuf se posa sur les environs avec scepticisme, s'attardant sur un badaud ventripotent se hâtant vers un fast-food moldu. Il soupira alors, truc d'adolescent pas bien fichu de partager l'enthousiasme passager des adultes. Wolfgang ferma sa précieuse voiture à clé, se toisa un instant dans le rétroviseur – il était vrai que le vieux sorcier irradiait d'un charme brut, typiquement anglais, chapeau panama couvrant sa tignasse grise – et vrilla ses yeux de jade sur le môme. « Tu n'avais vraiment pas de veste sympa à te mettre ? » « Mon blouson de cuir est sympa. » rétorqua-t-il d'un ton faussement débonnaire, purement provocateur. « Et tu crèves pas de chaud ? » « Nan. » Mensonge éhonté. « Bon alors... On espère que tu ne souffriras pas de déshydratation dans le bureau du psychomage. » « Ouais. » Onomatopée typique des adolescents ; un mot pour un haussement d'épaules. Wolfgang ne s'en offusqua guère et toisa au contraire son neveu d'une oeillade protectrice, quand l'invitant d'une main à entrer au sein de Sainte-Mangouste il se demanda si le môme parviendrait un jour à se dépêtrer de son marasme ambiant. 

***

Délesté de son oncle, le jeune homme entreprit de rejoindre l'habituel bureau dans lequel il avait pour habitude de traiter avec son psychomage attitré depuis presque un an. Profitant des quelques vacances afin de s'extirper malgré lui de Poudlard et de rejoindre ces murs suintant les potions médicamenteuses, Lysander accueillait ces moments d'accalmie avec autant de défiance que de soulagement. Ce que le Docteur Hawkwood expliquait par une rupture du lien, un repli critique et salutaire, une mesure de protection passive-agressive... Bref, une harangue intarissable que le jeune homme feignait d'écouter d'une oreille, arborant une moue nonchalante lorsque l'oreille accrochait avec avidité les dires du psychomage. Ainsi ouvrit-il la porte presque à la volée, tenu par une assurance fantoche et un bagout patenté, lorsque surpris par la vision qui s'offrit à lui, Lysander se figea alors. « Vous êtes une femme. » clama-t-il, aussi acrimonieux que dérouté, comme il sentit sa nuque se raidir et son corps se glacer. « De toute évidence. » La nouvelle venue ourla sa lippe d'un sourire se voulant rassurant. Les cheveux bruns coiffés en un chignon rudimentaire, le tailleur propre d'un vert pomme trop lisse, une beauté froide mais un regard humain. « J'parle pas avec vous. Je veux voir le Docteur Hawkwood. » Elle acquiesça, trop affable et chaleureuse, avant de s'expliquer : « Le Docteur Hawkwood a quelques soucis de santé, et il a jugé bon de ne pas annuler ta séance. Assieds-toi je te prie. » L'inflexion cristalline de sa voix ne mata pas la vigilance du garçon, lequel toisa le fauteuil par la force de sa pupille circonspecte. « Je suis le Docteur Sanders. J'exerce également ma profession du côté moldu et je m'occupe de ta sœur, Lindsay. » Ces quelques mots, savamment choisis par la spécialiste, achevèrent de le convaincre. Gagnant alors sa place non sans jeter quelques oeillades sauvages à son interlocutrice, Lysander s'exécuta. « Jolie veste. » Des lèvres mutiques pour toute réponse. Il la dévisagea avec une application corrosive. La pauvre hère se racla la gorge non sans ouvrir un épais dossier au préalable. « Alors dis-moi Lysander, pourquoi le fait que je sois une femme puisse te dissuader de me faire confiance ? » L'adolescent marqua la légitime question d'un haussement de sourcils, l'air débonnaire et belliqueux. « Pourquoi un gamin qui se fait mordre par un molosse ferait confiance à un clébard le reste de sa vie ? » « Hmm... » Sourire de connivence et notations sur le papier, la psychomage continua l'introspection. « Ainsi tu compares les femmes à des chiens ? C'est une façon tout à fait normale que de les déshumaniser pour mieux te proté... » « J'ai pas dit ça. » « Ah non ? » Heureuse de sa stratégie consistant à arracher quelques aveux au jeune homme, la psychomage simula la surprise. « Lindsay est tout sauf un clebs. » « Tu sembles nouer des liens très forts avec ta jeune sœur. » « Ouais. » « Et les autres ? » « Les autres ? » « Les autres jeunes filles. J'imagine qu'à Poudlard tu dois faire des rava... » « Non je les... » Il marqua une pause. Déglutit d'une salive pâteuse et rare. La honte en étendard. « ...approche pas. » « Comment fais-tu au quotidien alors ? Comment se passent les cours lorsque tu dois travailler avec une camarade de classe ? » Quelques notes sur le papier, un regard avenant et une voix amène. L'interlocutrice matait la bête sans que cette dernière ne s'en aperçoive, figée dans sa douleur et sa hantise. « Je les approche pas quand elles me plaisent. Ou quand elles veulent plus. » rectifia le ténébreux non sans un regard confus. « Plus ? » « Quand elles me touchent, ou qu'elles veulent m'embrasser, jouer à 'qui désapera l'autre en premier' ou... merde, ce genre de choses quoi. » « Et tu n'éprouves pas de désir envers certaines ? » « C'est quoi ces questions, vous êtes quoi ? Une putain de sexologue ? Ca vous fait mouiller de savoir que j'ai pu bander en voyant Charly, c'est ça votre question ? » Car elle lui avait plu, Charly. Cette belle Gryffondor fougueuse et audacieuse, mais trop entreprenante pour les démons de Lysander. « Ca n'a rien à voir, Lysander. Il est normal à ton âge de te forger une identité... [elle évita soigneusement l'épithète 'sexuel', lequel put perturber à raison le garçon] ...intime. Mon travail est de m'assurer que le processus de guérison s'enclenche et... » « Allez vous faire voir. Vous, votre voix de chatte mal baisée, et votre guérison merdique. J'me casse. » « Tu ne pourras pas fuir le fantôme de ton bourreau toute ta vie, Lysander. » Ultime interpellation désespérée de la psychomage tandis qu'elle le toisait, impuissante et dépassée, lui tourner le dos afin de sortir des locaux. Le quidam ne releva pas, claqua la porte derrière lui, et s'engonça dans ses souvenirs poisseux alors qu'il marchait d'un pas prompt à travers les couloirs.

***


Flashback

Un mois de juin comme on n'en faisait plus sur les landes anglaises. Le soleil brisait ses rayons lourds d'une chaleur suffocante contre l'asphalte en ébullition, bitume coulé dans le feu estival. La masure insalubre du gamin s'emplissait de ces résidus étouffants qui s'entremêlaient à ces odeurs de stupre dégueulasse et d'alcool ayant tourné. Pour le commun des mortels n'ayant guère l'habitude, ces effluves assommantes pénétraient le cerveau et le rongeaient de l'intérieur, vicieuses et fourbes, tapant contre la boite crânienne à leur en donner le tournis. Mais pour Lysander, ce parfum sirupeux lui collant à la peau assaillait son odorat sans que ce dernier ne s'en accommode. Trop habitué à la pourriture humaine, aux reclus de la société et à sa condition disgraciée. Lui, s'en foutait. Tant qu'il avait ses vinyles dans ses mains et un monde musical à sa portée. Le torse dénudé, ayant pour seuls oripeaux la sueur de la poussière et de la fatigue, il n'avait revêtu qu'un jean et se sentait pourtant drapé de toute la quintessence de l'humanité. Car ses yeux bruns posés là sur ses pochettes de disque, les Rolling Stones gémissant sur une certaine Angie, l'emportaient déjà dans un tourbillon d'aventures et de satisfaction. Simplement lui, les pochettes cornées, et le tourne-disque feulant sa musique dans un grésillement sourd.

Sa léthargie éclata comme une bulle dès lors que la marâtre entra avec vigueur, la porte claquant impatiente contre le mur. Une grimace fendit le visage du garçon lorsqu'il entrevit sur la lippe de sa génitrice ce foutu rictus désireux, un peu de pus en bord de bouche, une vomissure nommée inceste.  « J't'ai déjà dit de frapper avant d'entrer. » Le môme n'éleva pas la voix, laquelle s'étranglait involontairement sous la vision de la rombière ivre et vacillante. Il la toisa se mouvoir, sentit son visage blêmir et son cœur se pendre tandis que l'autre avançait d'une démarche chaloupée. Il se sentait mourir toutes les semaines au mieux, quotidiennement au pire, lorsque accrochant la pupille maternelle il y décelait du désir et de l'excitation. « T'es complètement saoule. Va te reposer. » Il jappa d'une voix lasse, un ersatz d'assurance grattant son timbre grave quand en vérité il ne cherchait qu'un moyen de la dégager. Prier pour qu'elle s'effondre suite à un coma éthylique, cette salope, et qu'elle ne s'en relève jamais. « Je suis rentrée plus tôt. Lindsay n'est pas là. » Elle babillait comme une jeune première, la voix trop aiguë pour être crédible, complètement perchée, pas franchement en accord avec le monde. Trop d'envies dans ses inflexions, mélange de porno dégueulasse et de tendresse maternelle. Le gamin déglutit difficilement, sentit qu'il se décomposait. Il trouva le courage de s'opposer à ses dires par un mensonge éhonté. « Elle va pas tarder. » Mais le bourreau aviné n'écouta guère, se rapprocha du fils et y posa ses lèvres. Une bouche charnue, ronde de déliquescence et d'avilissement, une bouche à lui en faire vomir le cœur et les tripes. Une bouche   descendant sur la peau humide du garçon figé contre la commode.

Il savait bien comment les mères normales toisaient leurs garçons. Avec fierté et déférence, toujours ces mêmes foutaises perlant au coin de leurs lèvres. Elles s'enorgueillissaient sur leur virilité, fanfaronnaient dès lors que leurs mômes jouaient des coudes et désobéissaient ; ça les confortait dans leur rôle de femme ayant pondu des mecs bien virils. Et de redresser le torse quand ça suintait la testostérone, d'aimer leurs fils à travers les âges car eux seuls ne leur en voulaient jamais de perdre la jeunesse et la beauté. La mère de Lysander quant à elle, faisait tout de travers. Elle retrouvait sa fraîcheur de jeune fille dans les bras du gamin, de quinze ans à peine. Etat de conscience d'un viol qui perdure et qui n'inquiète personne : ni les voisins ni les autorités. Qu'on les laisse dans leur crasse, et qu'on fermes les yeux. Par honte et par crainte, Lysander n'avait jamais évoqué son cauchemar à quiconque. « Allons. Sois gentil avec maman, tu ne veux pas lui faire plaisir ? » Elle minauda avec cette classe qu'elle n'avait pas, battant mollement des cils comme seule offuscation à la paralysie du fils trop pâle. Ce sentiment poisseux tout contre son buste, imbroglio de répugnance et d'affadissement, faisait  rejaillir en lui une nausée immobilisant son corps entier. Et son âme de s'éteindre à l'instar de son cœur et de son cerveau, ne plus penser pour ne pas souffrir.

Soudain le réflexe d'auto-défense se crispa, sorte d'alerte rouge cognant tout contre sa lucidité. La main d'une mère affairée à déboutonner son jean eut tôt fait de le sortir de sa léthargie ; Lysander se vit la pousser avec force et virulence, une hargne farouche éclatant tout contre sa cornée. Cette veine battante sur son front exprimait tout ce que son regard put fustiger à l'encontre de la marâtre tombée lourdement à terre. Et l'autre salope de remonter la bretelle de sa robe d'un œil semi hagard, semi excité, puis d'éclater d'un rire sonore. « Approche encore et je t'éclate la tête contre le mur, salope ! » « Lindsay ! T'as Lindsay à t'occuper. » Elle empiétait sur ses mots, l'écoutant à peine et le prenant à la gorge jusque dans sa verve hargneuse. Ce rire toujours perlé à sa foutue bouche, brisait les derniers débris de la lucidité du garçon. Elle se releva alors d'un geste vacillant, jambes cotonneuses, ôta son vêtement dans une grâce inexistante et s'acharna à toiser le garçon qui regarda ailleurs. « Je t'aime Lys. » Toujours le même rituel, cette même culpabilité qu'elle lançait comme des javelots sur le sacro-saint fils. Celui qu'elle trouvait si beau et si parfait, celui qu'elle abattait par sa chair, celui qu'elle voyait trembler en silence. Et secouer son âme jusqu'à en recueillir les dernières larmes et la dernière parcelle de dignité, lui arracher sa conscience pour le muer en poupée creuse. Sa voix, tendre et profonde, s'humidifiait d'une véracité crue et dégueulasse. Je t'aime. Mais merde, pas comme ça. Pas contre un mur crasseux ni dans le creux de ses draps, pas comme un crime incestueux, pas avec cette concupiscence en coin de bouche. Mais merde... « ...Pas comme ça. » Le pauvre quidam suffoquait encore, perdu et hargneux, des larmes de fureur essuyées d'un revers de main alors qu'il reprit le peu de prestance qu'il avait. Ses yeux sombres échouant soudain sur la lampe de chevet, assez lourde pour perforer un crâne. Mais la pupille de la marâtre contempla derechef l'objet du crime espéré, aussi s'enlisa-t-elle dans son rôle de geôlière à grand renfort de palabres le rendant captif. « Si tu lèves la main sur ta vieille mère, qui s'occupera de Lindsay ? Les services sociaux ? La voisine tarée d'à côté ? Les flics ? … Ton père ? » Sourire sordide en coin de bouche, elle pressa tout contre sa fissure psychologique un mouchoir imbibé d'acide sulfurique. Et elle se rapprocha de sa démarche féline et nauséabonde, une tendresse victorieuse suintant dans sa pupille chaude. « On en a déjà parlé. Allez mon chéri. Viens t'allonger. » Intonation de connivence désuète, un amour frelaté sous la langue. Le gamin ploie, s'écrase, n'acquiesce pas et a bien failli dégueuler son repas du midi et sa bile avec. Il obtempère et se sent con, dans le rôle de la victime.

Il se sent comme la peste noire, le choléra, la grippe A et la variole. Elément transuranien, complètement radioactif, putréfié jusqu'à la lie. Contaminant universel, contaminé particulier.

***

« Lindsay ? Qu'est-ce que tu fous là ? » A peine avait-il foutu les pieds au-dehors qu'une intense chaleur s'écrasa sur ses épaules. La lourdeur de plomb estivale entacha moins sa surprise que la vision de sa jeune sœur, faisant le pied de grue au coin de l'immeuble de Sainte-Mangouste. Cette dernière haussa par ailleurs les épaules d'un ton faussement débonnaire. « Bah, j'passais par hasard. » Mieux valait un mensonge plutôt qu'une vérité tendre passant la barrière de leurs lèvres pudiques. Lysander gomma difficilement un sourire complice. « Bouge ton cul, j'te paie une glace. » Nouveau haussement d'épaules, une indifférence fantoche lissant le visage radieux de Lindsay. La fillette se hâta de rattraper son frère dans son élan, puis, dans une volonté maladroite de lui assurer comme elle était heureuse de le savoir présent, bougonna quelques palabres faussement blasées. « J'aime bien ton blouson. » « Ouais j'sais. J'me suis fait beau pour toi. » Rires fraternels frappant leurs lippes, tandis que se révélait enfin l'énigme d'une veste de cuir exhibée sous la canicule d'un mois d'août.

***

Acte III. Goodbye Lenin.
1er septembre 1999



"Il finit toujours par bien se faire à l'idée qu'il y a une partie de la population sacrifiée ; et dommage pour lui, il est tombé pile dedans."
~ Baise-moi.

Sitôt arrivés sur le quai 9 ¾ , la pupille de Lysander accrocha les alentours avec la force tranquille de la fausse indifférence. Car en lui s'insinuaient les soubresauts nauséeux des affres de la Grande Bataille. Ce qu'il avait perdu, ce qu'ils avaient subi, et cette envie de revenir à Poudlard entamer sa première année de GISIS malgré les blessures de la population magique encore purulentes. « Ca va aller ? » Wolfgang avait parlé d'un ton bienveillant malgré ce timbre inquiet vrillant dans son gosier. Le regard nostalgique vissé sur le train fumant, il feignait ne pas voir les regards appuyés de quelques sangs purs à la tolérance bradée. Ainsi Lysander comprit la véritable portée de sa question, et à l'instar de son oncle choisit de s'exprimer à demi-mots. « Tu sais, y a toujours eu des têtes de con à Poudlard qui se sentent supérieurs aux autres parce qu'ils ont plus de chances d'avoir des mômes présentant des symptômes de maladie congénitale. » Le quarantenaire retint difficilement un rire rompu, encore trop touché par les affres de la Grande Bataille.  « Essaie de te tenir à carreaux pour cette année. Evite d'accumuler les heures de colle. Contrôle ta colère. Révise régulièrement... » Un soupir las s'échappa des lèvres du jeune homme en dépit de sa satisfaction dissimulée ; celle de savoir que l'on put veiller sur lui. « Ramène une petite amie, pourquoi pas... » « Nan je... » Enfin l'adolescent daigna réagir, quand laissant s'échapper des mots avant même qu'il ne puisse les retenir en otage, se sentit piquer un fard. « Je... » Il déglutit difficilement, sentit le myocarde malade s'emballer, commença à balbutier quelques palabres à peine audibles. « Elles... enfin... Oh puis merde à la fin, arrête de te foutre de moi ! » Le brun ténébreux se rembrunit mais afficha néanmoins une moue bien plus amusée que courroucée. Et pour toutes salutations, tenta de jouer les flegmatiques par un bref : « Le train part dans cinq minutes, j'me casse. Et je t'écrirai, t'inquiète. » scandé alors qu'il s'éloignait à grands pas, avant de se retourner de façon hésitante. Ses pupilles tannées à l'or chaud vrillèrent sur son oncle au sourire paternel, insufflant en Lysander une joie et une sérénité bienfaitrices. Alors et pour rompre sa pseudo figure austère d'adolescent traversant sa crise, le jeune homme se dirigea à nouveau vers  son oncle, le prit dans ses bras et dans un murmure embaumé d'une reconnaissance intarissable lui souffla le plus doux des au revoir : « Merci. »

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Bienvenue !

ton gif !
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Cassandre O. Blackwood
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ED WESTWICK (ai-je besoin de dire que j'approuve le choix d'avatar ? )
Bienvenue beau brun Je suis juste amoureuse du prénom, et l'histoire est très chouette, ton personnage a l'air très intéressant N'hésites pas à contacter le staff si tu as besoin Bon courage pour écrire ta fiche

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Zirwya Izlechen
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Maison/Métier : Officiellement, infirmière à l'école. Officieusement, médicomage envoyée à Poudlard pour travailler sur l'épidémie
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Pseudo : Blake Âge : 17 Parchemins : 1294 Gallions : 546 Date d'inscription : 19/10/2016

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Bienvenue sur Mum Il se fait tard mais ta fiche a tellement l'air génial que je repasserai lire tout ça dès demain Bon courage pour la terminer

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I found a place full of charms, a magic world in my baby's arms. Her soft embrace like satin and lace wondrous place — .
The last shadow puppet

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Merci beaucoup pour votre accueil chaleureux, vous êtes chou
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James Martell
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Maison/Métier : Professeur de Zoomagie, directeur des Serdaigle et s'occupe aussi des retenues
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Bienvenue sur MUM

Bonne chance pour ta fiche et comme l'a dit Cassie, si tu as besoin d'hésite pas à mpotter le staff

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Bienvenuuuuue!

Bon courage pour ce qui te reste à faire! À bientôt sur le forum
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Merci bien
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Bienvenue parmi nous

J'approuve tout à fait Ed Westwick, qu'on ne voit plus assez !  

Bonne chance pour ta fiche !
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ED & ce prénom

Bienvenue sur MUM & bon courage pour ta fiche (déjà bien avancée ! )
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Merci beaucoup
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Bienvenue parmi nous ♥
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Merci
(j'en profite pour dire que je termine ma fiche d'ici la semaine prochaine )
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Philomène Nott
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Maison/Métier : Ravenclaw en GISIS Politique Magique avec Finances Magiques, Sortilèges et Métamorphose
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Ed Il est tellement peu vu sur les forums, j'approuve totalement le choix Bienvenue ici

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C'est vrai qu'on le voit très peu malheureusement. Et merci
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Ce personnage m'a l'air fort prometteur, dis donc  Bienvenue sur Mumble', j'espère que tu y trouveras ton bonheur
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James Martell
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Personnel de Poudlard
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Maison/Métier : Professeur de Zoomagie, directeur des Serdaigle et s'occupe aussi des retenues
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Pseudo : Emi. Âge : 26 Parchemins : 2261 Gallions : 1084 Date d'inscription : 21/09/2016

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Quelle dure histoire pour Lysandre, il n'a pas eu une enfance heureuse loin de la... Hâte de voir comment il va évoluer sur le forum

Mais avant de te pré-valider, il y à une petite chose, comme indiqué dans le règlement, ainsi que dans le guide du sorcier égaré, ce sont les membres du staff qui s'occupe de la répartition des élèves dans leur maison, seulement tu indique que Lysander se trouve à Gryffondor, ce dont tu ne peux pas savoir encore ^^

Je te laisse donc modifier ta fiche avant de venir te pré-valider

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Ah oui au temps pour moi. Je l'avais bien lu en plus, désolée
c'est corrigé

(et merci Anastasya )
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James Martell
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Personnel de Poudlard
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Maison/Métier : Professeur de Zoomagie, directeur des Serdaigle et s'occupe aussi des retenues
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Super, merci beaucoup

Tu as une superbe plume ♥ cependant fait un peu attention au langage soutenu, dans le sens ou c'est jolie évidemment mais cela peut aussi vite décourager tes partenaires de rp

Je ne te fais pas languir plus longtemps et te laisse découvrir ta maison, le choix fut tout de même bien difficile ^^, Je te pré-valide et un admin viendra te donner ta jolie couleur

Bienvenue à ...
Serpentard
Félicitations tu as réussi à faire ta fiche de répartition. Le Choixpeau n’a pas hésité plus d’une minute avec toi et a pris sa décision. Maintenant que tu as été réparti dans ta maison, tu vas pouvoir procéder à toute la partie inscription administrative de Poudlard

N’oublies pas qu’ici tu peux t’amuser rapidement alors n’hésites pas à nous rejoindre soit dans le Flood soit sur la ChatBox tout le monde est le bienvenue. Tu peux maintenant commencer à créer de nouveaux liens avec les autres élèves, tu trouveras tout ça dans  le journal du sorcier. Ce n'est pas tout, il va falloir que tu viennes recenser ton personnage dans le dortoir, les clubs, l'équipe de quidditch, tu trouveras tout ce qu'il faut dans les parchemins indisensables   Ensuite si tu as la moindre question n’hésites pas à envoyer un hibou à l’un des membres du Staff. Allez nous t’attendons vite à Poudlard et nous tenons à te remercier d’être venu sur MUM. Si tu as envie de RP mais que tu n'as pas de partenaire, viens t'inscrire au speed dating version sorcier, mais tu peux aussi consulter le répertoire des sujets libres et communs  . . Enfin, pour consulter la liste des cours, c'est par ici .

Si tu veux agrandir ton cercle d'ami et que tu as une idée en particulier, n'hésites pas à créer ton propre scénario, une fois que tu auras deux semaines d'activité sur le forum et un RP en cours, que tu peux faire ici et enfin pour surtout gagner le coeur de nouveaux sorciers nous t'invitons à voter pour MUM dans la session que tu trouveras dans la taverne.

Enfin, n'oublie pas le plus important, amuses-toi bien sur MUM !

Cordialement,
Le Choixpeau Magique
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LYSANDER ∞ Each of us bears his own Hell.
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